Yukonstyle : une route sinueuse

Texte de Sarah Berthiaume

Mise en scène de Martin Faucher

Crédit photo : Valerie Remise
Crédit photo : Valerie Remise

Se perdre dans le fin fond du nord canadien, « au bout du boutte », comme on dit, avec des personnages esseulés et désespérés. C’est la proposition que fait Sarah Berthiaume, auteure de Yukonstyle. Se perdre en soi, ailleurs, avec les personnages… Celle-ci a sans doute été un peu trop prise à la lettre, manipulant le spectateur vers tant de pistes de solitude qu’il est finalement laissé dans un néant dramatique, trop étourdi par le récit pour comprendre exactement où il est et ce qui s’est passé.  

Yuko, une japonaise, exilée à l’endroit où il y a le moins de ses semblables au monde, et Garin, un gars du coin, métis améridien. Ils sont des colocataires paisibles dans leur solitude, jusqu’à ce que Kate, une adolescente impulsive et rocambolesque, soit récoltée sur le bord de l’autoroute, une nuit à -40 degrés celsius, en mini-jupe. Elle est enceinte, n’a nulle part où aller et est donc recueillie chaleureusement (enfin, autant que possible) par Yuko à l’appartement, au grand dam de son confrère qui la prend pour une pute. Il y a aussi Dad’s, le père alcoolique de Garin, qui vit sur les chèques que lui donne son fils.

À partir de ce point, le parcours de chacun est sinueux. La mise en scène aussi. Épurée, elle offre de belles images dans un espace sans frontières, mais qui par contre ne nous laisse pas beaucoup de repères pour un texte qui passe du dialogue à la narration et qui mêle histoires, faits réels, convictions, etc. Au final, il y a tellement de propositions et presque une overdose d’émotions, qu’on peine à saisir le but de la pièce. Si Sophie Desmarais et Cynthia Wu-Maheux livrent des interprétations fortes et précises, Gérald Gagnon et Vincent Fafard ne dosent pas toujours la sensibilité de leur personnage et font trébucher le spectateur dans le mélodrame. Ce qui n’était pas l’intention… au départ en tout cas.

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Présenté au Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 4 mai

Une création du Théâtre d’Aujourd’hui

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