Six mois.

Il y a six mois, j’ai décidé de m’ouvrir aux autres tout en gardant une certaine distance. Je voulais rejoindre des gens qui vivaient des choses comme moi pour leur dire: « je vous comprends, vous n’êtes pas seuls et je suis ouverte à ce que nous soyons amis, compagnons de batailles.»

Bref, j’ai lancé un blogue et advienne que pourra! Puis j’ai commencé à écrire pour ce magazine ici présent!

La semaine passée, tard un soir, en pensant que dans le fond pas grand monde me suivaient…j’ai fait une petite folie et j’ai décidé de «mettre mes tripes sua table.» À ma grande surprise, le texte que j’ai écrit sul fly est mon texte le plus lu et le plus partagé! ET beaucoup de gens qui vivent avec des maladies chroniques m’ont dit que j’avais mis en mots ce qu’eux-même sentaient à l’intérieur. Au début, je me sentais un peu mal à l’aise, comme si beaucoup de monde voyait une photo de moi en petite tenue! Or, quand j’ai lu les commentaires des gens qui me disaient qu’ils se sentaient compris, moins seuls et…réconfortés même, je me suis dit: mi bobette es sou bobette ;)


Chaque fois que je vis des symptômes physiques ( migraines, système digestif fragile, whatever!) c’est immanquable: mon anxiété arrive. Et c’est totalement compréhensible quand on pense que mon trouble anxieux est directement lié à mes problèmes de santé et à ce qu’ils me font vivre, réaliser, voir, observer…



Quoi, je ne suis pas seule? Wow! Vous aussi quand vous vivez des souffrances physiques et mentales, vous devez en plus souffrir de l’anxiété qu’engendre le fait de souffrir? Une souffrance parce qu’on souffre?


Quand je suis en pleine crise de migraine vestibulaire par exemple, oui, être faible, nauséeuse, étourdie, la tête qui fait des pulsions et la lumière et les sons qui veulent ma mort…oui, je suis en souffrance, MAIS ce qui me fait souffrir possiblement le plus est la solitude, les reproches des gens maladroits (ou carrément insensibles), les jugements et les croyances (souvent introduites par des dires d’autres personnes ou par des situations vécues dans le passé) que… une moi malade est égal à une moi ni aimante, ni aimable.


Je voudrais être plus pour les autres, mais je ne peux pas. Et ça me fait une douleur au ventre juste de l’écrire en ce moment. Ce que je peux donner, je le donne, mais parfois je ne peux pas en donner plus et ça me fait mal. En toute franchise: j’ai peur. Parce qu’à force de me le faire dire, c’est entré dans mon mental, qu’au final, je ne donne pas assez pour que les gens veuillent donner un peu aussi. Pas d’entraide, pas de liens forts, pas de relations.


L’humain est bel et bien un être social or what? On finit toujours par avoir peur de ne pas avoir assez d’amour? De ne pas assez en donner? Au final de ne pas être assez à nos yeux et aux yeux des autres? Ça revient souvent à ça, n’est-ce pas?

Publicité

Mais je pense que la partie de mon texte qui a été le plus lu…parlait de la réalité des gens qui vivent avec des troubles chroniques…


La maladie dérange. La différence à la norme perturbe. La personne qui dévie est vue comme faible ou « susceptible de t’amener dans ses problèmes, de t’entraîner dans son mode de vie malsain. »
Tu me dis que j’exagère? Demande aux gens s’ils sortiraient ou serait amis avec quelqu’un qui …et ne nomme que les troubles. Ils font:  « ben ça dépends là… » et ce qui en ressort c’est : «s’ils sont pas trop loin de la norme… je suis correcte avec ça… » Et je ne suis pas une sainte là! Mon premier réflexe est souvent de me dire que  «j’ai déjà assez de problèmes de même… »

Quand toi-même tu as une différence, tu sais ce que c’est que d’avoir peur de la différence. Bien sûr, tu as peur de ta propre différence, de un, et de deux, tu vis dans la même société que les autres. Que tu en sois conscient ou pas, tu as intériorisé des croyances, des messages, des mensonges sur la valeur de certaines personnes en lien avec certaines caractéristiques qu’ils possèdent.

Il faudrait que nous-mêmes développions plus d’empathie pour soi et pour les autres: «partir le bal» comme on dit. Se regarder, s’observer, se questionner…

Moi j’ai commencé mon propre party anti-honte de moi-même, il y a six mois. J’espérais me libérer de mes croyances nocives envers moi-même et rejoindre les gens qui ont également cette peur face à eux-même. Voilà qu’en plus de remplir cette mission, je suis fière de moi et fière de vous qui me lisez. Juste lire, vous vous sensibilisez sur le sujet et je vous dis bravo! Bravo d’ouvrir votre coeur et votre esprit. Bravo d’être un meilleur être humain et fort possiblement un meilleur ami et compagnon sur le chemin de la vie.

Si tu veux lire le texte intégral, c’est ici!

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *