La balade en vélo d’André Arthur

 

Mention de source: Radio-Canada

Lundi, sur les ondes de la station BLVD, André Arthur nous a démontré, encore une fois, l’étendue de son talent pour semer la controverse. S’exprimant au sujet des cyclistes, il a dit ce qui suit : « Moi, ma définition d’un idiot, c’est quelqu’un qui fait du bicycle en hiver […]. Aujourd’hui, quelqu’un en bicycle, frappez-le, soulagez-les, faites quelque chose ».

Trois jours plus tard, l’animateur de radio s’excusait pour ses propos et faisait valoir qu’il s’était mal exprimé (un classique), qu’il avait eu une crampe au cerveau et que ce qu’il essayait de dire, en fait, c’est qu’il avait toujours peur de frapper les cyclistes ! (ben oui André, on te croit).

Bien évidemment, ce genre de propos qui incitent à la violence sont inacceptables et profondément choquants. Il n’en demeure pas moins que la pensée formulée par André Arthur est (malheureusement) partagée par beaucoup de gens. Il s’en trouve toujours pour maudire les méchants cyclistes et penser quelques instants à quel point il serait libérateur d’en « accrocher un par accident ».

A mes heures je suis un cycliste, surtout l’été et l’automne. Je lève d’ailleurs mon chapeau à tous ceux et à toutes celles qui se déplacent en vélo à longueur d’année, beau temps, mauvais temps. J’adore pouvoir enfourcher un BIXI et me rendre au travail, les cheveux au vent (sous mon casque bien sûr, « safety first » tsé). Aucun doute, le vélo est un moyen de transport pratique, abordable et non-polluant.

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Cependant, je sais aussi qu’on fait parfois la vie dure aux cyclistes, particulièrement à Montréal. Que ce soit les routes plombées de nids de poule dignes de Bagdad, le nombre insuffisant de voies cyclables ou encore la cohabitation souvent houleuse avec les automobilistes sont des obstacles au fait de rouler en paix et en sécurité sont nombreux.

Que celui (ou celle) qui n’a jamais failli être victime d’emportiérage me jette la première pierre ! C’est lorsqu’une porte d’automobile s’ouvre à quelques millimètres de notre guidon qu’on réalise une chose : certes, je n’ai peut-être pas l’air du crayon le plus aiguisé de la boîte avec mon casque, mais cet objet peut sauver ma mine !

J’ai souvent de la difficulté à comprendre comment on arrive à si mal cohabiter sur les routes. À chaque jour, des altercations, des incidents et des accidents surviennent entre les piétons, les cyclistes et les automobilistes. Soyons clairs : personne n’a le monopole de l’idiotie sur la route. Des piétons qui traversent sans avertissement en plein milieu de la route, ça existe. Des automobilistes qui collent beaucoup trop près les cyclistes, ça existe. Des cyclistes qui se pensent au Tour de France et qui pensent que le Code de la route a été abrogé, ça existe aussi.

Au final, on est tous responsables de notre conduite, que l’on se déplace sur quatre roues, deux roues ou deux jambes. Mettre la vie des autres en danger n’est pas une option. Encourager les gens à mettre la vie des autres usagers de la route en péril l’est encore moins. La prochaine fois, M. Arthur, tournez donc votre langue sept fois dans votre bouche avant de parler ! Ça réduira le nombre de dérapages sur nos ondes… et sur nos routes !

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