Ce n’était qu’un jeu pour vous

Lorsqu’on intimide, on déshumanise notre victime. On se convainc que la personne ne vaut rien, qu’elle n’est même pas une personne. Ainsi, on ne se sent pas mal de piétiner une personne qu’on considère comme une chose.

C’était un jeu pour vous. C’était banal, anodin. Tellement que vous ne vous en souvenez probablement même pas aujourd’hui.

J’aimais rien. C’était pas juste de votre faute. Sous mes airs de nerd et de bonne tite fille à sa maman, je trouvais la vie complètement inutile. Pis vous, vous étiez la cerise sur le sundae.

J’étais un être humain comme vous. Comme les enfants que vous avez peut-être aujourd’hui. Je ne voulais pas grand chose. Juste faire mes affaires pis avoir la paix.

Pendant que vous vous amusiez pour oublier 30 secondes après, moi, j’avais peur de vous. Une vraie terreur.

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Si vous m’haïssiez, sachez que c’était réciproque. Je vous trouvais profondément laids. Vous m’inspiriez un dégoût et une répulsion que je ne suis même pas capable de décrire. Ça a l’air qu’on ne peut pas faire de mal aux autres sans se faire de mal à soi-même. Vous vous faisiez du mal en suscitant ma haine.

Je comprends que j’étais sûrement une cible facile, amusante pour vous. Mais sachez que vous étiez vraiment tout un tas de gens à vous acharner sur mon cas. C’était vraiment overwhelmant. Vous auriez pu me tuer.

Image par Alexas_Fotos de Pixabay

D’ailleurs, je me suis souvent demandé, et si je me suicidais, est-ce que ça leur ferait de quoi? Je pense que je préfère ne pas connaître la réponse.

Je n’ai jamais espéré recevoir d’excuses. Parce que c’est dur de s’excuser de quelque chose qu’on a oublié, de s’excuser à une personne qu’on méprise encore. Car, oui, il m’arrive encore de me faire bully sur Facebook.

Quand tu continues de te faire ponctuellement intimider sur Facebook à 20, 25 et même 30 ans, tu te dis qu’au fond, c’est une cause perdue.

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Recevoir du mépris de mes anciens bullys à mon âge, je ne vous conterai pas de jokes sur l’effet que ça me fait. J’aimerais vraiment pouvoir vous dire que je m’en crisse, que ça me fait rire, que c’est vous les pires. Ce n’est pas le cas. Ça fesse toujours autant. L’intimidation reste de l’intimidation, peu importe l’âge.

Image par Gerd Altmann de Pixabay

Par contre, ce que je peux vous dire, c’est que j’ai plus de temps à perdre avec vos conneries. Je suis une maman maintenant, j’ai d’autres chats à fouetter. Et on va se le dire, intimider le monde à 34 ans, ça reste un peu pathétique.

L’inverse aussi se produit, des fois. Tu me reconnais dans la rue, tu me salues chaleureusement, t’es sincèrement content de me voir. Ça aussi, je trouve ça bizarre. Parce que la dernière image que j’ai de toi, c’est toi qui me dis d’aller me pendre. Comment t’as pu oublier?

Mais hey, je considère que j’ai quand même gagné. Parce que je me suis construit une vie awesome entourée de gens extraordinaires. Parce que je suis devenue une tellement nice personne que le monde me croient pas quand je leur dis que j’ai déjà été rejet. Alors tu peux me mépriser tant que tu veux, mais maintenant je peux te regarder dans les yeux et te dire que je suis une Queen. Pis personne va me convaincre du contraire.

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