Entrevue avec une championne du monde

Mes chers bouclettes et nœuds papillons, j’espère que mon article de cette semaine vous plaira, car j’ai pris beaucoup de plaisir à le faire. J’ai posé pour vous des questions à une championne du monde, montréalaise de surcroît, en jeux vidéo ! Oui, oui, vous avez bien lu. En l’occurrence, il s’agit de Stéphanie Harvey, jeune femme de 26 ans déjà quadruple championne du monde du jeu vidéo Counter Strike.

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Stéphanie Harvey avec son équipe Ubinited au ESWC 2012 à Paris

Pouvez-vous présenter votre parcours de gameuse et expliquer comment vous en êtes arrivée là ?

Stéphanie Harvey : Bonjour, je m’appelle Stéphanie Harvey et j’ai 26 ans. J’ai toujours été une gameuse. Mes parents m’ont initiée aux jeux vidéo dès le début de mon enfance avec des jeux comme Mario Bros. 3. Ce n’est pourtant qu’à l’adolescence que le côté récréatif du gaming a finalement été relégué au second plan avec le début de ma participation à des tournois.

Y a-t-il des personnes en particulier qui vous inspirent ? Si oui, qui sont-elles ?

Il y a beaucoup de gens qui m’inspirent. Je suis une personne qui carbure au succès et à l’apprentissage. Je me passionne de ce qui m’entoure et cela me motive à agrandir mes connaissances et à grandir constamment. Les gens qui m’inspirent dans mon travail sont les grands designers du XXIe siècle comme Will Wright, ou encore les femmes fortes de l’industrie comme Jade Raymond ou Brenda Braithwaite. Au quotidien, il y a plusieurs personnes de mon entourage qui ont une telle joie de vivre et qui me poussent à être une meilleure personne à mon tour. Et bien sûr, mes parents restent ma plus grande source d’inspiration à ce jour.

Comment vous préparez-vous pour une compétition ?

Avec mon équipe, nous pouvons jouer environ 70 heures par semaine avant une compétition. Nous travaillons sur les tactiques, les réflexes, les situations, etc. Exactement comme le ferait un joueur de hockey par exemple. De plus, environ une fois par année, nous nous retrouvons durant une semaine complète dans la même ville pour pratiquer ensemble dans la même pièce. Cette semaine peut facilement équivaloir à 2 mois de pratique en ligne.

Sentez-vous qu’il y a un préjugé dans le monde des gameurs vis-à-vis des filles ? Si oui, quels conseils donneriez-vous à des filles qui voudraient intégrer un milieu masculin ?

Énormément. Le conseil que je pourrais donner c’est d’être plus forte que les préjugés. De tenter de se faire une carapace par rapport aux commentaires que l’on peut se faire dire avec le temps et de continuer de foncer. Il est parfois très difficile de ne pas prendre personnel les mots désobligeants que je peux me faire dire à droite et à gauche à tous les jours en ligne, mais je n’ai pas le choix. Et si j’arrive à le faire, vous le pouvez aussi. Entourez-vous de gens qui sont là pour vous supporter et continuez de pourchasser vos rêves.

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Comment réagissent les gens qui ne sont pas gameurs par rapport à votre palmarès et votre emploi ?

Plutôt bien. Je n’ai pas le look typique qui confirme les préjugés de gaming donc les gens sont plutôt curieux. Je fais ça depuis toujours donc mon entourage est au courant et mes nouvelles connaissances sont souvent reliées à l’univers du jeu donc il est très rare de devoir vraiment expliquer ce que je fais aux autres. De plus, je crois qu’au Québec, nous sommes de plus en plus ouverts avec ce genre de métiers / passe-temps, surtout depuis que Montréal est LA ville de l’industrie du jeu.

Avez-vous d’autres hobbies ?

Oui, j’aime le sport, j’adore lire, etc. J’aime bien aussi avoir des projets, souvent reliés au gaming. Par contre, mon horaire est extrêmement chargé entre le travail, les pratiques et mes autres obligations, donc je n’ai pas le temps de m’investir dans beaucoup de hobbies.

Enfin une dernière question spéciale Boucle Magazine, qu’est-ce que la beauté pour vous ?

Pour moi, la beauté est la perception que l’on peut se faire d’une situation ou d’une personne, par rapport à nos standards et nos valeurs. La société vient énormément teinter ces standards. Il est donc important de faire des rétrospectives et de remettre en question notre perception des choses en les opposant à nos valeurs de temps en temps.

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Médaille d’or pour l’équipe Ubinited au ESWC 2012

Vous pouvez suivre Stéphanie Harvey sur Facebook et sur Twitter.

Toutes les photos de cet article sont autorisées par Stéphanie Harvey.

Marion Zanussi

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2 réflexions sur “Entrevue avec une championne du monde”

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