Un placard, vraiment?

En 2012, on se dit ouvert d’esprit, mais de grands tabous résident encore en ce qui concerne l’homosexualité. Si l’homosexualité masculine est mise de l’avant, sa tangente féminine l’est un peu moins. Kim Messier s’en mêle et nous offre le premier ouvrage jeunesse portant sur l’homosexualité féminine, Le Placard.

Sous les Éditions de Mortagne, Kim Messier, professeure au secondaire, nous livre son premier roman Le placard. Fort de 288 pages, il expose la réalité de Léa, une jeune femme de 17 ans qui, à l’aube de son bal, cherche comment affirmer son homosexualité sans faire mal à son entourage.

Entre préjugés, peurs et réalité, nous suivons Léa à travers le long cheminement d’acceptation de sa propre réalité. Qu’être lesbienne est normal, et qu’il n’y a aucun mal à cela. Par une narration au je, on entre littéralement dans son quotidien, dans ses pensées et dans ses questionnements, qui ne sont pas si différents de ceux de toutes les jeunes filles.

Pour mieux comprendre le cheminement d’acceptation de Léa, nous avons droit à quelques chapitres « flashbacks », nécessaires, mais qui prennent du temps à s’installer. Le rythme est léger, simple et bref, voire peut-être trop. On termine notre lecture avec un sentiment de n’avoir pas fini. Qu’il manque quelque chose. Ceci étant dit, il s’agit peut-être simplement de notre habitude à voir les oeuvres de fiction se conclure de façon claire.

Publicité

On aimerait en savoir plus sur la phase « d’acceptation ». C’est-à-dire le moment où Léa s’approprie des ressources nécessaires sur lesquels l’auteure passe rapidement. Ni trop profonde, ni trop drabe, l’écriture nous permet de rester en surface du problème et de ne pas en faire de cas. Cela dit, un approfondissement aurait pu être fait et aurait grandement servi à cet ouvrage.

Si ce livre ne change pas, du tout au tout, vos vies, il en vaut la lecture. Premier ouvrage de ce genre dans la littérature jeunesse, période phare dans l’acceptation de soi, il devrait être lu, voir donné en lecture obligatoire au secondaire. Complémenté par une liste de ressources disponibles au Québec et en France, Line Chamberland, de l’UQAM, nous offre aussi un bref retour sur le sujet et la littérature de ce genre peu exploité.

La simplicité du sujet, sans aller dans la profondeur nous rappelle aussi, que l’homosexualité c’est simple, certainement pas quelque chose de triste, ni un défaut, simplement de l’amour, une attirance et une réalité normale. Malgré une petite déception à la fin de notre lecture, nous en sortons avec une réflexion intéressante et très importante à savoir : qu’est-ce que vraiment être « normal »?

À lire absolument!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour haut de page