Sexe, drogue & Rock n’ Roll : la musique au service de la libération sexuelle

Jude vous parlait récemment de l’évolution de la sexualité au cinéma. Alors qu’elle s’immisce dans nos petits et grands écrans, quand est-il de son inclusion dans la musique ? Tandis que Woodstock rassemblait une génération en quête de liberté et qu’un peu plus tard, Ian Dury scandait Sex & Drugs & Rock & Roll, on voyait éclore une véritable révolution du thème dans les années 1960-1970. Levier transformateur, la musique a permis à la fois rébellion et affirmation. Subtiles ou directes, habiles ou maladroites, les références à la sexualité s’y sont multipliées de différentes manières et s’y sont depuis imposées comme une nouvelle manière de voir celle-ci, surtout chez les femmes.

Si les grands de la chanson française ont semé la controverse avec des hymnes romantico-érotiques comme l’on fait par exemple Gainsbourg et Birkin avec Je t’aime…moi non plus (1969), il n’en fallut pas moins pour que le monde de la pop prenne le même tournant dans les années 1980. Qui n’a jamais chanté Like a Virgin à tue-tête avec l’aplomb d’une Madonna libre et indépendante ? S’il n’est pas rare d’entendre quelqu’un s’époumoner sur ce hit de 1984 au karaoké, c’est que son succès est en partie dû à l’audace de l’interprète pour l’époque. Même si la chanson écrite par Billy Steinberg et Tom Kelly provoque indignation chez certains à sa sortie, sa popularité à la radio commerciale n’est pas sans faire écho au désir d’émancipation sexuelle d’une génération de femmes. Preuve est de constater qu’il s’agit du premier titre de Madonna à se classer au top du palmarès Billboard américain, introduisant ainsi la chanteuse comme nouvelle icône du pop.

L’influence résonne d’ailleurs jusqu’au Québec avec Mitsou, alors âgée de 17 ans, qui propose El Mundo (1988), un premier album où paroles suggestives suscitent moult réactions. Le désir d’émancipation de la jeune chanteuse est également mis de l’avant dans Terre des Hommes, un deuxième disque qui marquera par le vidéoclip de la chanson Dis-moi dis-moi (1991), où Mitsou se met en scène nue, dansant derrière une chaise. L’image de la femme en contrôle de son corps et de sa sexualité ne plaît cependant pas à tous, puisque le vidéoclip est interdit sur certaines chaînes.

Dans les années 2000, c’est au tour de la chanteuse canadienne Peaches de surprendre avec The Teaches of Peaches. Un disque electroclash assumé vacillant entre le new wave et le punk,  qui aborde le thème de la sexualité sans tabou. Aux sons bruts s’ajoutent des mots crus et revendicateurs, suggérant une attitude « sex-positive ». Près de 20 ans après sa sortie, l’album fait partie de ceux qui ont marqués, tant par son audace musicale que ses paroles. Peaches a ouvert la porte à une génération de femmes avide de changements et d’affirmations. Qu’on pense à Christina ou Miley, bon nombre sont les noms de la pop qui ont été influencés par le cran de la chanteuse.

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Ces exemples clés ne sont que quelques-uns parmi tant d’autres, puisqu’on pourrait évidemment parler de la libération sexuelle qui se fait également sentir dans le monde du rap, où les Missy Elliot, Mary J. Blige et Nicki Minaj s’imposent en répondant au caractère misogyne de certaines chansons de leurs collègues masculins. Près de chez nous, on pense aussi à Donzelle, qui contribue à défaire les stéréotypes en parlant de sexualité haut et fort.

Exit (ou presque) l’époque où la vie sexuelle des femmes était taboue et ne reposait qu’à son essence reproductrice. À travers la musique, on y proclame une sexualité libre et saine, où le plaisir n’est pas au second plan, inspirant une réappropriation du corps de la femme trop longtemps objectivée.

Photo de couverture : Mitsou, Dis-moi dis-moi, 1991

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