La rumeur veut que cela devrait venir de soi en premier…

C’est immanquable. Dès que je suis dans une crise d’un de mes problèmes de santé, lorsque je suis au plus bas physiquement, le mental décide de le rejoindre dans sa chute. Un saut en profondeur en tandem! Comme si mes pensées disaient à mon corps : Attends-moi, j’arrive! Comme tout le monde le sait, le mental et le corps sont très liés… Ils s’aiment ou se détestent, mais, dans les deux cas, ils s’influencent fortement, ils sont interdépendants. C’est pourquoi, quand je suis au niveau moins dix niveau corps, j’essaie que l’esprit, le mental ne plonge pas aussi, qu’il devienne mon allié dans le combat. 

Sur la page Facebook de mon blogue, comme pour me convaincre moi-même, j’avais écrit ceci :

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« HEILLE, des fois, faut se parler à soi!

Tantôt, allongée dans le lit, la tête cachée entre deux oreilliers, en pleine migraine vestibulaire (je dis le nom complet parce que c’est vraiment un type de migraine très désagréable, pour pas dire chi***), je me demandais comment j’allais un jour être capable de trouver un homme qui va m’aimer même dans ces moments-là, comment je vais pouvoir un jour être autonome, sans l’aide de parents, comment je vais un jour être capable de possiblement être la maman de quelqu’un… Pauvre petit amour, c’est elle ta mère? La madame allongée dans le lit, qui a la nausée juste à s’asseoir… Bref, je me tapais sur la tête, je me disais des méchancetés et je me prédisais un avenir infernal et très très triste.

PUIS je me suis dit : Jess, la dernière grosse crise de même, c’était en fin juillet, début août. De un. De deux, depuis, tu as trouvé des petites sources de revenus… par toi-même. En plus, en faisant des recherches. Bravo, tu es pas trop tarte. PIS EN PLUS, vaut mieux être seule que mal accompagnée. Tu as pas besoin d’un insensible ingrat qui te fait sentir coupable d’être malade alors que tu es couchée dans un lit à te demander comment tu vas être capable de faire le souper pour tes parents.

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PIS EN PLUS, pendant que j’écris en ce moment, y’a bel et bien un souper qui se fait! 

UN JOUR À LA FOIS. Amen.

Sur ce, je vous laisse, je retourne à ma pénombre… tout en me levant une fois de temps en temps, checker le souper pour pas qu’il brûle. »

Le lendemain soir que j’ai écrit ça, j’étais sur une civière, soluté dans le bras, médication injectée en sous-cutané, pis j’étais à boutte de toutte! À l’urgence de l’hôpital, gardée sous observation et le médecin et le neurologue vont venir vous voir quand ils auront le temps. L’optimisme prend l’bord quand tu es dans une jaquette d’hôpital et que tu en es à ta deuxième nuit d’insomnie, sans parler que tu as « rejeté » tous tes repas des derniers jours et que tu es complètement déshydratée, pu capable de juste rester debout.

On se sent seule en maudit. Mes parents étaient là, oui. Mais anxieuse que je suis, je me suis dit : il y aura un moment où ils ne pourront plus me suivre. Qui voudra d’une copine qui lui fait vivre des moments pareils? 

Puis, je me suis rappelé un texte que j’avais écrit il y a quelques mois à la suite d’une conversation avec quelqu’un qui m’avait dit que « Vu comment j’étais, bonne chance pour me trouver quelqu’un qui va vouloir dealer avec ça ». De là est venu le texte qui a pour titre Refuser.

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Je ne veux pas être aimée malgré

Malgré l’anxiété. Malgré les migraines. Malgré les nausées. Malgré les étourdissements. Malgré les chutes de pression soudaine. Malgré les surprises du corps. Malgré l’anxiété qui a poussé en moi partant de mon corps et qui a monté à ma tête, a envahi les lieux…

J’en veux pas de tes malgré. J’en veux pas de ton amour « quand même ». Ce serait l’insulte de trop. Une douleur de plus sur une pile déja haute. La blessure de plus, celle qui réveillerait les autres.

Je veux que tu veuilles de moi. Avec anxiété. Avec corps-surprise. Parce que ces maux quotidiens ont fait de moi une meilleure personne. Mon cœur déjà sensible, mon esprit déja empathique, mon mental déja curieux de l’humain… Mes maux, les vivre depuis une décennie a permis aux diverses parties de moi de prendre de l’expansion, parties qui feraient que je t’aimerais avec une tendresse, une sensibilité que tu mériterais seulement si tu peux faire de même.

Je te demanderais aucun fla fla, aucun truc qui brille. Je veux de l’authenticité, de l’affection, du respect… du vrai. J’aime pas le flash de toute façon. Moi, je vais aimer ta voix, tes valeurs, ton regard, tes rêves et qui tu es vraiment. Je veux m’asseoir sur un banc et parler sincèrement. Je veux rire et me chamailler. Je veux avoir confiance en toi, en ton affection.

Moi, ce que je trouve grand, ce que je trouve riche, c’est être bien avec quelqu’un quoiqu’il arrive, quoiqu’il se passe. Malade, pas malade. Pluie, soleil, tempête ou un mix des trois. Je vais vouloir être ça pour toi… mais je vais vouloir que tu le sois pour moi aussi.

Si tu me fais sentir mal, honteuse ou coupable ou comme si j’avais moins de valeur parce que j’ai des souffrances de l’esprit et du corps et les deux en même temps… Ce ne sera pas de l’amour, ce ne sera même pas de l’affection. Je ne l’accepte plus de personne. Que ce soit famille, amis, connaissances…

Pourquoi je le ferais d’ailleurs? Pourquoi j’ajouterais une source de souffrance de plus? Non merci. Mais vraiment là… NON, j’en ai pas besoin. Tellement de gens ont essayé et souvent réussi à me faire croire que je n’étais pas aimable avec mes troubles. Tellement de gens m’ont dit que je devais changer, m’améliorer, « faire de quoi! » ( comme si j’avais un plein contrôle sur ces choses, comme si c’était pleinement mon choix!) si je voulais un jour être aimée que ce soit comme amie ou comme amoureuse. Maintenant, je n’accepte que les gens qui sont capables de voir ce que c’est que de vraiment aimer.

J’ai beaucoup à offrir. Je le dis humblement, entendons-nous, je ne crois pas que je sois adorable au point où tout le monde va m’aimer. Tout est une question de goûts, de complicité, de chimie… Mais ce n’est pas parce que je vis des difficultés que je suis une personne qui ne peut être aimée…avec ses difficultés. Je le dis souvent, tout le monde vient avec un bagage, toi, moi, elle, lui, eux… Ton bagage ne va pas te rendre moins aimable si celui-ci ne vise pas à faire du mal aux autres. Ce n’est pas de ma faute si tu as des attentes précises de ce que tu veux que je sois et fasse et que je ne les comble pas. Aimer n’est pas un concours. Je ne me suis jamais inscrite. Je ne suis en compétition avec personne. Je suis la championne pour être moi. Il y a juste moi qui peux être moi. Ce n’est pas parce que tu ne veux pas du cadeau que je peux être que je ne mérite pas d’être reçue par quelqu’un qui va me mériter puisqu’il sera capable de voir ce que j’ai de beau à offrir. AVEC et non pas malgré les blessures et les faiblesses.

Mes blessures et mes faiblesses ne me font que du mal à moi. Si tu mets des attentes et de la pression, elles te feront enrager, oui, mais elles me feront encore plus de mal. Je ne veux pas de ça, de cette dynamique, dans mes compagnons de vie.

Ne laissez personne vous faire croire que vous êtes moins aimable parce que vous souffrez. Les bouddhistes le disent : la vie est souffrance. Or, il faut choisir qui sera notre ou nos compagnons (les amis, la famille, ça compte aussi!) dans ce périple qu’est la vie. Je n’ai pas besoin d’avoir quelqu’un dans ma vie qui me dit que mes faiblesses et mes douleurs lui font vivre des insatisfactions et qui cherche à me faire sentir coupable d’être qui je suis et dans la situation où je suis.

Et toi non plus, tu n’as pas à vivre ça. Aimer, c’est accompagner avec bienveillance quelqu’un sur son chemin. Être là et offrir ce que l’on peut offrir pour que l’autre se sente soutenu et pas si seul face aux tourments. Aimer, ce n’est pas être un tourment supplémentaire dans nos vies. Être aimé et aimer quelqu’un, d’amour ou d’amitié, c’est du beau, du chaud, du doux, du réconfortant. Pas un défi à relever, ni une source de stress, de travail sans récompenses ou d’obligations à remplir comme si on avait signé un contrat.

Et oui, la première personne qu’on doit apprendre à aimer, c’est soi-même. C’est la base de ce qu’on va accepter par la suite en termes de traitement venant des autres. Si je me juge, je vais accepter le jugement de l’autre. Si je me dis des méchancetés, je vais croire les méchancetés que l’autre dit et non pas les voir comme du venin qui doit être rejeté au plus vite.

Alors, maintenant, je n’accepte que le respect, l’affection, le support et l’entraide. De moi à moi, de moi aux autres et des autres envers moi.

Et toi? Tu acceptes quoi? Tu refuses quoi? 

Le texte Refuser a été préalablement publié sur le blogue personnel de Jessica prochedelaperfection.wordpress. com.http://prochedelaperfection.wordpress.com

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