Abigaëlle et le date coaching : un délice


Êtes-vous tannés de répondre à la question suivante : et puis, toujours pas d’homme dans ta vie? À une époque, Stéphanie Bourgeault-Dallaire l’était aussi, et de cette question est née une belle série : Abigaëlle et le date coaching. Une romance légère et rafraîchissante pour redorer le blason de la chick-lit un peu blasante des dernières années.

Abigaëlle pense trop et en fait trop. Elle est over the top quand il s’agit de trouver l’amour de sa vie. Épilation à la cire, spray tan, lingerie, rien n’est trop cher pour paraître à son meilleur, même lors de rendez-vous peu prometteurs. Le verdict tombe : Abigaëlle Michaud a le fémur affectif brisé. Exaspérée de voir celle-ci rejeter les hommes un après l’autre sous prétexte d’avoir reçu un «signe», sa mère et ses soeurs l’inscrivent en cachette à un atelier de date coaching. L’optométriste de 32 ans réussira-t-elle à réparer son fémur affectif?

11012784_483934831772682_6157057625756470239_n
Crédit : Page Facebook de Stéphanie Bourgeault-Dallaire

Le truc avec Abby, c’est qu’elle voit des signes partout. Une feuille tombe? C’est un mauvais présage. Une sonnerie de téléphone l’interrompt? Signe qu’il faut passer à autre chose. Habitude parfaite pour se trouver des excuses au lieu de regarder la vérité en face, et dieu qu’elle réussit à en trouver. Au début rebutée par la démarche de sa famille, Abby s’ouvre peu à peu et apprend au contact du coach, Éric, qu’elle choisit son homme comme elle magasine un jeans.

Je suis tombée en amour avec Abby, ce charmant personnage dont le plus gros problème est l’Overthinking. (Bonjour, je m’appelle Alexandra et je suis une overthinkqueuse aussi.) Ce qui crée des situations parfaites pour ce type de littérature. On tombe aussi en amour avec la famille Michaud, où les liens sont tricotés serrés, encore plus depuis la mort du patriarche. Sans tomber dans le mélodrame, on perçoit l’impact qu’a eu ce décès sur Abby et sa famille. Une bonne idée de l’auteur.

Au sein de ces courtes 216 pages, Stéphanie Bourgeault-Dallaire nous présente une héroïne imparfaite, dans laquelle je me suis bien reconnue. Une héroïne qui apprendra « [qu’]avoir le contrôle sur sa vie ne veut pas dire contrôler tout.» Elle gagnerait aussi à lâcher prise.

Publicité

Dotée d’une plume savoureuse, d’un punch sans pareille et d’un humour panaché, Stéphanie a écrit une histoire simple frappant dans le mille grâce à des scènes courtes. Ce qui crée un rythme rapide où l’on ne s’ennuie pas. Elle laisse place à l’imagination du lecteur et garde le côté humain des relations amoureuses, amicales et familiales. Même chose pour le lieu, on ne sait pas si l’action se passe à Montréal ou ailleurs, ce qui permet au lecteur de décider de la destination. Personnellement, j’adore.

Crédit : Page Facebook de Stéphanie Bourgeault-Dallaire

Il y aussi un certain Guillaume Turmel. L’histoire aurait gagné à ce que ce personnage soit décrit un peu plus en profondeur, mais il fait amplement le travail. Tel un bûcheron urbain (c’est le descriptif que j’ai eu en tête quand je me le suis imaginé et non ce n’est pas péjoratif), Guillaume déstabilise l’univers rangé et foufou d’Abigaëlle. Il est joueur et surtout très très très patient. Ce Guillaume me fait penser à Frank (Tas de poil) de Caps d’acier et talons hauts écrit par Johanne Pronovost. Un de mes meilleurs personnages masculins à vie.  Il n’y a pas un personnage qui n’est pas attachant.

Et s’il y avait une phrase pour bien résumer ce livre, ce serait celle-ci : le monde est petit.  La vie de tous les jours nous le montre et Abigaëlle n’y fera pas exception. Point bonus pour une couverture vraiment jolie et un format sans longueur, même si on en prendrait plus.

Abigaëlle et le date coaching est un livre rafraîchissant avec une trame typiquement chick-lit. Exit le trio d’amis composé d’un homosexuel et d’une croqueuse d’hommes, exit l’ami d’enfance qui revient dans les parages. Un retour aux valeurs et scènes familiales délaissées beaucoup trop longtemps en chick-lit au cours des dernières années, au profit des 5 à 7. Allô les brunchs familiaux du dimanche matin.

J’aurais sérieusement pu finir ce livre en moins de deux heures tellement il est succulent, mais j’ai plutôt fait durer le plaisir sachant que le deuxième tome ne sort que le 17 octobre prochain.

Publicité

Faites-vous partie du groupe d’Overthinkqueuses dans la vie, ou en amour, comme moi?

P.S Stéphanie, arrête de t’inspirer de ma personnalité pour Abigaëlle ;-) haha

Stéphanie Bourgeault-Dallaire signe aussi une chronique hebdomadaire sur canoë intitulée Conseil de drague.

« Garder le contrôle de sa vie, ça ne veut pas dire garder le contrôle sur tout. » – Extrait.

  • Verdict : Boucle Excellent
  • Note : 9,5/10
  • Parution: 18 mars 2015
  • Genre : Littérature québécoise, Chick-lit
  • Éditions : Libre Expression
  • Collection: Abigaëlle et le date coaching
  • Prix:  Papier 22,95 $ | Numérique 15,99$ 

Légende: Médiocre – 1 à 3 | Bof-Passable – 4 à 5 | Bon 6 à 7 | Excellent 8 à 9.9 | Parfait – 10

Publicité

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour haut de page