Le 23 septembre dernier, j’ai assisté à la première médiatique de Enfin te voilà (Britney Spears) de Marie-Hélène Larose-Truchon, dans une mise en scène de Sébastien David. Une pièce en tableaux dans laquelle on suit Britney dans toutes sortes de situations où elle tente d’échapper à l’homme en noir.
Britney et l’homme en noir
Au départ, on rencontre une jeune fille et sa grand-mère. Cette dernière lui raconte une histoire, puis on cogne à la porte. C’est alors qu’un homme vêtu de noir fait irruption. La grand-mère a tout juste le temps de donner ses conseils à la jeune fille et le voyage commence.

Le premier tableau nous entraîne directement au cœur de la musique pop. Sophie Cadieux se retrouve entourée de copies d’elle-même habillées en Britney. Le spectacle commence en reprenant les codes du monde du spectacle, avec une chorégraphie endiablée et de la musique pop. Puis, au fil des tableaux, on nous transporte à différentes époques et différents moments de l’histoire, dans lesquels Britney tentera tant bien que mal de s’échapper de cet homme en noir.
On traverse ainsi plusieurs univers : on est tantôt dans une crèche, puis dans un dîner, un téléthon ou encore à la guerre. La pièce reprend à la fois des moments clés de la vie de Britney et des références à la culture populaire dominante. Ces différentes situations dénoncent, chacune à leur façon, les oppressions vécues par Britney, mais aussi celles vécues par les femmes en général.

C’est un texte ludique qui amène le rire, tout en ouvrant plusieurs réflexions sur ce qu’on attend des femmes : qu’elles sourient, qu’elles dansent et qu’elles chantent en même temps. Parfois monologué, dialogué ou sous forme chorale, le texte est vivant et entraînant. Les tableaux s’enchaînent avec rythme et donnent envie d’en savoir plus. J’aurais parfois aimé qu’on aille plus loin dans certaines réflexions et j’ai eu l’impression de tourner un peu en rond par moments, mais je ne peux pas dire que je n’ai pas passé un bon moment.
Une distribution qui porte le spectacle
Ce qui score le plus dans cette pièce, c’est le jeu très juste et comique des différents interprètes. Sophie Cadieux, dans le rôle principal, est tantôt hilarante, tantôt très touchante, mais surtout toujours captivante. Elle livre entre autres un monologue d’une mère monoparentale qui parle à ses deux enfants. C’est un sans faute. Guillaume Tremblay est parfaitement exécrable. Il réussit, par son jeu, à faire un peu peur et à nous rendre méfiants.

Les quatre autres comédiennes, Lula Brouillette-Lucien, Stéphanie Cardi, Marie-France Lambert et Dominique Quesnel, jouent toutes plusieurs rôles et le font avec brio. Finalement, je dois absolument mentionner les danseuses, Meihan Carrier-Bisson, Jade Leblanc, Michelle Carolina Lucero Moris, Jane Millette et Marianne Murphy, qui commencent le spectacle avec force et permettent, par leur présence fréquente, l’apparition d’une certaine sororité.
La scénographie de Karine Galarneau et Louis-Karl Tremblay est assez simple : une scène, une arche au milieu et une allée qui entre dans le public. On retrouve également un affichage de néon au-dessus qui affiche Enfin te voilà Britney, les numéros des tableaux et d’autres informations selon les situations. C’est efficace.
Au fil du spectacle, cette scène, au départ très épurée et habillée seulement par les éclairages habiles de Robin Kittel-Ouimet, s’encombre peu à peu des accessoires laissés à la fin de chaque tableau. Un procédé d’accumulation déjà vu, mais qui fonctionne très bien avec le propos de la pièce, qui traite entre autres choses de notre société de consommation. Ce qui était au départ un espace presque vide devient ainsi de plus en plus chargé.
Bref, j’ai beaucoup apprécié ma soirée à l’ESPACE GO. J’ai ri et j’ai été touchée par moments. Enfin te voilà (Britney Spears) est une pièce accessible à tous, même à ceux qui ne connaissent pas tant que ça la vedette pop. La pièce est présentée jusqu’au 21 octobre. Pour des billets, c’est par ici.
Crédit photo de couverture : Yanick Macdonald