M. Roberge, quittez l’île de la théorie et revenez en territoire de la pratique

Les écoles. On va se le dire, en ce moment personne n’en parle, mais on est tous contents que ce soit recommencé et surtout, de ne pas y travailler. Le défi n’est pas de taille, non, le défi est en fait si grand pour les équipes-écoles qu’il n’y a plus de taille! Aucune mesure ne s’y rend! Les classes-bulles, les déplacements, les lavages de mains, bien que dans des perspectives préventives, viennent alourdir une tâche qui était déjà trop lourde.

Expliquer à un enfant de troisième année qu’il ne peut pas jouer avec son meilleur ami depuis la maternelle, car il n’est pas dans sa classe-bulle? Bonne chance.

Dire aux enfants de rester dans leurs zones et qu’ils ne peuvent pas aller dans les modules, car ce n’est pas la « zone » d’aujourd’hui? Bonne chance.

Essayer de faire respecter les classes-bulles au secondaire quand tout le monde s’embrasse et que ça se passe les vapoteuses? Bonne chance.

Ce sont des enfants et des ados qui ont le besoin de se développer. Les comportements et détresses qui vont en découler, ça aussi, bonne chance. Les effets psychosociaux se font déjà sentir. Je pense à une petite cocotte du primaire qui est en train de laver ses mains au sang et qui en a développé un trouble anxieux ou un petit de maternelle qui demande sans arrêt son Purell.

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Bien que je sois d’accord avec la responsabilité collective de combattre la COVID-19, Monsieur Roberge, je vous demande de mettre de la pression et d’aller chercher des fonds pour nos jeunes. En ajout de personnel (bonne chance), en ajout de matériel spécialisé, en aménagement et en formation pour les intervenants, car, voyez-vous, selon l’humeur, les valeurs ou le degré d’anxiété de chacun, les enfants, dans la même journée, reçoivent des directives non homogènes. Peut-on blâmer les équipes-écoles ? Non, ils ne sont d’ailleurs pas souvent consultés. Consultez-le, votre monde. Votre ancien monde, celui du temps où vous aviez une classe vous aussi. Des ressources financières et humaines ça en prenait avant la COVID, imaginez maintenant!

Les enfants ont besoin que vous procédiez au plus grand filet de protection psychosocial provincial de l’histoire jamais déployé; celui de permettre de réduire les impacts du bris de normalité sur leur développement.

Écoutez votre ancien réseau, devenez un grand ministre de l’éducation et allez chercher tout  ce que vous pouvez. L’éducation est la clé de la qualité de la société de demain. Quand les petits que vous pouvez aider aujourd’hui seront sur le marché du travail, c’est vous qui serez au CHSLD. Montrez-leur l’exemple, faites des choix et des changements. Soulevez vents et marées dignes d’un leadership historique. S’il vous plait: honorez et soutenez votre monde, votre réseau. Pourquoi vous adresser à eux en point de presse sans rien annoncer,  juste pour les remercier?

Les enfants, les ados et les jeunes adultes comptent sur vous, ne l’oubliez pas. Chaque élève compte et rappelez-vous: on n’a pas les moyens, comme société, de perdre nos enseignants et nos intervenants. Par contre, vous avez les moyens de faire de votre mandat un engagement sans précédent.

Dites-le à vos collègues : l’enfance n’est pas une dépense, elle est un investissement. Faites en sorte que les effets psychosociaux de la COVID soient réduits. Notre société de demain est maintenant entre vos mains. 

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