Joyeux Noël au mois de mars

Après le casse-tête halloweenesque, voilà que le gouvernement a valsé un bon moment avec les directives concernant le temps des fêtes. Une danse complexe à manœuvrer jusqu’au jour J. Le fameux jour J : Noël. Certes un Noël différent s’annonce pour tous. Un Noël pandémique, à l’issue d’une année éprouvante. Une année où personne n’a été épargné.  Et si on passait go Noël cette année…

Rien ne va plus

La pression sur le système de santé ne fait que s’accentuer depuis l’automne. Une deuxième vague sur laquelle on surfe en portant nos masques et en croisant nos doigts aux points de presse. Les cas de Covid sont en hausse, toujours à un niveau inquiétant, sans compter les hospitalisations et les décès. Québec ne fait pas bonne figure à ce niveau dans l’ensemble du pays, suivant de près son voisin ontarien où rien ne va plus. Sommes-nous prêts à défier la conduite à suivre pour partager la dinde aux risques de nuire à nos prochains? Est-ce à penser que nous sommes à l’abri de tout ça en nous auto-diagnostiquant un coefficient de transmission quasi nul? Permettez-moi d’en douter. Et les « je fais très attention », « je vais garder distance » et autres promesses peuvent prendre le bord bien vite à la troisième flûte de champagne dans la cabane.

Il existe un Noël du campeur, alors pourquoi pas un père Noël vêtu légèrement, sous un soleil du printemps? Fêter le cœur léger, vraiment en profiter, sans stress et sans retenue, de câlins tant attendus. Une toute autre carte au menu nous est servie en décembre. Cette année, se réinventer, s’adapter. Prendre son « ça va bien aller » en patience et faire preuve de résilience.

Des solitudes

Le sentiment de détresse se fait sentir plus que jamais. Partout, le besoin criant de communion, de partage, de proximité. Des solitudes un peu partout vivent l’isolement péniblement. La santé mentale décline comme la bourse de 1929. Une kyrielle de besoins à combler. Il faut encore une fois valser avec le prix à payer. Heureusement, les gens qui vivent sans copain ni chaton, sans enfant ni coloc ont toujours le droit à un bon samaritain. Ne les oublions pas. Surtout pas en cette période sensible. S’il en est un qui ravive les émotions sombres du placard, c’est bien le temps des fêtes. Noël ne rime pas toujours avec joie, il résonne en tristesse pour bien des coeurs et ce, bien au-delà du contexte pandémique.

Alors pendant que la valse se poursuit, un exercice de conscience s’impose. Chacun pour soi, et pour le bien commun. Passer go Noël cette année demeure un sacrifice de plus en 2020. Un sacrifice, ou encore un cadeau? C’est peut-être le plus beau présent que l’on va faire aveuglément à un humain pas très loin de nous. Quelqu’un qui attend un traitement à l’hôpital. Un inconnu ou même matante Gisèle y aura droit, grâce à notre vigilance. À l’image de Socrate, notre vertu pourrait servir des intérêts plus grands que nous. Hormis les patients Covid, il y a encore les autres qui attendent, leurs médecins trop affairés à la crise. Quoi qu’il en soit, Noël peut attendre…

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Pour les petits qui espèrent voir arriver le barbu venu du ciel, creusons-nous les méninges et métamorphosons tout de même les arcs-en-ciel en traîneaux. Je nous souhaite d’ici là, toujours et encore plus de patience, et surtout, de bienveillance. Joyeux Noël au mois de mars.

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