Un mois sans alcool, ça fesse (pas)

Comme bien des courageux(ses), j’ai participé pendant février au Défi 28 jours sans alcool. Évidemment, vu que ma vie est une succession de bad luck, j’ai choisi de relever le défi l’année où le calendrier s’allonge. Un jour de plus, c’est pas la fin du monde. Sauf quand t’attends un chèque.

J’en avais assez d’être prise dans un certain cercle vicieux de métro-boulot-bière-souperavecbière-bière-dodo. C’est vrai, ma consommation d’alcool a augmenté exponentiellement depuis que je vis en appartement, comme si la liberté qui venait avec l’émancipation des parents venait avec un (deux) p’tit(s) verre(s) de brandé.

J’ai fait quelques constats pendant ce mois de réflexion-là que je tiens à partager avec vous, parce qu’on va se le dire, à défaut de boire, j’ai eu le temps de penser en masse. Sans parler des traditionnels avantages de la chose (économies substantielles, pas de hangover), il y a clairement certains petits trucs qui me sont passés sous le nez toutes ces années sans même que je m’arrête pour les observer.

D’abord, je n’avais jamais réalisé à quel point on voue (inconsciemment) un culte à l’alcool. Un parté entre amis? De l’alcool. Un souper pour fêter l’anniversaire ou un accomplissement personnel/professionnel d’un(e) ami(e)? De l’alcool. Une date en couple? De l’alco-hôl. Soirée de girls? Vino. Juste boire un verre pour décompresser? Enweille minou, on s’en va à la Régie. Je comprends, tout passe mieux avec un p’tit verre dans le nez. Reste que passer une soirée sans alcool est aussi inconcevable à mon âge que d’acheter un chalet dans les Cantons-de-l’Est pour élever un troupeau de lamas. Ok, l’exemple est exotique, mais le parallèle est si peu exagéré.

Ensuite, je n’avais pas pensé qu’on me féliciterait à ce point. J’ai été à quelques évènements festifs avec des ami(e)s où l’alcool coulait à flot. Je traînais ma gourde pis mon thermos de thé vert, comme une sobre personne qui se respecte dans son hydratation. Si j’avais à donner un truc, c’est d’avoir un verre en tout temps dans sa main. De l’eau, du jus, une boisson gazeuse, du thé, peu importe! Votre Red Solo Cup sera peut-être pas utilisée pour jouer au beer pong, mais elle reste tout aussi parté! J’ai aussi eu droit à plusieurs compliments, dont « T’es bonne de faire ça, je suis fière de toi! » ou bien « T’es courageuse de pas boire ». Au début, j’étais flattée, mais après coup, je trouvais ça bizarre, parce que j’ai réalisé que c’est un défi que je me suis lancée à moi-même, pas pour plaire aux autres.

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Puis, j’ai pris conscience de ma consommation au quotidien. Le mois de février reste le moment idéal pour couper le pont entre le temps des Fêtes, où le verre de vin au souper est recommandé dans le Guide alimentaire canadien, et le retour de la routine. J’ai réalisé que mon tempo des Fêtes s’était poursuivi en janvier, ce qui m’a poussée encore plus à modifier mes habitudes. Au final, j’ai même mieux dormi. Ben oui, c’est un des effets secondaires!

Finalement, faut se donner une chance, tant dans la consommation que dans l’abstinence. C’est vraiment bien de ne pas boire, mais il ne faut pas virer fou avec ça, à mon avis. Il saut respecter les choix de chacun. L’alcool reste un très valeureux lubrifiant social, qui peut donner un p’tit coup de main aux personnes un peu gênées. J’ai même « triché » en prenant quelques verres avec des amis lors d’une soirée d’impro, après avoir reçu une bonne nouvelle et passé une semaine stressante au boulot, simplement pour souligner le travail réalisé, et je ne suis pas morte pour autant. J’pensais jamais dire ça un jour, mais les pubs d’Éduc Alcool ont ça de vrai: la modération a bien meilleur goût.

Bref, le mois sans alcool, y’a rien là. Je vous encourage à participer l’année prochaine, vous verrez à quel point ça t’change une perspective, toé chose!

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