Mon frère a fait partie des statistiques

Au Québec, il y a actuellement environ 1 200 personnes qui attendent un don d’organe. Ces gens ne sont pas que des chiffres sur votre écran. L’un d’entre eux était mon frère.

Il y a trois ans, jour pour jour, je me suis fait réveiller vers 4 h 30 du matin pour me faire annoncer que mon frère n’était plus de ce monde…

Ses reins venaient d’abdiquer. Après plusieurs années de bataille féroce contre la mort, son corps avait rendu les armes, empoisonné de l’intérieur.

Je ne suis pas ici pour vous parler de mon deuil, mais plutôt de la souffrance qu’il a dû endurer, qu’ils doivent endurer…

Quand je lis les statistiques et les articles sur le don d’organes, on y parle surtout de l’économie monétaire que ce dernier apporte à l’État. En effet, de garder des individus malades à l’hôpital coûte cher contrairement à un don d’organe. Certes, il s’agit d’un argument de poids. Cependant, après avoir vécu des années auprès d’une personne en attente d’un don, je peux vous confirmer hors de tout doute qu’outre l’argent économisé collectivement, le don d’organes permet d’éviter des souffrances inimaginables aux malades et à leurs proches.

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Saviez-vous qu’une seule personne peut sauver la vie de huit individus en attente d’un don ainsi que redonner la santé à quinze autres personnes ? Autrement dit, en signant votre carte, vous pourrez aider jusqu’à 23 personnes et leurs proches. Vous continuerez ainsi à vivre à travers une panoplie d’individus; vous serez en quelque sorte immortel.

Malheureusement, seulement 1 % des Québécois qui décèdent à l’hôpital font le don de leurs organes. Notre province et notre pays traînent de la patte derrière la France, l’Espagne et les États-Unis.

D’ailleurs, en janvier 2017, la France a changé sa règlementation concernant les dons d’organes. Maintenant, les personnes majeures ne voulant PAS donner leurs organes doivent s’inscrire à un registre. Autrement, le consentement est présumé et la famille ne peut s’y opposer. Auparavant, la famille pouvait exercer un droit de veto et cela fait en sorte que 1/3 des dons d’organes ont été annulés du au refus de la famille, malgré le consentement du donneur.

Au Québec, notre réglementation est à l’inverse. Si nous voulons donner, nous devons le signifier en nous inscrivant au registre de don d’organes et de tissus ou en signant notre carte d’assurance maladie et la famille a le droit de s’opposer au don, malgré notre consentement. Pourquoi ne suivons-nous pas le modèle français ?

Certaines personnes repoussent cette signature, par superstition, par insouciance ou par oubli. Pourquoi ne pas plutôt demander à ceux qui ne veulent PAS donner de le signifier ? Cela n’impose aucun don, mais cela en augmenterait le nombre.

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Pour ce qui est du consentement de la famille, pour une personne mineure, je peux comprendre. Lorsqu’il s’agit d’un individu majeur, je ne vois pas pourquoi le consentement familial doit être requis. Demandons-nous l’approbation de la famille concernant le testament et les dernières volontés d’une personne ? Non.

Le don d’organes peut s’avérer être un sujet controversé et sensible. Je vous invite donc à en discuter avec vos proches, que vous vouliez donner ou non. Si vous avez l’intention de faire un don, n’oubliez pas de signer votre carte et/ou de vous inscrire au registre.

Si vous voulez en savoir plus sur ma position face au don d’organes, je vous invite à écouter cette vidéo :

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