Mélanie Léonard : pour l’amour de la musique

À 36 ans, l’authentique et polyvalente chef d’orchestre Mélanie Léonard a une feuille de route impressionnante. Rencontre avec une artiste profondément amoureuse de la musique et animée par un désir et une curiosité insatiable à repousser ses propres limites et celles de son art.

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Mélanie Léonard a été directrice artistique du Chœur Classique Vaudreuil-Soulanges et de l’Orchestre à cordes de l’École des jeunes de l’Université de Montréal. Elle est la fondatrice, directrice artistique et chef de Prima, un ensemble de chambre montréalais voué au répertoire des 20e et 21e siècles. Après avoir été chef en résidence et chef associée du Calgary Philharmonic Orchestra de 2009 à 2013, elle rayonne comme chef invitée de diverses formations. Elle dirigeait d’ailleurs l’Orchestre de chambre I Musici de Montréal les 20, 21 et 22 mars à la salle Tudor du Ogilvy, avec une vigueur et une grâce qui lui sont propres.

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Née à Montréal d’une mère professeure de maternelle et d’un père vétérinaire, Mélanie Léonard a grandi à Valleyfield. Les arts et la musique sont présents depuis sa tendre enfance. Alors que Mélanie était au primaire, une harpiste professionnelle est venue présenter son instrument. « J’ai été complètement fascinée, j’ai voulu apprendre la harpe. Pour diverses raisons j’ai finalement opté pour le violon. », explique-t-elle. Elle fera son cégep en arts et lettres, avec un profil majeur en arts visuels ainsi qu’un profil mineur en théâtre. Le tout parallèlement à des études de violon à McGill.

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Mélanie Léonard a ensuite obtenu un baccalauréat en techniques d’écriture de l’Université de Montréal et a complété une maîtrise en direction d’orchestre à la Hartt School of Music (University of Hartford) où elle a étudié avec Maestro Christopher Zimmerman. Elle a obtenu par la suite un doctorat en direction d’orchestre de l’Université de Montréal sous la tutelle de Jean-François Rivest et Paolo Bellomia, un programme que les deux chefs supervisent depuis 1999.

Pourquoi avoir fait le choix d’une carrière de chef d’orchestre plutôt que de violoniste?

Pour le leadership que cela nécessite. La direction d’orchestre combine plusieurs éléments qui intéressent la jeune femme. « J’ai toujours aimé faire de la recherche d’idées, m’entourer d’une équipe. En me questionnant sur ce que je voulais faire, ce que j’aimais faire, j’ai réalisé que cela me correspondait peut-être plus que violoniste interprète. J’ai bifurqué vers la direction d’orchestre et je n’ai jamais regardé en arrière. » explique-t-elle.

Également pour l’élément de partage qu’implique la musique orchestrale. « J’adore partager ma passion avec plusieurs personnes. Une chimie s’établit avec les musiciens, puis nous transmettons cette synergie au public. Cette expérience vivante avec le public est quelque chose de particulier. » poursuit-elle.

C’est une Mélanie fougueuse et tout sourire qui se présente les bras ouverts devant les quinze musiciens de l’Orchestre I Musici et le public attentif de la salle Tudor. Il est indéniable qu’elle aime ce qu’elle fait. Tout en mouvement, elle danse, valse au son de la musique italienne au programme. « Je ne mets pas de masque, c’est moi. Je m’abandonne. »

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C’est sincèrement de toute beauté de la voir diriger.

Pour devenir la talentueuse artiste qu’elle est, Mélanie s’inspire de grands maîtres provenant de divers domaines. L’un de ses chefs d’orchestre préférés est l’américain Léonard Bernstein, « un grand génie de notre époque », se plait-elle à le qualifier. Né à Lawrence (Massachussets) en 1918 et mort à New York en 1990, il fut durant onze années le directeur de l’Orchestre philharmonique de New York. Nous lui devons également la composition de la célèbre comédie musicale West Side Story. Mélanie Léonard a écouté bon nombre de ses enregistrements et vidéos. « Il y avait une telle sincérité dans son approche. Et que dire de sa présence! »

L’artiste serbe de performance Marina Abramovic lui est également source d’inspiration constante pour l’importance du geste musical à ressentir et la nécessité de l’abandon à l’instant présent. « Je l’adore, sa démarche m’inspire. Notamment l’aspect d’artiste dans le moment présent. La musique est un art qui se déroule dans le temps, chaque instant est un instant présent. Toute son œuvre, son intégrité me parlent. C’est une femme remarquable. » Abramovic étudie les frontières du potentiel physique et mental à travers ses performances. Elle est l’objet d’un documentaire réalisé par Jeff Dupre et Matthew Akers intitulé Marina Abramović: The Artist Is Present (2012).

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Mélanie Léonard s’intéresse non seulement à une pluralité de formes artistiques, mais expérimente également divers styles musicaux. En 2007, elle dirigeait le spectacle de Colin James à la Salle Wilfrid Pelletier dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal. Depuis, elle a été réinvitée pour diriger les spectacles de Pink Martini et de Nikki Yanofsky.

Il est inconcevable pour Mélanie Léonard de faire carrière en ne faisant qu’une seule chose. Tous ces genres de musique lui ressemblent d’une manière ou d’une autre. « Je fais du jazz, de la pop, du classique et du contemporain. Ce sont des énergies différentes, des défis différents. Ce sont des salles et des publics différents. Chaque expérience est aussi gratifiante l’une que l’autre. » Elle n’écoute pas seulement du classique à la maison, mais bien du jazz et de la pop aussi. « Je ne vois pas pourquoi et comment je couperais ça. »

Bref, Mélanie aime la musique avec un grand M.

Un nom à surveiller dans les prochaines années.

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