« 100 jours sans viande »: guide du végétarisme progressif

(c) Crédit: Marie Astrid Jamois
(c) Crédit: Marie Astrid Jamois

Depuis quelques années, les tendances en alimentation se modifient. On a qu’à observer le nombre de nouveaux régimes alimentaires (végétarien, végétalien, paléo, crudivore, sans gluten, etc.) pour s’en convaincre. Les scientifiques de l’OMS posent ce constat: la consommation de viande est nocive pour la santé pour ses propriétés cancérigènes, entre autres. Il semble donc normal que certains spécialistes se penchent sur ces types d’alimentation alternatives de l’alimentation carnée afin de les tester, puis de les analyser. C’est ce qu’a fait Aline Perraudin, rédactrice en chef du mensuel français Santé Magazine et auteure du livre 100 jours sans viande. Celle qui était jadis une grande carnivore, par tradition, a délaissé peu à peu de la viande pour témoigner de son expérience.

Élevée dans une famille agricole, Perraudin a toujours baigné dans un environnement où les animaux étaient élevés sur place, dans un environnement libre et attentionné, aux bons soins de ses proches. Mais une fois arrivée à l’âge adulte, l’aspect éthique a penché dans sa balance.

Elle s’acclimate ensuite à son nouveau régime, d’abord silencieusement pour ne pas avoir à se justifier auprès de ses collègues omnivores. On apprend rapidement que chez certains, l’opinion sociale influence encore l’adoption d’une nouvelle alimentation, chose que l’auteure déconstruit à l’aide de ses relations interpersonnelles, dont son copain qu’elle nomme affectueusement son « boeuf-lover », l’image type d’un amoureux de steak saignant et de burgers dégoulinants.

À chacun des chapitres, Perraudin répond à des questions que toute nouvelle végétarienne ou flexitarienne progressives se pose: pourquoi arrêter de manger de la viande? Par quoi remplacer la viande? Comment se « décontaminer » de ses passions carnivores? Est-ce possible d’être végétarienne et de ne rien sacrifier, culinairement parlant? Comment choisir des restaurants et commerces qui plairont à tous types de mangeuses? Elle y parvient sans imposer ses croyances, informe et convainc sans tyrannie. Me considérant moi-même comme une flexitarienne – aka semi-végé jusqu’à ce que j’aie un craving de tartare – ce livre m’a fait prendre conscience d’une tonne de choses. Bien sûr que je savais que les animaux destinés à être mangés sont traités avec cruauté, mais elle pousse la réflexion avec des arguments environnementaux et nutritionnels. Avec ces réponses en poche, difficile de ne pas sourciller quand tu observes des cuisses de poulet rôtir lentement au four (inspiré d’une histoire vraie).

Au final, ce bouquin est là pour déconstruire le mythe du végétarien anémique, du végane mangeur de salades. Il est un outil indispensable pour ceux qui songent à se convertir au végétarisme, ne serait-ce qu’à temps partiel. Des tableaux de valeurs nutritionnelles de protéines végétales – connues ou inédites – sont aussi offerts pour celles qui ont besoin de chiffres.

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Titre : 100 jours sans viande
Verdict: Boucle excellent
Note: 8/10
Genre: Essai
Traduit par : N/A
Auteur : Aline Perraudin
Éditions : Éditions Édito
Publication: mai 2016
Collection: N/A
Prix: Papier 22,95$ | Numérique 15,99$

Légende: Médiocre – 1 à 3 | Bof-Passable – 4 à 5 | Bon 6 à 7 | Excellent 8 à 9.9 | Parfait – 10

Dans cet article, le féminin est utilisé sans discrimination des genres, pour alléger le texte. 

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