Chronique théâtre : Les Assoiffés

C’est jeudi dernier qu’avait lieu la grande première d’Assoiffés au Théâtre Denise-Pelletier. Produite par le Théâtre Le Clou en 2005, cette pièce, née de la rencontre entre l’univers de Wajdi Mouawad et celui de Benoît Vermeulen, a depuis foulé les planches de nombreuses contrées européennes et conquis le cœur de nombreux adolescents.

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C’est en effet pour eux que cette œuvre a été créée, quoique son propos ait une portée somme toute assez universelle. Le questionnement existentiel, le désir brûlant de trouver un sens à sa vie sont en effet bien loin d’être des préoccupations exclusivement adolescentes. Qui ne s’est jamais réveillé en se demandant pourquoi il fallait encore se lever ce matin, prendre l’autobus et se rendre au boulot ? C’est justement le questionnement qui tenaille Murdoch depuis son réveil, un certain matin d’hiver. Pour lui, plus rien ne fait de sens et un flot de paroles se met alors à jaillir, un flot impossible à arrêter. Il questionne absolument tout, crie, jure, bref fait tous les temps avec tous ceux qui l’entourent (sa famille, les gens qu’il croise dans la rue, ses collègues de classe et ses professeurs). Il veut des réponses que malheureusement personne ne peut lui donner.

Puis, il y a Norvège, une jeune fille qui refuse de sortir de sa chambre malgré les supplications de ses parents, et qui refuse même de leur adresser la parole. Enfin, il y a Boon, un anthropologue judiciaire qui agit à titre de narrateur de l’histoire de Murdoch et de Norvège. C’est lui qui décortique, pour les spectateurs (il s’adresse d’ailleurs directement à eux), cette histoire aux allures d’enquête policière tantôt très terre à terre tantôt plutôt fantastique.

De l’ingénieuse mise en scène (on ne change jamais de décor, mais on se transporte pourtant en plusieurs endroits différents grâce à la projection d’images diverses) au langage très cru du personnage principal, en passant par l’utilisation répétée d’instruments de musique pour le moins originaux, tout a été mis en place pour interpeller le public adolescent. On prévoit néanmoins quelques débordements de leur part à certains moments plus intenses de la pièce.

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Chapeau aux trois comédiens (Philippe Thibault-Denis, Rachel Graton et Francis La Haye), qui sont tous trois très convaincants dans leurs rôles respectifs et qui jouent même quelques personnages secondaires !

Chose certaine, c’est là une œuvre qui ne laisse pas indifférent et qui porte certainement à la réflexion. Ceci étant dit, si vous aviez envie d’un divertissement plutôt léger qui allait vous permettre de vous évader le temps de quelque 90 minutes, ce n’est pas ici que vous le trouverez. Mieux vaut y entrer en sachant que la légèreté ne sera pas exactement au rendez-vous !

 

*À l’affiche jusqu’au 25 février (matinées scolaires et soirées grand public).

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