Passe ton chemin pis fais ce que tu as à faire

Tu es une mère ? Comme bien d’autres personnes, tu es donc dans la merde. Tu es dans une mer de préjugés jusqu’au cou, solide. Tu dois répondre à des lois de société non écrites et pour lesquelles tout le monde a sa propre idée, dans la merde je te dis.

Tu le sais déjà, en accouchant, en adoptant ou en famille d’accueillant, tu as été vite noyée dans cette eau vive de jugements, de regards remplis de non-dits et de conseils moralisants.

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Tu es au centre d’achats ? Nan, tu devrais être au parc avec ton kid au lieu de magasiner et d’engraisser le capitalisme. Tu achètes quelque chose pour habiller fiston ? Ça n’a pas d’allure, tu n’es pas capable de décrocher de ton rôle de mère et de lâcher prise pour te gâter un peu. Tu n’achètes rien à fiston, mais tu t’achètes un mascara ? Pauvre enfant, sa mère ne pense qu’à elle.

Tu achètes du lait bio ? Bon, tu es sûrement une granole finie et ton enfant sera traumatisé de ne pas pouvoir manger un jour de kraft dinner. Tu allaites à la demande ? Tu es donc bien dépendante affective ! Au service de ton bébé, c’est clair, tu n’auras plus de vie, ton bambin ne fera jamais, jamais ses nuits. Tu donnes du lait maternisé commercial ? Ton enfant ne sera pas protégé des otites et vraiment, tu devrais penser à ton bébé avant toi. Je le sais, c’est dur des paroles comme ça, même dites par une personne inconnue, ça peut faire mal pendant des années.

Tu arrives chez quelqu’un avec ton pantalon de jogging préféré et une coiffure douteuse style j’ai essayé de me faire une toque messy, tu es donc une mère en dépression… Tu arrives tirée à quatre épingles ? Tu es une carriériste finie et tu t’es passé le fer plat au détriment de faire déjeuner ton enfant, c’est clair. Tu arrives avec ton nouveau kit de yoga ? Bon, tu es une fit mom extrême qui a fait 12 km en forêt l’hiver avec bébé de trois jours dans un sac dorsal.

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Peu importe comment t’arrives, tu ne pourras pas plaire à tous et être à l’abri des jugements. Arrive comme toi-même, la super maman que tu es, that’s it.

Ton enfant fait une crise et tu décides de régler cela à l’abri des regards et de quitter ? Tu achètes clairement la paix. Tu gères cela sur place avec une douce fermeté ? Pauvre tit, il se fait chicaner devant tout le monde… Parfois, c’est encore pire, des gens te contredisent dans ton intervention devant ton enfant. En général, ils veulent bien faire, mais pour une mère, ça met à terre.

La vérité au fond, c’est que c’est toi la mieux placée pour savoir ce qui est mieux pour ton poupon, ton grand de 5 ans ou ton ado, et ce, selon ton niveau de vie, tes valeurs, ton statut socioéconomique, ta santé… mais ça, jamais personne ne va te le dire.

On va se le dire, tu n’es pas n’importe qui, tu es une mère, peut-être adoptive ou d’accueil, ou mère tout court. Peu importe, tu es là et tu t’es embarquée dans tout un projet : construire un futur adulte pour la société de demain.

Alors, fais ce que tu penses qui est mieux pour ta progéniture, entoure-toi de gens qui te soulèvent et te rendent meilleure, fais-toi confiance, garde le cap sur tes valeurs et sur ce que tu veux pour ton rejeton.

Et surtout, tends la main aux autres parents, ces mamans et ces papas qui vivent, à leur échelle, la même chose que toi : la guerre des préjugés dans l’exercice de leur parentalité. Un clin d’œil, un geste de complicité, ça fait tant de bien. La plus belle chose là-dedans, c’est que les gens sans enfants peuvent y contribuer; ils aident même grandement, car il n’y a pas de clan de parent ou non-parent, on est tous ensemble là-dedans !

La dernière chose qu’on a besoin comme parent, c’est du jugement.

Alors, t’en fais un deuxième ?

Miss Grenadine

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