HAMSTER : une boule de poil prise dans la gorge

Texte de Marianne Dansereau

Mise en scène de Julien Thibeault et Marie-Hélène Bélanger Dumas

Une lecture, ça fait toujours peur, parce qu’un c’est un test pour l’auteur et le public. C’est un exercice utile, mais qu’on craint parce qu’on sait bien qu’on ne montre pas un produit final fini. C’est une partie de la vision, qui n’a pas pris chair encore, mais créé dans ce but. La partie de la réalisation la plus précieuse, puisqu’elle donne le ton à l’ensemble.

Une fille à la jupe trop courte et son hamster, petit être cheri et chétif. Trois gars, employés dans un Pétro-Canada sur le bord de la route. Une fille qui attend quelque chose qui ne viendra pas, dans un arrêt d’autobus, avec le voisin d’en face qui s’est donné le mandat d’attendre avec elle ce qui n’arrivera jamais. Attendre l’opportunité de se racheter, de racheter sa clairvoyance, une soirée comme une autre où elle l’avait perdue. Ça n’arrivera pas. Les retours en arrière n’arrivent pas comme ça, dans une soirée comme une autre.

Hamster était une lecture avec une simple mise en scène afin de passer le test et d’aérer le texte. C’était un choix judicieux, puisque l’ensemble du sujet était lourd, bien qu’on ne le remarque pas tout de suite. C’est que l’écriture est légère, colorée et drôle, jusqu’à un point de non retour… la conclusion. Jusque-là, c’est bien subtilement que l’angoisse des personnages nous prend par la gorge. Une gorge qui avait pourtant ri jusque-là à grand déploiement. La fin percute, se dévoilant pénible et troublante pour chacun d’eux, pourtant si normaux. Avec un cran dramatique élevé, les deux actrices sont celles qui nous chatouillent du doigt la boule de poil qui s’est formée contre notre gré. Quoique la fin aurait pu avoir un effet plus poignant avec un peu moins d’effet larmoyant, c’est une construction originale avec un ton juste qui s’est donnée pour le très beau texte de Marianne Dansereau ce soir-là, à Zone Homa.

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Crédit photo : Thomas Payette

Lecture présentée le samedi, 20 juillet, 20h

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