Après quelques années à présenter ses « Essais-erreurs » un peu partout à travers la province, David Beaucage dévoilait enfin son premier one-man-show au public montréalais le 26 mars dernier. L’attente en aura valu la peine, puisqu’avec Super normal, l’humoriste propose un savoureux mélange de stand-up et de musique, ponctué de malaises délectables qui feront rire même les plus frileux.
À vitesse grand V
Il n’y a pas de doute, ça roule dans la tête de David Beaucage. Dès son électrisante entrée en scène en chanson annonçant officiellement le « début de show » – un ver d’oreille qui vous trottera longtemps dans la tête –, l’humoriste donne le ton. Vêtu d’un veston blanc éclatant et entouré de structures de bois lumineuses, guitare électrique à la main, Beaucage brise efficacement la glace. Des anecdotes de grands-parents en passant par le group chat familial, jusqu’à Greta Thunberg, Pierre-Yves McSween, les Cégeps ou encore les auberges de jeunesse, tous les sujets sont les bienvenus, même les plus épineux (ses idées pour contrer le réchauffement climatique en sont un bel exemple). Avec ses enchaînements surprenants, l’humoriste – qui précise d’ailleurs lui-même avec ironie sa force des transitions – nous amène avec lui dans ce circuit aussi rapide que rassembleur, où la musique se met au service de l’humour.

Déjà bien réchauffée suite au numéro d’ouverture de Charles Pellerin, la foule a embarqué sans retenue à bord de cette grande montagne russe, et ce, dès le premier tiers du spectacle, notamment avec un greatest hits d’imitations qui n’a laissé personne indifférent. Un arrêt dans l’autobus du showbizz québécois et une incursion dans le concept de la chaîne de restaurants Hooters plus tard, David Beaucage avait conquis le public qui visiblement, était heureux d’enfin découvrir ce premier spectacle solo.
Entre nostalgie et vie d’adulte
Entremêlé de supports visuels sur écran géant, d’effets sonores et de voix hors champ, Super normal nous plonge non seulement dans l’univers coloré de l’humoriste, mais s’attarde également à des préoccupations bien de notre époque. Coût de la vie, fête de Gender Reveal, applications de rencontre et relations amoureuses deviennent ainsi un vaste terrain de jeu pour des anecdotes désopilantes et des chansons qui marqueront les esprits – on pense encore à l’hilarante pièce sur la recherche de l’âme sœur, interprétée à la manière d’une comédie musicale. De James Bond jusqu’aux chansons jouées dans un style rappelant le pop punk des années 2000, entre les références culturelles d’hier et d’aujourd’hui, tout le monde y trouve son compte.
Avec ce one-man-show, David Beaucage s’est manifestement fait plaisir. L’humoriste, qui a fait équipe avec Alexandre Forest aux textes et Pierre-Yves Roy Desmarais à la mise en scène, livre avec authenticité un premier spectacle solo efficace, qui capte l’attention du public du début à la fin. Un accomplissement qui le rendait visiblement heureux lors de la première mercredi dernier au Club Soda, alors qu’il soulignait à la blague sa présence sur la même scène où se sont produits The Killers et Exterio.
Super normal sera présenté un peu partout à travers le Québec au cours des prochains mois, et en plus de son balado Drette sul’ tape, David Beaucage sera également en vedette de la série À la poursuite du rêve glacé aux côtés de Pierre-Yves Roy-Desmarais et Sam Breton, à voir dès le 29 avril sur Crave.
Pour tous les détails des dates de Super normal et pour vous procurer des billets, c’est par ici!

Crédit photos affiche : Philippe Richelet. Graphisme et DA : BANG BANG (Simon Laliberté)
Photo de couverture : Drowster