Le congé de maternité, c’était pas comme je pensais

Je suis sortie de la job un soir de décembre 2018 en ayant l’impression d’avoir gagné le jackpot. J’étais millionnaire en heures de congé. Je pouvais tout faire. Tout. Je n’avais jamais eu ça, moi, une année de congé devant moi.

J’essayais fort de ne pas avoir d’attentes, mais veut veut pas, on finit quand même par se faire une petite idée de comment on aimerait que ça se passe. Je ne sais pas trop ce que je m’imaginais exactement, mais je sais que la façon dont ça s’est passé, je ne m’y attendais pas DU TOUT.

Je croyais que ce serait l’fun tout le long, que ce serait doux, que je passerais mon temps à chiller avec mon petit bébé dans mon salon. Que j’aurais juste à la déposer à des places quand j’aurais envie de faire des choses dans la maison.

Ayoye.

Les premières semaines ont quand même été à la hauteur de mes attentes. J’ai fait ce que j’avais envie de faire, j’ai magasiné, je me suis préparé des p’tits plats congelés, j’ai pris des bains, je me suis écrasée devant Netflix, j’ai fait des siestes, j’ai pris soin de moi. Puis après cinq semaines de congé, j’ai accouché.

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Je n’ai pas vu passer les six semaines suivantes. C’était un chaos, un tourbillon. J’avais les mains pleines et j’étais occupée du matin au soir. C’était le bordel chez nous et je n’avais jamais eu autant envie de faire du ménage, de trier, classer, organiser.

Puis, mon chum est retourné travailler et j’ai un peu eu l’impression de devoir nager comme une folle pour garder la tête hors de l’eau. C’était loin d’être doux et chill comme je l’avais imaginé. C’était plutôt lourd et gris foncé. Passer huit heures d’affilée à gérer un bébé et à n’entendre comme background que le ronronnement de mon congélateur, c’est long longtemps.

J’avais à la fois beaucoup trop de temps pour penser et pas la possibilité d’entreprendre quoi que ce soit, parce qu’un bébé, ça réclame constamment. Entre les boires aux trois heures, les couches et les moments où elle veut juste être dans tes bras, il ne reste plus de temps pour grand-chose.

Dans un premier temps, j’ai été excessivement occupée. Puis à un moment donné, j’ai commencé à me sentir mieux et le problème inverse s’est présenté : j’ai commencé à devenir folle d’emmerdement. Je ne savais plus quoi faire de mes journées ni de ma peau, je ne savais plus ce que j’aimais, ce qui me faisait plaisir.

Je m’étais dit que je ferais un grand ménage pendant mon congé. Je m’étais même fait une liste, pièce par pièce. Je n’ai absolument rien accompli de ce côté-là. Quand j’avais du temps libre, je n’avais ni l’envie, ni la force de le faire. Quand j’avais du temps libre, je ne savais pas quoi en faire.

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« Je ne sais plus ce que j’aime ». Je trouvais ça tellement cliché avant, quand j’entendais des jeunes mamans dire ça. Je me disais, lol, t’as juste à faire de quoi que t’aimes.

Aujourd’hui, je m’en excuse, car cette phrase a pris tout son sens.

J’ai essayé de meubler mon temps en m’inscrivant à plein d’activités qui m’intéressaient moyen. Mais au moins, ça cassait ma solitude.

J’ai beaucoup repensé à comment je m’étais sentie en partant en congé. J’ai été déçue de constater que le congé de maternité magique que je m’imaginais, il n’existait juste pas.

Malgré tout, je n’ai pas de regrets parce que j’ai fait en masse d’affaires. Au début, j’étais sûre que je braillerais ma vie au moment de retourner au travail. Ça n’a pas été le cas. J’y suis retournée en sautillant de joie, et ça n’a même pas d’allure comment ça s’est bien passé. Ça a joué un rôle important dans mon rétablissement, et encore à ce jour, je suis juste tellement contente que mon congé soit fini.

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