Vivre. Encore.

Le texte qui suit est basé sur mon expérience personnelle avec l’arrêt d’antidépresseurs. Je ne suis pas médecin, psychologue ou spécialiste. Veuillez toujours consulter un médecin avant de prendre la décision d’arrêter un médicament. Mon expérience est personnelle et ne reflète pas nécessairement la réalité pour tout le monde. Si vous vous sentez en détresse ou avez besoin d’aide, SVP consultez le répertoire à la fin de cet article.

Les dernières semaines ont été plutôt difficiles. Entre pleurs, rage et angoisse, le bonheur semblait s’étouffer plus rapidement que prévu. En quelques jours à peine, je suis retombée dans le gouffre de la peur et les idées noires ont rapidement refait surface. Tout ce que j’avais jugé irrationnel il y a quelques mois semblait aujourd’hui avoir du sens à nouveau. Et c’était dangereux.

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Les 6 années qui ont suivi mes 15 ans ont été terriblement pénibles. Une dépression qui semblait de plus en plus m’enlacer dans ses tourments. Puis, j’ai trouvé le chemin de la guérison. Psychologue, médication, travail sur moi-même, sortir des relations toxiques, trouver une voie professionnelle, etc. Les pièces du casse-tête se sont placées une à une afin de créer l’image d’une vie que j’avais longtemps souhaité avoir.

Non, ce n’était pas totalement fini. Malgré le chemin parcouru, je savais qu’il y avait encore un bout à faire et que cela prendrait peut-être toute une vie. La vérité? J’étais heureuse tout de même. Et ça, personne ne pourrait plus jamais me l’enlever. Le bonheur. Voilà ce que je respirais. Parce que j’étais simplement bien et que j’avais appris à aimer une vie que j’avais autrefois tant détestée. À cette vie je m’étais accrochée et maintenant je courais sur celle-ci sans jamais reprendre mon souffle. Je voulais vivre. VIVRE.

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Puis, j’ai décidé que ça allait assez bien. Assez bien pour arrêter les antidépresseurs qui avaient été un levier pour me sauver. J’ai consulté mon médecin, qui m’a dit que c’était possible que j’aie besoin de médication toute ma vie et que c’était OK. J’ai insisté et j’ai arrêté.

Les semaines qui ont suivi ont été une véritable rencontre avec l’enfer. Coup après coup j’ai donné excuse à ces sentiments : effets secondaires, sevrage, fatigue, etc. Mais vite, plus vite que je l’aurais pensé, ces excuses se sont transformées en blâme : faiblesse, échec et plusieurs insultes ont continué de m’écraser.

Plusieurs fois mon amoureux a voulu m’amener aux urgences, car il ne savait pas comment calmer mes crises de panique la nuit ou les convulsions dont j’étais prise. J’avais l’impression que la colère était si grande en moi que mon corps ne pourrait jamais la contenir au complet. Je voulais tout détruire, moi y comprise.

Et c’est là que ça a sonné la cloche. J’étais capable de passer par-dessus les pleurs, les crises, la tristesse, en me convainquant que ça irait mieux. Mais quand le sentiment d’autodestruction a gagné mon esprit, je ne savais plus comment avancer. Ce que j’avais trouvé si impossible il y a quelques mois revenait me hanter comme si je faisais un retour dans le temps. L’envie de me faire mal résonnait en moi comme une solution trop longtemps refoulée.

Alors, je me suis enfermée seule dans la salle de bain et j’ai eu une discussion avec ce qu’il restait de moi. Ça n’allait plus et j’avais deux choix. Soit je recommençais les antidépresseurs et je m’accrochais à une vie que je savais aimer lorsque les réflexions dépassaient les sentiments, soit j’en finissais là, car je n’avais aucune autre solution qui puisse faire plus de sens.

Je me suis choisie.

J’ai pris la décision de vivre. Et de redevenir la meilleure version de moi-même. Au début, j’avais peur de vivre cela comme un échec. Ce ne fut pas le cas. J’ai simplement compris que, pour l’instant et peut-être pour toujours, ce serait nécessaire. Et c’est OK. Les stigmas entourant les maladies mentales tombent peu à peu et il faut cesser de juger les médicaments. J’ai eu la chance d’avoir un médecin, un pharmacien, un amoureux, des amis, une boss et des collègues qui ont compris tout ça. J’ai aussi eu peur d’être écorchée par cet épisode plus sombre. Ce ne fut pas le cas non plus. En quelques semaines seulement, j’ai tellement l’impression d’avoir grandi et je suis fière de moi. Et ça, aujourd’hui je comprends que personne ne pourra me l’enlever. Parce qu’au travers de la noirceur et des pensées troubles, je me suis trouvée et je me suis choisie. Moi.

Si vous vous sentez en détresse ou avez besoin d’aide, SVP consultez le répertoire suivant:

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