Georges : une histoire de famille

Georges : une histoire de famille

Le 7 octobre dernier, c’est dans une salle comble que j’ai assisté à Georges, la toute nouvelle pièce de Nathalie Doummar. Après Mama et Frères, Doummar poursuit son exploration de la famille dans cette pièce où l’on retrouve un père et ses deux enfants qui grandissent, chacun à leur façon, aux côtés des autres.

Un noyau familial

La pièce commence dans l’enfance et se rend jusqu’à l’âge adulte. Au fil des tableaux, on grandit avec les enfants et on vit au rythme des discours prononcés à Noël par les membres de la famille. C’est l’histoire d’un père profondément aimant et drôle, mais aussi conservateur en raison de ses origines chrétiennes égyptiennes. On le voit donc confronté aux valeurs que ses enfants défendent. Georges a de la difficulté avec ces nouvelles idées qui s’opposent à ce en quoi il a cru toute sa vie. Malgré cela, on le voit évoluer dans sa pensée et continuer d’aimer ses enfants, et c’est touchant.

Du côté des enfants, Diane est une jeune femme à l’image de Doummar, qui rêve de devenir actrice, mais qui choisira tout de même d’obtenir un baccalauréat avant de tenter sa chance dans les écoles de théâtre. Elle est sensible et à l’écoute, à l’image d’une grande sœur. Joseph, quant à lui, est un garçon attachant qui fume du pot et qui devra faire face à une épreuve qui rapprochera encore davantage la famille.

Bref, au travers des différentes expériences qu’ils traversent, le père apprend à négocier et à comprendre, parce qu’il aime ses enfants. C’est surtout cet amour que l’on retient, et la manière dont il permet à chacun de grandir.

Une mise en scène juste et des interprètes attachants

La scénographie reprend celle d’un salon de bungalow classique. Le fauteuil du patriarche trône au centre de la pièce, une grande photo des deux jeunes enfants se trouve à l’arrière, et les banquettes, ainsi que l’escalier, permettent de bien diviser l’espace. Les éclairages jaunes et orangés rendent le tout encore plus chaleureux. L’espace est bien utilisé, et les lumières de Noël qui apparaissent derrière les panneaux sont particulièrement efficaces. J’ai beaucoup aimé cette mise en espace assez classique, mais très bien exécutée.

La mise en scène de Rose-Anne Déry est superbe. La direction d’acteurs rend le texte de Doummar sensible, et le bris du quatrième mur est efficace tout en faisant pleinement sens dans la pièce.

Les interprètes sont tous justes et on sent la connivence entre eux. Déjà réunis dans Frères, Manuel Tadros et Neil Elias partagent à nouveau la scène, et ça fonctionne. Manuel Tadros est, comme à son habitude, très drôle et attachant dans le rôle du père. Neil Elias, qui joue Joseph, est également très bon dans ce rôle de jeune homme qui se préoccupe des autres, tout en gardant une certaine légèreté. Nathalie Doummar, quant à elle, interprète un personnage qu’elle a elle-même écrit pour elle. Elle en fait une femme sensible et douce, mais qui sait prendre sa place. Bref, au fil des tableaux, on s’attache à ces personnages en qui on peut parfois se reconnaître, mais qui ont chacun leur identité propre.

Bref, Georges est une pièce douce, triste, mais surtout drôle, qui nous transporte au cœur d’un noyau familial. Rythmée par Noël, c’est une pièce accessible qui fait du bien. J’ai passé un excellent moment. La pièce, produite par La Manufacture, est présentée dans la grande salle de La Licorne jusqu’au 7 novembre. Pour acheter des billets, c’est par ici.

Crédit photo de couverture : Suzane O’Neill

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Catherine Fournier

Étudiante à la maîtrise en théâtre, Catherine est une passionnée de tout ce qui touche à la culture. Son passe-temps préféré? Lire dans son lit, une bougie allumée pendant que son chat Clémentine dort à côté.

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