Je le lirai bien un jour

Petite chronique éclair pour vous parler d’un livre que vous connaissez déjà. Pourquoi vous présenter un tel roman dont l’histoire vous a été résumée par des amis, des professeurs ou autres? Bien, même si vous avez sûrement auparavant vu la couverture du livre Putain de Nelly Arcan, même si vous êtes au courant que son auteure s’est suicidée le 24 septembre 2009 ou que vous avez entendu entre les branches qu’à l’époque il avait fait scandale, vous n’avez peut-être jamais lu Putain. C’est exactement de ça que je veux parler.

On a beau aimer notre langue française et nos origines, souvent on ne fait pas l’effort d’encourager nos propres écrivains. On devrait tous connaître nos classiques québécois, les avoir lus et compris. Je ne vous parle pas de les aimer, mais au moins d’avoir eu la curiosité de rentrer dans cet univers propre à nous les Canadiens français. Arrêtons de nous dire constamment « je le lirai bien un jour », et décidons aujourd’hui de commencer un bouquin qui est un chef-d’œuvre de notre littérature nationale.

Classiques québécois à ne pas bouder

Peut-être que vos professeurs de secondaire vous ont forcé la main pour vous faire lire des classiques littéraires québécois et que vous n’en pouvez plus des écrivains d’ici. Toutefois, lorsqu’on lit seulement pour notre plaisir et non pas pour une analyse de 12 pages on apprécie davantage les romans qui nous tombent entre les mains. N’ayez pas de réticences et offrez-vous quelques heures de bonheur à savourer le talent de nos contemporains.

-La vallée des avalés de Réjean Ducharme

Publicité

-La grosse femme d’à côté est enceinte de Michel Tremblay

-Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy

-Kamouraska d’Anne Hébert

-Aliss de Patrick Sénécal

-La fille laide d’Yves Thériault

Publicité

-L’énigme du retour de Dany Laferrière

-Trou de mémoire d’Hubert Aquin

La couverture de Putain par Nelly Arcan
Cette image a été prise de l’article de La presse « Les romans de Nelly Arcan sont en rupture de stock à Montréal » du 8 octobre 2009

Cela dit, je vais tout de même glisser un mot sur Putain de Nelly Arcan pour donner davantage de motivation à ceux qui ne l’ont jamais ouvert. Se lancer dans la lecture de ce roman, c’est se lancer dans la tête de son auteure sans bouée de sauvetage. Je pourrais décrire cet ouvrage comme étant un grand cri, un monologue percutant qui ne s’essoufflera pas avant la toute dernière page.

Nelly Arcan dans un huis clos émotionnel raconte sa vie de prostitué sans filtre ni mensonges. Tout y est livré à vif : ses peurs, ses hontes, ce qu’implique son travail… Cependant, en aucun cas ses témoignages ne sont érotiques. Au contraire, le sexe y est dépeint si sèchement qu’on ne peut qu’être bouleversé quant à cette marchandisation du corps. Puis, on se sent si proche de l’auteure et de ce qu’elle a vécu, c’est comme si une amie nous confiait un lourd secret. On écoute, on comprend et l’on veut tant faire quelque chose. Alors, on se rend compte que ce n’est qu’un livre et que Nelly Arcand n’a pas semblé avoir eu à temps l’aide nécessaire pour ne pas commettre l’irréparable.

J’ai choisi mon coup de cœur pour exprimer mon cri du cœur. Est-ce que vous le lirez un jour?

Publicité

1 réflexion sur “Je le lirai bien un jour”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour haut de page