Développe ton intelligence humaine face à toi et les autres

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C’est pas la première fois que je vois ce genre de message et je vis véritablement un malaise quand je le lis ou l’entends.

Oui, tu es la première responsable de la mise en marche de ta guérison, MAIS il faut avoir les ressources (mentales, financières, physique, etc.) et les modèles positifs de cheminement et d’environnement. Tout dépend du type de blessures et de ce que tu as vécu. Vivre un abus est une blessure qui demande véritablement des soins et quand on nous dit que nous sommes responsables de notre propre existence, c’est un peu comme dire que c’est de NOTRE faute à nous si nous avons encore mal et que notre quotidien a encore des répercussions de ce que nous avons vécu dans le passé. Guérir est souvent le travail d’une vie. Et sincèrement, l’agresseur n’aurait pas du poser les gestes, dire les paroles et négliger les devoirs qu’il avait en premier lieu. Il est le premier responsable. Il t’a donné le fardeau de devoir te reconstruire, de devoir cheminer vers une guérison. Abus et blessures peuvent inclure beaucoup de choses. Pas seulement les abus reconnus par la loi. Pensons à ceux qui vivent l’intimidation tout au long de leur scolarité ou qui ont un père absent, distant émotionnellement ou encore à ceux qui vivent avec des maladies chroniques (je prêche pour ma paroisse ici ! ) Dire simplement que la personne devrait «en revenir» pis «juste avancer» ou encore «se donner un coup de pied au derrière» ce n’est pas faire preuve d’intelligence humaine! «Quand on veut, on peut» c’est ben cute, mais pas très réaliste face à des problèmes humains plus complexes que manquer de motivation pour aller travailler.

Cela étant dit, oui, tu es la première personne qui doit développer la motivation de changer tes pensées, de prendre des décisions, de faire des choix, d’aller chercher l’aide qui améliorera ta situation. Cela passe souvent par la reconnaissance des conséquences négatives de l’abus et des comportements, sentiments et croyances que tu as développés en lien avec celui-ci.

Je te donne un exemple: tu as été abusé sexuellement et tu débutes une nouvelle relation amoureuse. Sexuellement, tu as des difficultés. Ton nouveau crush te dit qu’il devrait recevoir plus de gâteries que ce que tu lui donnes en ce moment? BYE BOY. BYE GIRL. Tu n’as pas le devoir de donner plus de ton corps. Le fait que tu aies des difficultés au niveau sexuel n’est pas une attaque de qui il ou elle est comme personne. Tes comportements, tes peurs et tes émotions ne sont pas une attaque contre l’autre dans le but de lui nuire. Or, c’est une preuve de qui il ou elle est comme personne.

Si lorsque tu étais jeune, tu as reçu des claques ou a vécu de la violence psychologique directe ou indirecte quotidiennement et que tu te dis que c’est pas de ta faute si tu as donné des claques ou crié des mots violents aux autres, à tes proches ou à la personne qui t’a «gossé» dans le parking de l’épicerie…c’est faux. Tu es responsable de tes comportements. Bravo, tu connais la source, mais tu dois aller chercher de l’aide pour mieux gérer ta ou tes blessures et tu dois développer de nouveaux comportements, pensées et stratégies alternatives pour mieux te gérer. Tu dois reconnaître que tu as créé de la douleur, du toxique ou plus de négatif ( ou les trois en même temps) et tu dois décider de changer. Ton passé explique ton comportement, mais n’excuse pas la violence que tu fais subir aux autres.

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Même chose quand on pense à la santé mentale. Il faut différencier ce qui est du domaine de l’attaque malicieuse (but de faire du mal) de ce qui est un symptôme du trouble et qui est mal compris et possiblement pris personnellement. «C’est pas de ma faute, c’est parce que j’ai/ je suis….» a des limites. Tu ne sais pas gérer ta colère convenablement quand elle t’envahit et tu brises des objets et/ou cries des insultes à ton conjoint devant les enfants? Ton conjoint est une victime directe et tes enfants des victimes indirectes de ton comportement. Tu es responsable de trouver une stratégie plus saine et moins toxique.

Ne crée pas plus de souffrance parce que tu souffres. Les autres n’ont pas à avoir mal parce que tu as mal. Et tu peux apprendre, guérir. Autant l’homme qui brise des objets en les lançant contre le mur que son petit garçon qui regarde sans savoir comment interpréter le comportement doivent faire des choix sur leurs propres agissements. Oui, leurs douleurs sont valides et méritent qu’on s’en occupe, mais ils n’ont pas à perpétuer un cycle de violence.

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*Traduction libre en bas de page

J’ajouterais qu’en justifiant tes actions négatives par le fait que tu as des problèmes mentaux, tu collabores et tu es complice de la stigmatisation face à la santé mentale et donc aux jugements et invalidations de ta souffrance.

MAIS pour revenir à la première image. Il faut les ressources, la motivation et surtout: il faut différencier ce qui est de l’attaque envers l’autre versus la douleur que tu te fais à toi-même. De plus, il y a certains abus vécus qui font que la personne ne sent pas la force SEULE de faire face à la blessure. L’environnement a donc une grande importance.

Soutien des proches. Empathie. Éducation face à la santé mentale, aux conséquences des abus. Mise de l’avant des ressources où l’ont peut référer un proche ou nous-mêmes. Développement des connaissances et compétences sur le sujet en s’informant, en cherchant à apprendre plus. Et aussi parfois, malheureusement, apprendre à mettre nos limites et à prendre nos distances quand celui qui souffre décide de nous faire souffrir aussi. C’est souvent en disant «non» qu’on communique à l’autre que son comportement n’est pas acceptable.

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Je mets ici des ressources qui me viennent en tête:

Il est important de parler à quelqu’un de confiance, que ce soit quelqu’un de ton entourage, un professionnel avec qui tu as un contact ou même des gens dans certains groupes Facebook en lien avec ta problématique. Tu peux même me contacter: si jamais je peux te mettre en contact avec une ressource ou une piste d’information, ça va me faire plaisir.

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Tu es la personne qui doit faire le premier pas vers les ressources. Tu reconnais que tu as un problème, que tu veux guérir et ensuite, tu vas chercher plusieurs ressources (autant que tu le peux) pour te créer un réseau et ne pas être dépendant d’une unique source d’aide. Tu es responsable de ton bonheur, mais ce n’est pas un travail qui se fait seul.

Avoir mal n’est pas honteux. Tu peux en parler et aller chercher de l’aide. Choisis des gens de confiance, des ressources adéquates (saines et positives) et ne perds pas de vue l’objectif tout au long du processus.

Si vous connaissez d’autres ressources, mettez-les en commentaires, on ne sait jamais qui ça peut aider. Autant pour le Québec, l’Ontario que nos amis Français qui peuvent nous lire.

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* Je ne suis pas certain de qui a besoin d’entendre cela aujourd’hui, mais je suis certain qu’il y quelqu’un. Les troubles de santé mentale ne sont pas une excuse pour adopter des comportements abusifs, point à la ligne. Il y a plusieurs personnes qui vivent avec la depression, l’anxiété et une combinaison de plusieurs difficultés d’ordre mentales et qui ne blessent pas les autres. Si vous êtes verbalement, émotionnellement ou physiquement abusifs envers les autres et que votre réponse immédiate est: désolé mais je suis malade mental » c’est plus une question de personnalité ( je traduis plus poliment ;) ) qui ne prend pas la responsabilité de tes propres actions ou qui a des traits de personnalité narcissiques qui font que tu penses qu’il est justifié que tu traite les autres comme de la schnoute ( encore là, je reste polie en traduisant haha) parce que tu ne fais pas le travail sur toi-même. Merci d’être venue à mon TED Talk.

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