Le côté moins rosé de la maternité

Il y a tout de sorte de femmes qui désirent avoir des enfants, des rondes, des minces, des grandes, des petites, des rousses, des brunettes, etc. Il y a les carriéristes, les sportives, les supermoms, les granos, etc. Toutes unies vers un même but : avoir une famille, un bébé pour l’aimer, l’élever, en faire un projet de futur adulte.

Tomber enceinte est une bizarre d’expression, car on ne tombe pas, on le devient. Ici, vous aurez compris que je parle de la maternité dites « traditionnelle » celle où l’on porte son enfant. Bien que toutes les formes de maternité soient formidables/louables, je veux m’attarder dans cet article à celle-là, la maternité via la grossesse.

Alors, devenir enceinte, c’est pas ben ben compliqué: pas besoin de vous faire un dessin. Il y a les grossesses accidentelles, les grossesses planifiées, les grossesses interrompues, les grossesses prévues, les grossesses attendues et aussi il y a les grossesses qui n’arriveront pas. Par causes médicales, hormonales, incompatibilités, psychologiques, peu importe, la grossesse qui est désirée, mais qui n’arrive pas, qui est finalement une grossesse espérée et qui mérite qu’on lui accorde du temps et de la réflexion.

Espérer une grossesse qui ne vient pas peut être tellement souffrant

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La femme qui dans son cœur est déjà maman et qui ne peut être enceinte se sentira souvent coupable, car elle ne « peut » pas « tomber » enceinte, elle cette femme au rêve brisé qui parfois voit ses collègues et ses amies partir en congé de maternité et « tomber » enceintes facilement parfois même le premier mois (!), souffre. Si elle ne se sent pas coupable, grand bien lui fasse, car ce n’est pas de sa faute, mais elle devra souvent se taper des commentaires du type « il y a l’adoption, les familles d’accueil » ou pire encore, comme je l’ai déjà entendu, « faut croire que c’est mieux comme cela ». En passant si c’était mieux comme cela, la DPJ n’existerait pas ! Bien que souvent basées sur de bonnes intentions, ces paroles peuvent blesser, peiner ou détruire ces mamans de cœur qui ne cherchent qu’à porter la vie.

Il y a aussi l’avortement, quand on veut interrompre une grossesse dans notre pays on le peut et c’est un droit des femmes et c’est tant mieux. Mais pour une femme qui tente de porter un bébé, il se peut que si quelqu’un parle ou subit un avortement ce soit difficile à entendre. Elle ne condamne probablement pas l’avortement, c’est juste que dans le contexte c’est ben ben paradoxal de sa propre souffrance. Alors tolérance. Chacune sa vie, chacune son histoire, mais de grâce, soutien et solidarité dans nos paradoxes.

Au moment d’écrire ces lignes, je fréquente trois mamans qui vivent ce genre de situations. Une qui porte une vie fragile qui tente de s’accrocher, mais avec haut risque de complications, et ce, après des années de médication, de rendez-vous et d’espoir déchut. Une femme qui travaille avec les 0-5 ans en plus et qui jour après jour côtoie des enfants et des parents pendant qu’elle tente d’avoir ce grand privilège de la vie. Pouvez-vous imaginer sa force mentale ? 

Parfois les mots sont inutiles, être une bonne amie et une bonne oreille, ça, oui.

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Une autre qui a eu beaucoup de difficulté à enfin avoir son beau trésor de la vie qui illumine sa vie de maman, mais qui avait encore de la place dans son cœur et son ventre pour un deuxième. Il faut la voir parler de son fils avec les yeux brillants de fierté et de joie.  Elle doit vivre le deuil de ce deuxième enfant, d’une fratrie, qui présentement ne peut exister. De tout mon cœur je lui souhaite.

Une troisième qui a dû accoucher de ses bébés qui n’ont pas survécu, et ensuite retourner au travail et porter cette immense perte. Une femme de cœur et qui a une résilience hors du commun.  

La force psychologique de ces mamans est digne des guerriers, des chevaliers. En fait, ces mamans-là, ce sont des ninjas. Je ne suis pas psy, pas thérapeute, mais je me dis que ces femmes-là, avant de leur dire quoi que ce soit, demandons leur comment elles vont, laissons les parler, se fâcher, pleurer, offrons leur un café, une tisane, un thé. Demandons-leur dans leurs épisodes difficiles ce que l’on peut faire pour elles. Surtout, apprécions ce que nous avons peut-être eu sans aucune difficulté : un positif sur un test de grossesse et un beau bébé 9 mois plus tard.

Bref cet article ne condamne personne, mais chères mamans de cœur qui espèrent une ou une autre grossesse et qui n’ont pas la chance escomptée, peu importe les raisons, les contextes: je vous salue. R-E-S-P-E-C-T. Cet article est pour vous.

V. , I. et S. xxx

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