Action Femen à la F1 : une mise en contexte

Dans cet article, le féminin est utilisé sans discrimination des genres, pour alléger le texte.

À la suite de l’action Femen du 4 juin dernier, Boucle Magazine vous offre un dossier sur la question. Deux de nos blogueuses prennent position, une en faveur de l’action Femen, l’autre contre. Leurs textes seront publiés dans les prochains jours, restez à jour sur notre page facebook. Vous aurez également accès à une entrevue exclusive avec Delphine Bergeron du mouvement Femen. Avant tout, je vous offre une petite mise en contexte sur leur action.

Jeudi dernier, deux Femen ont perturbé les festivités du Grand Prix de Montréal, afin de dénoncer l’exploitation sexuelle et l’objectification du corps des femmes à des fins commerciales. En effet, le Grand Prix engendre une hausse du tourisme sexuel à Montréal et l’emploi de femmes pour accompagner la panoplie de marchandises sur la rue Crescent a fait dire à plusieurs que le Grand Prix s’était transformé en « festival du sexisme ».

Les jeunes femmes de 29 ans, Rocio Valencia et Neda Topaloski, ont scandé « Montreal is not a brothel! [Montréal n’est pas une maison de prostitution!] » seins nus, comme le veut la coutume Femen. Leur action a suscité de vives réactions. La plus primaire était sûrement celle de l’employé du Grand Prix qui affirmait que « ça [la voiture] vaut plus cher qu’elle [Neda Topaloski] », commentaire symptomatique de la marchandisation des femmes dénoncée par les Femen (voir le vidéo ci-dessous). Les agents de sécurité ont ensuite mis la femme à l’écart en employant des tactiques à la légalité douteuse. Les deux femmes seront accusées d’avoir troublé la paix et d’avoir commis une action indécente.

Quoique les moyens employés par les Femen fassent l’objet d’un débat au sein de nos pages, nous sommes obligées de constater que le problème qu’elles dénoncent est bien réel. Montréal est une ville clef du tourisme sexuel en Amérique du Nord, avec une spécialité régionale pour la prostitution juvénile. À l’occasion du Grand Prix, de nombreuses adolescentes fuguent des centres jeunesse pour trouver du travail en ville. Une intervenante du projet Mobilis confiait qu’« [e]lles ont des horaires épouvantables. À 14 ans, il y a des filles qui commencent à 15h pour finir à 3h du matin. Elles font 12 heures, parfois plus. » L’inspectrice-chef Johanne Paquin affirme que le Service de police de la Ville de Montréal applique la nouvelle mesure législative criminalisant l’achat d’actes sexuels, adoptée en novembre 2014, en marge du Grand Prix : « [l]es gens qui ont l’intention d’acheter des services sexuels ce week-end ont beaucoup plus de chance de passer leur week-end dans nos cellules que sur le site du Grand Prix ». Sur leur compte facebook, les Femen ne sont pas si sûres de l’efficacité des forces policières.

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Nous vous proposons maintenant une réflexion sur la méthode utilisée par les Femen. Est-ce qu’utiliser son corps pour dénoncer l’instrumentalisation sexuelle est légitime ou paradoxal? Nadine Massie s’exprime pour et Jessica Paquin, contre. Écoutez aussi notre entrevue avec Delphine Bergeron des Femen.

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