La LNI en entrevue

Dans le cadre des 35 ans de la Ligue Nationale d’Improvisation, Boucle Magazine a eu la chance de rencontrer deux joueurs aux noms composés pour une entrevue.

Marie-Soleil Dion, comédienne. Nominée aux prix Gémeaux dans la catégorie Meilleur premier rôle jeunesse dans Vrak La Vie, sur les ondes de Vrak TV.

François-Étienne Paré, comédien et directeur artistique et administrateur pour la LNI dont il fait partie depuis 1999.
Gagnant du record du monde d’impro : 52 HEURES CONSÉCUTIVES !

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Photographe : Andréanne Lebel

Votre catégorie favorite et pourquoi ?

François-Étienne Paré :

Pour moi, c’est « Sans thème ni cocus ». C’est comme un saut dans le vide. L’arbitre donne juste le nombre de joueurs, la durée, et paf, tu commences l’impro. On n’a aucune idée pour commencer. Partir de rien et construire quelque chose, c’est le plus grand vertige, la plus grande satisfaction quand ça marche.

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Marie-Soleil Dion :

C’est vrai, je suis vraiment d’accord avec François-Étienne. Moi j’aime beaucoup les chantées, surtout ici. Je ne suis pas une chanteuse, mais ici on a parfois l’impression avec Éric Desranleau qui fait un travail formidable, de construire une chanson, avec un refrain. Si je veut une ballade, un country, n’importe quoi, il improvise avec moi et j’ai l’impression d’être une chanteuse. Aussi, c’est une grande scène, c’est vraiment cool. C’est pas toujours le fun les chantées, mais ici à la LNI, elles sont vraiment bonnes.

À quel animal Réal Bossé ressemble-t-il le plus ?

Marie-Soleil et François-Étienne, répondant à peu près ensemble :

Ahh, c’est une bonne question !

(Moi : Merci !) …

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Il a quelque chose du tigre. C’est un animal sauvage, un félin. Ou un guépard, il est grand et élancé, il est énergique, rapide, difficile à dompter. Quand il est en mode compétition à la LNI, il est capable de prendre un joueur, même physiquement, c’est un joueur fort à tous les niveaux. Le lion. Même quand il dort, il a une grande force, c’est le roi de la patinoire, ça fait tellement longtemps qu’il est ici. Il a des cheveux aussi.

Votre joueur préféré ? Et/ou la plus grande qualité d’un joueur ?

Marie-Soleil Dion :

L’écoute à tous les niveaux. Un joueur qui écoute va être à l’aise sur la patinoire et va te puncher dans la face avec quelque chose que tu as dit il y a quatre minutes. Un joueur qui va prendre tous les détails et les ramener, autant pour le fun que pour l’histoire, il peut s’en servir dans toutes les situations. Un joueur qui écoute et qui construit et n’est pas nécessairement pas drôle. Au contraire, il peut être très puncheux !

François-Étienne Paré :

L’écriture, la qualité des textes, être capable d’écrire une histoire en même temps qu’on l’analyse. Tout d’abord qu’est-ce qui est intéressant, qui est important dans cette histoire là. Le joueur qui m’impressionne le plus pour cette qualité est Frédéric Barbusci. Ça fait des années que je le voit jouer, je trouve qu’il se renouvelle avec cette capacité d’analyse-là, ce que ça prend pour énergiser une histoire. Lui se voit souvent comme un joueur interventionniste.

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Qu’est-ce qui vous fait le plus rire dans une impro ?

FÉP : Quand un joueur est dans la marde. Quand on se connaît assez pour voir dans ses yeux qu’il est perdu, quand tu le vois dans son expression faciale qu’il panique et que personne ne peut venir l’aider parce qu’il est dans une situation où il n’y a plus de joueurs qui peuvent embarquer sur l’impro.

MSD : Le désarroi dans le regard de mon partenaire, quand tu sens que c’est vrai, le moment présent, quand t’es vraiment dedans, que tu ne peux pas l’être plus qu’à ce moment-là. Tu n’as même pas 4 secondes pour penser, c’est maintenant !

Vous entrez en mixte avec Yvan Ponton, que faites-vous ?

FÉP : J’aimerais lui faire faire une vraie impro. J’essaierais de jouer avec lui comme avec n’importe quel joueur. Il a toujours refusé, probablement parce que son rôle d’arbitre est tellement ancré, ça fait 35 ans qu’il fait ça, j’aimerais lui permettre d’être autre chose que l’arbitre de la patinoire, alors j’essaierais de le faire jouer.

MSD : Je ne l’ai pas assez côtoyé, alors moi aussi j’aurais envie de jouer avec lui et de faire une impro comme avec n’importe quel acteur.

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Photographe : Andréanne Lebel

La LNI, c’est entre autre chose une improvisation de 20 minutes à la manière de Réjean Ducharme.
Ah, mais précisons : une EXCELLENTE improvisation de 20 minutes à la manière de Réjean Ducharme. Gros défi réussi !

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C’est aussi François-Étienne qui tombe de la bande, dans la foule, qui se blesse et qui revient tout en forme et en humour pour le reste du match.

Overall, c’est beaucoup de moments prenants, merveilleux et impressionnants d’esprit et de grande répartie qui font de chaque match un spectacle unique et incontournable. Je suis pas téteuse, juste une big fat fan, tellement fière que ce sport culturel si populaire soit né dans ma province.

Cette année, vous avez jusqu’au 12 mai, à 15h pour aller voir les matchs et savoir si j’ai raison de louanger la LNI, parce que c’en sera la grande finale. Cliquez pour des détails plus professionnels que les miens sur http://www.lni.ca/.

Longue vie à l’impro !

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