Quand le monde du sport discrimine les femmes

En 2015, le magazine Sports Illustrated révélait que la Fédération américaine de soccer allouerait un bonus de 75 000 $ à chaque membre de l’équipe de soccer féminine présente au Mondial en cas de victoire. Le bonus pour les membres de l’équipe masculine en cas de victoire lors de la même compétition ? 425 000 $ par joueur, soit 5,6 fois plus que leurs comparses féminines.

Bien que nous soyons en 2017, l’égalité entre les hommes et les femmes est encore loin d’être atteinte dans plusieurs sphères de notre société, et le monde du sport n’y fait pas exception.

Pourtant, les valeurs prônées par le sport incluent le dépassement de soi, l’esprit sportif, l’excellence, le plaisir, le respect, l’épanouissement et la justice, cette dernière sous-tendant l’honnêteté, la confiance mutuelle, mais surtout l’égalité.

Malheureusement, les considérations économiques, les stéréotypes et les mentalités archaïques tenaces continuent de mettre des bâtons dans les roues à plusieurs femmes qui souhaitent se tailler une place dans le monde du sport. Que ce soit comme athlètes, arbitres, entraîneuses ou journalistes/présentatrices sportives, les femmes subissent encore très souvent de la discrimination.

Les athlètes féminines peinent à obtenir de la visibilité, contrairement à leurs confrères masculins. On connaît par exemple très bien les grandes ligues professionnelles masculines comme la NHL (National Hockey League) et la NBA (National Basketball Association). En revanche, on n’entend pratiquement jamais parler de la WBNA (Women’s Basketball National Association), de la CWHL (Canadian Women’s Hockey League) ou encore de la NWHL (National Women’s Hockey League).

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Avec une visibilité frôlant le zéro absolu, il est difficile pour les circuits féminins d’attirer les foules, les commanditaires et les diffuseurs. Conséquemment, les revenus sont faibles et les salaires offerts aux athlètes féminines sont risibles comparativement à ceux que touchent les athlètes masculins des grandes ligues.

L’exception à la règle est le tennis, où la parité règne entre le circuit féminin et le circuit masculin. Mêmes bourses et même visibilité pour tout le monde ! Un bel exemple à suivre.

Qu’en est-il des femmes qui souhaitent devenir arbitres ou entraîneuses dans le sport professionnel ? Tout n’est pas noir, puisque des progrès notables ont été réalisés au cours des dernières années. Par exemple, en janvier 2016, les Bills de Buffalo ont nommé Kathryn Smith à un poste d’entraîneuse lié aux unités spéciales. C’est la première femme dans l’histoire de la National Football League (NFL) à occuper un poste d’entraîneuse à temps plein. Une année auparavant, les Cardinals de l’Arizona avaient embauché Jen Welter au poste d’entraîneuse adjointe pour le camp d’entraînement de l’équipe.

Sarah Thomas, quant à elle, est devenue, en 2015, la première femme arbitre dans la NFL.

Au basketball professionnel (dans la NBA), la première femme nommée arbitre l’a été en 1997. Depuis, deux autres femmes ont occupé un poste du genre au sein de la ligue.

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Malgré les progrès réalisés, les préjugés et les stéréotypes persistent et ces femmes font très souvent l’objet de gestes et de commentaires disgracieux. Un exemple ? Alors que les Bills de Buffalo jouaient à Seattle, un partisan de l’équipe hôtesse a crié ce qui suit à Kathryn Smith : « Hey waitress ! Waitress ! Waitress, can I have a Pepsi, please ? ». Autrement dit, tu n’as pas ta place dans une équipe de la NFL ma chère, retourne dans la cuisine !

Les journalistes et présentatrices sportives doivent également composer avec ce genre de comportement au quotidien, particulièrement sur les médias sociaux. Certaines d’entre elles sont carrément victimes de harcèlement et reçoivent des dizaines de commentaires haineux, sexistes et violents sur Twitter ou Facebook. Commentaires du genre : « One of the players should beat you to death with their hockey stick. » ou bien encore « I hope you get raped .»

Qu’est-ce qui peut bien justifier des commentaires sexistes et misogynes d’une telle violence ? Pourquoi pense-t-on encore que les femmes connaissent forcément moins bien le sport que les hommes ? Pourquoi sont-elles prises moins au sérieux que leurs collègues masculins ?

Ce qui devrait importer, ce n’est pas le sexe de la personne, mais plutôt ses compétences, sa personnalité et son expertise. Combien de commentateurs sportifs masculins ont de la difficulté à formuler une phrase complète, mais sont pourtant dans nos télévisions chaque semaine ? Beaucoup trop.

Il faut se débarrasser une fois pour toutes de cette mentalité de « chasse gardée », de « club sélect réservé aux hommes » et donner la chance aux femmes de faire leur place dans le monde du sport.

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Parce qu’après tout, comme le disait le philosophe Charles Fourier : « Partout où l’homme a dégradé la femme, il s’est dégradé lui-même. »

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