Ma petite histoire d’allaitement raté

Crédits : gdakaska sur Pixabay

J’espère que ce texte réussira à déculpabiliser les jeunes moms qui, comme moi, n’ont pas réussi à allaiter leur enfant.

À l’hôpital, ma montée de lait tardait et bébé avait faim. Alors que bébé et moi on pleurait ensemble au milieu de la nuit, une infirmière est venue me voir pour me proposer de lui donner de la formule.

Elle m’a dit : « Avec 20 ml, elle va être partie pour trois heures ». Dormir trois heures? C’était plus que ce que j’avais dormi dans les trois derniers jours! Je n’ai pas hésité une seule seconde avant de dire oui. On a biberonné ma fille, puis j’ai dormi comme un bébé jusqu’à ce qu’un médecin fasse irruption dans ma chambre.

De retour à la maison, j’ai utilisé tous les coupons-rabais que j’avais reçus pour aller m’équiper en formule gratuite à la pharmacie. Mais je ne lui donnais qu’en dernier recours. Après avoir allaité, allaité et allaité sans être capable de la rassasier.

Image parSam Haven de Pixabay

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Pendant des mois, je l’allaitais à chaque fois qu’elle en avait besoin, puis je lui donnais un biberon si elle avait encore faim. Elle avait toujours encore faim. Alors j’ai pris des suppléments. Et j’ai tiré mon lait aux deux heures.

Je ne sais pas si vous savez comment c’est plate et contraignant de tirer son lait. Surtout que quand on a deux minutes de temps libre, on a envie de faire autre chose que des activités bébé-related, t’sais.

À force d’attendre en vain cette légendaire montée de lait dont je ne connaissais que le nom, j’ai commencé à me fatiguer. À lui donner des biberons plus souvent. À allaiter de moins en moins.

J’ai pris plus de suppléments et j’ai continué de tirer mon lait aux deux heures, huit fois par jour ou plus, en essayant de me challenger. Je notais les quantités tirées. J’espérais que ça augmente. Je n’arrivais même pas à produire le quart de ce dont mon bébé aurait besoin pour arriver à un allaitement exclusif.

Photo par Toa Heftiba sur Unsplash

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On m’avait dit qu’à force de stimuler la production, un moment donné, ça allait faire POUF. Ça n’a jamais fait POUF. Pas d’augmentation, pas de montée de lait.

À ceux qui seraient tentés de me parler de dompéridone, ne vous inquiétez pas, j’y ai pensé aussi. Malheureusement, à cause d’une interaction médicamenteuse, ce n’était pas une option pour moi.

J’ai la tête dure. Dans la vie, je vais essayer ben fort et probablement m’acharner là où la majorité du monde aurait déjà abandonné depuis longtemps. Mais par exemple, quand je me tanne, ça arrive comme ça, d’un seul coup, comme la mythique montée de lait qui n’existe que dans mes rêves.

Cette obligation que je m’imposais me rendait malheureuse en plus de s’ajouter à une to-do list quotidienne déjà longue comme mon bras.

Image parKaren Arnold de Pixabay

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Après plus de quatre mois de travail acharné, je suis obligée de me rendre à l’évidence : ça marche pas. Pis c’est correct.

Peut-être que j’ai fait des erreurs, peut-être que mon allaitement aurait pu être sauvé. Mais je crois qu’on n’est pas obligés de tout essayer et que c’est vraiment correct de se sauver d’un épuisement certain quand notre assiette est déjà bien pleine.

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