De retour aux études à l’aube de mes 40 ans

40 ans, c’est l’âge que je vais bientôt avoir. 40 ans, c’est l’âge, je dois l’avouer, qui me semblait l’âge de la « madamemitude » lorsque j’avais 20 ans. L’âge où j’allais être vieille, où j’allais commencer à mettre des Kleenex dans mes manches. L’âge où j’allais porter des souliers de mamie blancs. Bref, à 20 ans je croyais qu’à 40 on était semi-finie. Semi-finie professionnellement, amoureusement, et même beauté-wise. J’ai un peu honte, mais à 20 ans je pensais un peu cela.

Là, je suis rendue. J’ai 39, bientôt 40. Finalement, je suis pas finie. Je mène ma vie comme je l’entends grâce à des femmes avant moi qui ont lutté pour nos droits. Je suis heureuse en amour et j’ai une belle famille. Je suis retournée à l’université de 2013 à 2016 pour étudier en gestion, moi qui ai toujours été en éducation, et je me suis rendu compte qu’avoir une job à temps plein, s’occuper d’une famille et avoir des travaux de fin de session c’était pas si simple. Mais j’ai aimé cela. J’ai eu l’impression que mon âge plus avancé m’aidait à relativiser mes cours théoriques. Par contre, pour la même raison ma mémoire, elle, se foutait un peu de ma gueule.

Après avoir finalement réalisé que la gestion ne me comblait pas à travers mes études et pour mon futur, j’ai pris une pause. Une pause de trois ans. Durant ce temps, j’ai réalisé que j’étais accroc. J’aime l’école ! J’ai besoin d’apprendre et de me nourrir et pourquoi pas ? Début 2019, me voilà de retour au cégep pour devenir éducatrice spécialisée !  Je me promène parfois au cégep et me rappelle mes belles années au collégial. Même si j’ai choisi un autre cégep que celui où j’avais jadis (!) fait mon DEC je réalise que le vibe collégien est pareil d’un cégep à l’autre ! Les babillards, les comités, les spectacles, les projets communautaires: quelle belle microsociété ! J’ai adoré l’université, mais le cégep c’est unique.

Quand j’étais au cégep à 17, 18, 19 ans, je ne le réalisais pas: je subissais le foutu cégep. Même si j’aimais cela! Retourner aux études avec une hypothèque et des responsabilités c’est pas si évident, mais c’est gratifiant ! Si vous avez des gens autour de vous qui le font, parlez-leur vous verrez que c’est tout un accomplissement !

Les jeunes, je vous regarde aussi, vous êtes si vibrants ! Vous ne placez pas tous les œufs dans le même panier et vous investissez dans des expériences riches : voyages, projets, etc. Vous ne visez pas nécessairement une job à vie au même endroit et vous voulez vivre à fond ! Certains vous critiquent, mais vous n’avez pas tous les torts. Combien de gens ont bossé toute leur vie et ont attendu leur retraite avant de « vivre » alors que le cancer ou autre les emmènent sans qu’ils aient fait de folies et de voyages enivrants ! Je suis de ma génération avec une assurance-vie et des insécurités propres à la job steady, mais je vous regarde et je suis inspirée.

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En attendant, je tente de devenir une bonne éducatrice spécialisée, car c’est ce que j’ai finalement choisi. Alors, si vous croisez une « matante » de 40 ans dans votre cégep donnez-lui une petite tape dans le dos, elle en sera ravie ! De plus, j’ai pas de Kleenex dans ma manche encore, mais j’en ai dans ma sacoche, car je peux dire qu’à 40 mon sac d’école et ma sacoche sont mes précieux alliés. On dit toujours que les amoureux des études ne quitteront jamais l’école et bien je crois que dans mon cas ce sera cela !

Que tu sois jeune, ou moins jeune que tu es accrochée, décrochée, raccrochée ou retournée aux études, ben lâches-pas !

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