Manuel de la vie sauvage : une mise en abyme du succès

Manuel de la vie sauvage chez Duceppe

Lors de sa sortie en 2018, le roman Manuel de la vie sauvage de l’auteur Jean-Philippe Baril Guérard a connu un beau succès auprès des critiques et également selon la mienne. Je suis une grande fan du travail de Jean-Philippe Baril Guérard et de ses textes tranchants, si justes qu’ils m’interpellent par leur authenticité. J’étais donc très enthousiaste lorsque j’ai appris que ce roman, un coup de cœur, allait être adapté chez Duceppe. En ce qui concerne le théâtre, c’est plutôt récent dans ma vie. Depuis quelques années, au fil des pièces auxquelles j’assiste, je me découvre une nouvelle passion pour cet art vivant. La présence humaine et l’émotion qui émanent sur scène me fascinent. C’est donc une Nancy très émerveillée et remplie d’attentes qui s’est rendue le 9 septembre dernier à la première médiatique de la pièce Manuel de la vie sauvage

Bonne nouvelle, mes attentes ont été comblées! L’adaptation du roman pour la scène est réalisée par l’auteur et le codirecteur artistique de Duceppe, Jean Simon Traversy. Ce dernier s’occupe également de la mise en scène qui est sobre et éclatée à la fois. Les sept comédien.ne.s; Patrick Emmanuel Abellard, Isabeau Blanche, Stéphane Demers, Emmanuelle Lussier Martinez, Maxime Mailloux, Joëlle Paré-Beaulieu et Anne Trudel évoluent dans un décor qui se résume à des rubans dorés festifs, des plantes sous vitrine très trendy, un écran et une caméra savamment utilisés par la trame narrative de la pièce.

Crédit : Danny Taillon

Manuel de la vie sauvage nous présente une satire du monde des start-ups et des conférences de motivation. Le spectateur suit le parcours professionnel de Cindy Bérard. Évoluant dans le milieu des technologies, l’entrepreneuse connait un grand succès et se lance dans un nouveau projet avec ses partenaires. À la manière d’une conférence de motivation, la pièce est ponctuée des mantras de Cindy afin de connaitre le succès, mantras teintés de sarcasme qui alimentent les réflexions profondes du spectateur sur nos choix en tant que société. Un point intéressant est que dans l’œuvre littéraire, le personnage de Cindy est masculin. Dans l’adaptation, deux rôles ont été féminisés, j’ai trouvé cela pertinent, car ça m’a permis de réfléchir différemment certains aspects de la trame narrative et d’avoir une réflexion sur les stéréotypes de genres. La pièce aborde des thèmes qui trouvent écho dans les réalités de notre époque, dans laquelle le désir de succès professionnel et la technologie sont omniprésents, parfois au détriment d’autres aspects plus personnels. Les propos soulevés sont liés aux enjeux éthiques, à la froideur de certains milieux de travail et au prix à payer pour accéder à une certaine forme de succès. La pièce Manuel de la vie sauvage ne peut pas laisser le spectateur indifférent, ceci est assuré!

Le temps a semblé filer à toute allure. 1h 40 plus tard, la pièce se termine sous un tonnerre d’applaudissements. Duceppe présente une œuvre actuelle et pertinente. Si vous n’avez pas encore vu cette pièce, hâtez-vous, vous avez jusqu’au 9 octobre!

Le billet se détaille entre 26 et 72$. Pour l’achat de billets, c’est par ici.

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Photo de couverture : crédit, Danny Taillon

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Nancy Lemieux

Diplômée en histoire de l’art et en muséologie, Nancy L. est passionnée de culture et de patrimoine. Crédit photo: Julie Artacho

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