La Journée internationale des droits des femmes

On oublie souvent le 8 mars, parfois c’est en ouvrant la toile de l’actualité que nous rappelle le traditionnel article annuel cette date maintenant arrêtée où on célèbre la femme. C’est en 1977 que les Nations unies ont officiellement nommé cette journée, invitant tous les pays de la planète à consacrer un jour entier à la reconnaissance des droits des femmes. Parce que durant des décennies, et encore aujourd’hui dans plusieurs pays, même dans notre société évoluée, l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas chose totalement acquise. Encore à ce jour, des femmes doivent militer pour obtenir un salaire égal à travail égal et sont victimes de différentes pressions sociales perpétuées par des construits bien ancrés depuis des lustres.

Pourquoi avoir encore besoin d’un 8 mars?

ll me semble que vous avons fait du chemin…comment se fait-il qu’en 2021 il faille encore une Journée internationale des droits des femmes? Dans 80 % des cas rapportés à la police, les victimes de violence conjugale sont des femmes. Ne serait-ce que pour conscientiser à cette statistique d’une tristesse infinie, le 8 mars est toujours de circonstance. Aussi est-elle celle à qui le fardeau de la charge mentale familiale incombe. Elle est celle qui prend soin, qui écoute, qui nettoie. Celle qui enseigne, qui coiffe, qui fait à manger, qui prépare des boîtes à lunch et plie des bas dans le bon sens. Elle est aussi l’amie, la tante, la grande sœur, la psychologue. Elle fait le lit et repasse les chemises, elle pense à tout et devine les petits chagrins. Elle envoie une carte d’anniversaire et noue les lacets. Elle mouche des nés et donne le sein, après avoir donné le bain et bordé la cadette et l’aîné. Elle berce, raconte des histoires aussi, et souvent, elle pleure. Oui, elle pleure parfois, exténuée, la gorge enfin délassée d’une semaine où 24 heures ne suffisent pas, ses yeux déchargeant un fleuve de larmes qui déferlent sur son t-shirt encore souillé du dernier repas de la petite dernière.

Double rôle et pression

La femme doit conjuguer à présent non seulement avec son rôle de femme indépendante pourvoyeuse, qui travaille à l’extérieur et qui peut occuper un poste exigeant au sein d’une entreprise, au même titre que celui jadis réservé à la gent masculine, mais aussi avec celui de mère qui veille au soin de ses enfants. En plus de son double rôle, on lui impose, plus qu’à l’homme, et bien que ça tende à changer, des standards « idéaux »: celui d’être toujours bien mise, mince, protectrice, éternellement jeune, conciliante, en forme, et malgré tout zen! Aussi, paie-t-elle encore plus cher pour ses achats que ceux « réservés à l’homme », l’industrie s’adressant particulièrement à elle avec mille et un produits d’hygiène, de beauté, de mode… la fameuse « taxe rose ».

Féministe

Je préfère me dire humaniste. Les inégalités peuvent se retrouver à tellement de niveaux que les luttes féministes et sociales ne suffisent encore à faire de la personne un individu digne de se retrouver sur la même marche d’escalier nonobstant son sexe. Le respect de l’humain, peu importe son sexe, son genre ou toute autre caractéristique qui nous permet de le définir selon des normes externes, ne peut passer uniquement par la lutte des femmes par les femmes pour les femmes, mais bien par un consensus social basé sur la prémisse que nous méritons tous la liberté de choisir et d’agir.

S’affranchir des dictas

Être une femme, ça signifie s’affranchir du regard lourd parfois, du regard qui juge, c’est se libérer des attentes pour incarner sa propre personne, avec ses goûts, ses aspirations, ses rêves, ses besoins, nonobstant la trajectoire que l’on pense devoir emprunter. C’est se libérer des carcans, se détacher de l’image que l’on tend à imposer encore trop souvent à la femme. C’est apprendre jeune à avoir un regard critique sur les influences des médias et se forger une personnalité pour apprendre à faire des choix éclairés. C’est choisir de travailler ou de rester à la maison, de sortir les ordures ou faire la lessive. C’est préférer le bleu au rose, ou le rose au bleu.

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En l’honneur de la Femme aujourd’hui, je nous souhaite une journée aussi grande que vous l’êtes.

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