Le beau des réseaux sociaux

Nous passons des heures et des heures sur nos machines virtuelles chaque jour depuis plus d’un an. Plus que jamais la pandémie nous a contraints à faire de nos ordinateurs un outil quotidien, un rituel, une artère principale, quand tous les ponts sont bloqués, pour accéder à tout. Au travail, aux divertissements, à nos produits, à nos amis. Mais encore. On parle souvent de tout le laid des internets. De toute la chamaille qui s’y déroule, d’un compte à un autre, sur toutes les tribunes, entre les chicanes de valeurs et les conflits d’internautes qui se bataillent à coup d’émojis sans pitié, sans nommer la haine gratuite et déplorable qui envenime un échange, et dégénère souvent jusqu’à celui qui aura la réplique la plus cinglante. Mais. Je m’arrête ici. Je souhaite parler du beau. J’ai découvert qu’il y avait du vrai derrière ces icônes. Des humains avec des doigts qui tapent, qui filment qui parlent, pour nous rejoindre. Et j’ai rejoint des perles. En quelques clics authentiques.

Ces perles

Crédit: Quanta Magazine

Je me suis mise tranquillement à regarder de plus en plus de vlogs sur Youtube cette année. Au fil du temps, je me rendais compte que j’aimais bien suivre le quotidien de certaines personnes auxquelles je m’identifiais. Je sélectionnais toujours des personnalités qui me faisaient sentir bien, avec qui j’aurais réellement envie de partager dans la vraie vie. Les suivre et commenter leurs vidéos a créé pour moi un espace de sécurité, un petit me time à chaque soir bien blottie dans mon lit. Comme si je téléphonais à une amie pour placoter. De fil en aiguille, on répondait à mes commentaires. Une belle surprise chaque fois. Un partage qui rebondissait ensuite vers un message privé sur Instagram, parsemé de rires et d’anecdotes, d’un café préféré à suggérer jusqu’à des anxiétés plus profondes à mettre en mots. Tout ça entre deux vraies personnes, malgré le médium.

Échanger

Puis, j’ai lancé l’idée de se voir en vrai, dans le respect des consignes covidiennes. J’ai senti une connexion suffisante pour tenter la chance de l’amitié. Il faut innover en ces temps d’isolement. À partir d’un intérêt commun, nous avons eu l’idée de se faire un petit «troc tes trucs» homemade. La conversation aurait pu s’éterniser, mais les obligations nous ont rattrapées. Partie remise, depuis j’échange avec ma belle amie sur Messenger chaque jour. Nous nous tenons au courant de nos petites joies, nos batailles, et surtout, rions beaucoup. Nous nous promettons des activités en chair et en os lorsque le virus enfin (touchons du bois) donnera le feu vert.

Focaliser

Il y a la détresse engendrée par les Instagram trop parfaits. Sans oublier le besoin de constamment publier, vérifier, vivre sur son cellulaire. Une anxiété contemporaine à prendre avec sérieux. Crier haut et fort, pour qu’on en parle de plus en plus. Des mouvements se mettent en place pour tenter d’adresser cette problématique. Mais je laisse ça à ceux qui le font avec beaucoup de compétences. J’ai hâte de voir ma nouvelle amie sous le soleil. D’ici là, je me réconcilie tranquillement avec les internets plus sombres, du moins, je filtre, j’évite, je sélectionne parcimonieusement ce qui me fait du bien dans mon feed quotidien. Je focalise sur le beau côté de cette inévitable technologie au service de l’humanité. Je suis reconnaissante pour avoir trouvé sur mon chemin des personnes avec qui tisser des liens.

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Dominique Laliberté

Esprit critique, Dominique possède une grande oreille et une ouverture aux autres et à la différence. Sa passion pour l'humain et son amour des mots l'ont amenée à partager avec vous ses réflexions sur la vie avec sensibilité.

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