Diego Star navigue vers le succès

Le premier long métrage du réalisateur Frédérick Pelletier nous plonge dans un univers brute et injustement sombre. Diego Star est un drame remarquable dont la réalité humaine du propos est prenante.

Le Diego Star, cargo en ruine naviguant sur le Saint-Laurent, subit un incident majeur dans la salle des machines. Une enquête interne est alors entamée et Traoré, un mécanicien ivoirien est alors injustement accusé. Le bateau est remorqué au chantier maritime de Lévis. Trois semaines sont prévues pour les réparations. Entre temps, l’équipage est hébergé par la population. Traoré habitera chez Fanny, une jeune mère monoparentale. L’ivoirien crie à l’injustice, un peu trop fort au goût de ses patrons qui vont le licencier sans préavis ni dédommagement. Traoré cache son congédiement à Fanny. Lorsqu’elle comprend qu’elle ne sera pas payée, la jeune mère chasse brutalement le marin. Rien ne va plus pour l’Africain qui s’enfonce dans l’hiver québécois.

Issaka Sawadogo (L’Envahisseur, Si le vent soulève les sables) se révèle dans ce rôle touchant de mécanicien africain. L’acteur habite la détresse et la tristesse jusque dans son regard. Il a d’ailleurs remporté le prix du jury de la section Focus au dernier Festival du Nouveau cinéma pour sa sublime interprétation. D’une belle retenue, Chloé Bourgeois (Tout est parfait), est à la fois fragile et intense. L’humanité de leur rencontre est troublante d’authenticité.

Le décor est dépouillé d’artifice et la musique quasi inexistante. Notons le travail du directeur de la photographie, Philippe Roy, qui exprime admirablement le contraste entre le froid glacial du Québec et les intérieurs sombres.

Le film coproduit par la société canadienne Metafilms inc. et la maison belge Man’s Films Productions prendra l’affiche le 6 décembre sur nos écrans après avoir foulé les écrans du monde entier. Le Chili, Genève, l’Australie, Copenhague et Lille ont pu être témoin cette histoire universelle.

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Frédérick Pelletier avait précédemment réalisé les courts métrages L’hiver longtemps et L’air de rien.

Sans être un grand chef d’œuvre, ce premier long métrage confirme que le jeune réalisateur a certainement quelque chose à dire et qu’il n’a pas fini de nous émouvoir.

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