Quelques heures dans la peau d’une habilleuse à la SMM

Source : Montreal In Style

Témoignage — Pour ceux et celles que je connais personnellement et/ou qui me suivent sur Facebook, vous saviez que lundi, le 4 février, je me prêtais bénévolement de main forte à l’habillage dans le cadre des défilés de Mélissa Nepton et Nadya TOTO lors de la 24ème édition de la Semaine de mode de Montréal, à l’Arsenal. Pour les autres, maintenant vous le savez!

Mais en quoi consiste l’habillage?

1. Grosso modo, comme le mot le dit, être habilleur, c’est principalement se charger d’aider les mannequins à se vêtir et les accompagner dans leur préparation, que ce soit en leur servant de support lorsqu’ils enfilent des pantalons, par exemple, ou tout simplement en leur tendant le chandail qu’ils doivent porter sur la passerelle. Être habilleur, c’est aussi analyser les ensembles préétablis par les créateurs et les mémoriser, pour ensuite les reproduire sur les mannequins.

2. Question que le rendement soit rapide et efficace considérant que le temps presse en arrière-scène, l’habilleur se doit d’établir des stratégies qui peuvent paraître anodines au premier abord, mais qui sont fort significatives. On parle ici de regarder de quel côté du vêtement se trouve l’étiquette, de déboutonner et de désagrafer d’avance s’il y a présence (évidemment) de boutons et d’agrafes, de « dézipper » s’il y a présence de zipper, etc.

3. De plus, il est préférable d’avoir des interrogations par rapport à la disposition des morceaux AVANT que les mannequins reviennent de leur première parade pour maximiser le temps d’habillage. De surcroît, le fait que chaque ensemble est souvent numéroté par ordre de passage sur la passerelle n’est pas à négliger. Cependant, pas de panique, on est en tout temps entourés du designer et d’une équipe d’habilleurs expérimentés!

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4. Autre élément essentiel : connaître le nom du mannequin qui nous a été assigné et le reconnaître. Il manque un accessoire à l’ensemble? Avant que le mannequin assigné se place en ligne, il est PRIMORDIAL d’avertir un supérieur que DJ ou Masha, par exemple, n’a pas telle chose pour tel ensemble. Si nous avons à peine le temps d’habiller les mannequins, nous n’avons pas le temps de jouer aux devinettes.

5. Avis aux personnes pudiques! Ce n’est pas une possibilité, mais bien un fait ; les mannequins ne portent pas de sous-vêtements sous les créations des designers dans 99,9% des cas. Il faut s’attendre à voir de la chair humaine lorsqu’on est à l’arrière-scène. Tel est l’objectif de l’habilleur (et je répète) : vêtir les mannequins.

Mon expérience

En toute honnêteté, habiller, c’est moins difficile que ça puisse paraître! La quantité d’informations et de consignes qu’on reçoit avant le début des défilés rend le travail plus stressant qu’il ne l’est. Évidemment, si nous voulons avoir du plaisir en effectuant la tâche, il faut savoir travailler sous pression un minimum, mais le tout est généralement effectué dans le calme afin de ne pas faire d’erreurs. Surtout, ne vous laissez pas atteindre par la panique du designer! Si cela peut vous rassurer, on a connu un seul réel gros pépin lundi passé, et c’était pour l’immanquable robe noire en crochet et à plumes de Nadya TOTO. La première fois, les coutures et l’étiquette se trouvaient à l’extérieur sur le mannequin, et la deuxième, le dos s’est retrouvé à l’avant. D’où l’importance de se familiariser avec le vêtement!

Sinon, d’un point de vue personnel, lors de mon premier défilé (celui de Mélissa Nepton), je vous dirais que j’étais sur les nerfs de A à Z, aux prises d’un mannequin plus ou moins sociable (mais surtout très anglophone). C’est vraiment lors de mon deuxième défilé que j’ai pu profiter de cette opportunité qui s’offrait à moi. En somme, habiller des mannequins dans le cadre d’un événement mode, c’est une expérience à vivre plusieurs fois. Il se peut fort bien que votre première expérience vous déplaise, mais c’est en la répétant que vous finirez par vous y plaire. Je ne prendrais pas en compte le métier d’habilleuse comme possibilité de carrière, mais j’irais sans aucun doute poser ma candidature pour les collections de l’automne/hiver 2013-2014! Petit clin d’œil aux étudiants du cégep Marie-Victorin. ;)

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5 réflexions sur “Quelques heures dans la peau d’une habilleuse à la SMM”

  1. bonjour,
    j’aurais aimé savoir combien de temps dure la préparation puis le défilé? car j’ai l’opportunité d’être habilleuse pour un défilé de l’ambassade du Pakistan demain à 17h30 (le rdv) et j’ai quelque chose d’autre à 19h30. ça se situe à côté mais j’ai peur de ne pas avoir le temps.

    Merci

    1. L’habillage est un travail constant durant un défilé. Il nécessite que l’on soit constamment alerte en backstage. Habiller un mannequin ne doit pas excéder 30 secondes-1 minute. Si ce n’était pas ce que tu entendais par « préparation », je ne pourrais pas te dire car les habilleurs bénévoles ne participent généralement pas à ce qui a lieu avant. Sinon, pour la durée du défilé, ça dépend des circonstances et du/des créateurs… À la SMM, c’est souvent entre 30 minutes et une heure.

    1. Roseline Guimond-Mercille

      Bonjour Aude,

      Nous te conseillons du consulter le site web du Festival Mode & Design de Montréal qui recherche souvent des bénévoles. Tu peux aussi poser ta candidature auprès des écoles de mode pour aider lors des défilés de finissants!

      Bonne chance!

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