Comment je suis devenue touriste: le guide de l’anti-conformisme

Seriez-vous prêts (es) à sacrifier une partie de votre bonheur et de votre confort par respect pour vos convictions?

Jusqu’au 6 septembre, à La Petite Licorne, les Biches Pensives présentent la pièce Comment je suis devenue touriste. Une comédie rocambolesque parodiant les touristes, mais questionnant aussi le militantisme. Annie Darisse et Dominique Leclerc interprètent   le personnage d’Alexandra Dorion-Jolicoeur, une joyeuse disjonctée.

Crédit Photo: Jérôme Leclerc
Crédit Photo: Jérôme Leclerc

Après s’être fait larguer par son copain, la jeune trentenaire décide de lever les voiles. Parcourant les États-Unis à pied, son but ultime: mener un combat contre le tourisme abrutissant. La pièce se situe un an plus tard, alors que sa « conscience » revendicatrice revient la hanter, la pressant d’ouvrir le colis qui lui a été livré par on ne sait qui. Celle qui vociférait contre le capitalisme, emmerdant les touristes sur son passage et sabotant leur séjour, se remémore son périple abracadabrant.

Du marécage au braquage d’aéroport

La pièce Comment je suis devenue touriste pose un regard humoristique sur l’engagement social, mais également sur ses limites. La résistance est le mot d’ordre du personnage, se décrivant elle-même comme «une vraie battante», prête à braquer un aéroport pour éviter d’être associée au touriste typique. Se démarquer, se distinguer. Ne pas simplement aller à New York ou Santa Fe, mais opter pour Minnesota ou encore Chickaloon (Alaska). Éviter à tout prix les tout inclus, les activités organisées, les groupes qui contribuent à enrayer «l’autonomie intellectuelle». Voilà ce que s’impose le personnage, incarnant sa propre caricature, ses propres contradictions.

La pièce critique un conformisme capitaliste, s’insurgeant contre l’insouciance du touriste à piétiner d’autres territoires, à profiter de ses plages, à «prendre un morceau de son soleil», sans jamais s’intéresser à la culture du peuple. Elle reflète également cette génération des noms composés et rappelle le militantisme du printemps érable. Une génération idéalisant le rêve d’une société juste et rejetant le mode de vie banlieusard et  la banalité qui semble en découler. Un discours vociférateur, mais conscient et lucide.

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La mise en scène de Michel-Maxime Legault rythme ce périple en 13 courts tableaux énergiques et vraiment très drôle.

Comment je suis devenue touriste au Théâtre La Licorne
Jusqu’au 6 septembre
Pour information, voir le site de La Licorne

Edith Malo
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