Grand-Mère Grunge, la YouTubeuse sans tabous ni compromis

Dans la vie, j’ai la chance d’être entourée de personnes inspirantes, et Alex Viens en fait partie. J’ai eu le plaisir de la compter parmi mes collègues lorsque nous écrivions toutes les deux pour le blogue Ton Petit Look. Alex a récemment parti sa chaîne YouTube, Grand-Mère Grunge, et je devais absolument vous en parler. Vous allez comprendre pourquoi.

Boucle Magazine :  Qui est Grand-Mère Grunge?

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Grand-Mère Grunge : C’est une chaîne qui vulgarise la mode et le maquillage d’une manière inclusive, qui célèbre la diversité corporelle, ethnique et sexuelle. Grand-Mère Grunge, c’est une rebelle en pantoufles, un smokey eye dans une robe de chambre en minou. C’est la résolution qu’être à l’aise avec sa singularité, c’est un peu la plus belle des résistances.

Crédit : Instagram/grandmeregrunge

BM : Pourquoi avoir choisi ce nom pour t’identifier?

GMG : C’est probablement la description la plus accurate de la personne que je suis. Ça fait longtemps que je parle de moi-même comme d’une grand-mère, dans tout ce que ça a de stéréotypé. Je cultive mes petits conforts et j’aime faire des siestes. Je suis un peu aigrie de tout ce que ma jeunesse impose comme pression, d’avoir du fun démesuré (j’en ai, mais vous ne me verrez jamais dans le Narcity). Pis c’est drôle parce qu’au premier abord, mes tatouages, mon look un peu grunge et mes coupes de cheveux funky donnent souvent l’impression que je suis une personne un peu wild, une personne d’extrêmes, alors que ma principale mission sur Terre est de trouver l’ultime pantalon élastique pour abriter mes grosses fesses.

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BM : Que peut-on retrouver sur ta chaîne YouTube?

GMG : Le traditionnel package des blogueuses beauté : des tutoriels de maquillage, des lookbooks taille plus, des favoris mensuels, mais aussi des discussions sur la confiance en soi, la sexualité, la culture. Tout cela à ma sauce unique-spéciale-blend-épicée de féminisme, pis de sarcasme, pis d’honnêteté crue, avec mes mots d’église comme des p’tits brillants sur une casquette Ed Hardy.

BM : D’où t’es venue l’idée de partir ta chaîne?

GMG : D’abord pour moi. Pour me normaliser, avec mes défauts, ma beauté atypique et individuelle, mes opinions politiques et sociales, mes difficultés. Je me suis toujours trouvée un peu brouillon, en marge des choses universellement jolies. Ensuite, je l’ai fait pour les autres. Pour faire des hauls abordables, des looks pour personnes dodues qui ne sont pas forcément ultra-féminins ou décolletés. Des maquillages qui pourraient célébrer toutes les identités de genre, l’individualité, les capacités et le budget de chaque personne. Pour qu’on se réapproprie ces belles choses que sont la mode et le maquillage comme des outils d’expression. Des affaires le fun, mais qui demeurent une option pareil.

BM :  La diversité est au centre de tes vidéos, as-tu des inspirations à ce niveau?

GMG : Sur YouTube, il y a Jackie Aina, Eve Martel, 2FillesOrdinaires, Alissa Ashley, Soothing Sista et Thomas Halbert. J’ai aussi un crush immense sur Nyle Dimarco, le premier gagnant malentendant d’America’s Next Top Model. Et le blog Dix Octobre de Gabrielle Lisa Collard, Artémis fat-positive des internets; c’est un peu la meilleure chose qu’il m’est donné de lire tout le temps. Je suis entourée de blogueurs.es inspirants.es, pis c’est tough de n’en nommer que quelques-uns!

Crédit : Instagram/grandmeregrunge

BM : D’où te vient l’assurance que tu sembles dégager lorsque tu abordes des sujets tabous sur Internet?

GMG : J’ai en tête que c’est des soucis communs, et qu’au-delà de la gêne et des tabous, il y a un réel besoin de nommer les choses telles qu’elles sont. Ce sont, pour la plupart, des conversations que j’ai rarement pu avoir en grandissant et c’est un manque qui m’a fait beaucoup fait souffrir. Ces choses normales et parfois épeurantes que sont la sexualité et le poids, particulièrement, sont le lieu de grandes insécurités et de douleur pour énormément de femmes et de jeunes filles. Parfois, j’essaie de panser mes propres blessures, pis de tirer des conclusions des choses qui m’ont tourmentée. J’aime ploguer des conseils de masturbation ou mes astuces de bourrelets entre deux talks beauté.

BM : Est-ce que s’exposer ainsi, dans toute sa vulnérabilité, sur Internet fait peur ou est-ce plutôt libérateur?

GMG : C’est FUCKING libérateur. Dans la vie, je suis très sensible aux malaises, et l’un des moyens que j’ai trouvés pour dealer avec ça c’est de pointer le malaise jusqu’à ce qu’il devienne ridicule. J’ai confiance dans le fait que de parler avec assurance de ma vulnérabilité, ça donne la permission à d’autres gens de s’ouvrir et d’accuser le mal avant qu’il ne s’infecte. Ça m’a aussi permis de connecter avec des gens. Beaucoup de personnes se confient à moi quand je me permets de témoigner de choses difficiles. C’est un échange, c’est de la confiance, et j’en suis très reconnaissante.

Crédit : Instagram/grandmeregrunge

BM : Quel est le message que tu aimerais que tes auditeurs retiennent quand ils écoutent tes vidéos?

GMG : Qu’il n’y a pas de mauvaise manière d’être soi-même. Le maquillage et les vêtements sont des outils qui doivent être à notre service, au-delà de la mode et des règles. Ce sont aussi des choses que l’on peut charger d’un message qui est le nôtre : l’acceptation de ses rondeurs, des formes particulières de son visage, de ses idées politiques même. J’y donne des conseils, mais ça ne demeure que ça : des conseils. Le reste se trouve dans la beauté de se découvrir et de se respecter.

BM : As-tu eu à faire face à des critiques négatives et, si oui, comment les gères-tu?

GMG : Heureusement, pour l’instant, pas du tout. Je reçois le support et l’enthousiasme infini de mes abonnés.es, des personnes uniques et éveillées qui accueillent justement ma vulnérabilité avec douceur. Je me doute que mon poids, mon langage et mon discours féministe risquent d’attirer à un moment ou à un autre des critiques négatives, mais ce ne sera pas la première ni la dernière fois que j’aurai à répondre à ce genre de backlash. COME AT ME!

Crédit : Instagram/grandmeregrunge

BM :  Ta chaîne est assez jeune, quels sont tes plans/goals pour l’année à venir?

GMG : J’ai un désir constant d’améliorer mon contenu, d’en faire quelque chose d’unique qui répondra à un besoin. Je veux faire de Grand-Mère Grunge une chaîne aux propos importants, rassurants, combatifs. De beaux et importants projets m’attendent, et j’ai espoir que vous pourrez les voir se matérialiser dans les mois à venir. Ça va être big en crisse!

Si vous voulez suivre la progression de Grand-Mère Grunge vers l’infini et plus loin encore, vous pouvez la suivre sur sa chaîne YouTube, sa page Facebook et son compte Instagram.

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