Aux Sophie

LETTRE OUVERTE DE KATIA LÉVESQUE

EN RÉPONSE À LA CHRONIQUE DE SOPHIE DUROCHER, 30 JUIN 2017 : « Miroir, qui est la plus belle ? »

Sophie,

Ta « chronique », m’avait échappée. Pourtant, c’est tellement gros (toudoumtish. Ouais, les gros sont pas beaux mais y’ont ben d’l’humour) que je me demande comment j’ai pu passer à côté. Remarque, je ne lis pas vraiment ton Journal. C’est bien connu, avec tant de ventres, j’ai peine à me pencher pour descendre aussi bas…

« Emmenez-en des Kim Kardashian, des Monica Bellucci, des Beyoncé.

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Mais parfois, il faut appeler un chat un chat : une femme au corps difforme est une femme au corps difforme. Une femme obèse morbide est une femme obèse morbide. Ce n’est pas une femme « taille plus ». Ce n’est pas un modèle d’acceptation de soi : elle a un sérieux problème de santé et ne peut en aucun cas être considérée comme un modèle. Et ce n’est pas être une horrible mégère réactionnaire que de le dire. »

Sophie, Sophie, ô chère Sophie, comment j’te dirais ben ça.

Non, je ne te ferai pas « accrère » que je fais du jogging et je ne plaiderai pas un métabolisme lent. Je mange beaucoup et j’aime les chips. J’aime aussi beaucoup les légumes verts crus ou vapeur. Ça t’amuserait sûrement de me voir en manger sans y ajouter de beurre. Ça t’amuserait peut-être aussi de me voir marcher tous les kilomètres que je n’ai pas peur d’engloutir. Quoique tu vomirais peut-être à entendre mon ventre claquer sur mes cuisses.

Oui, je suis une grosse-femme-obèse-morbide, mais est-ce à dire que je suis difforme et laide et en-urgent-besoin-d’intervention-médicale ? Il semble que tous les goûts soient dans la nature et, concernant ma santé, si tu le veux bien, laissons l’objectivité des tests médicaux parler d’eux-mêmes et jasons simplement.

Ok, Sophie, on est entre nous là : est-ce vraiment la santé de cette femme « très très en chair » qui t’as préoccupée ?  Tu peux le dire, que ton sens de l’esthétisme a été offensé, Sophie, on te jugera pas. On va même comprendre que les grosses c’est pas ta tasse de thé. Ça arrive et c’est très humain. Mais parle pas au nom de l’humanité Sophie, t’as pas les reins assez solides.

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Tu portes une telle certitude de la difformité, de la non-santé et de l’urgent besoin d’aide de cette femme que tu laisses rapidement entrevoir les limites de ton univers. Comme il est petit ton carré de sable Sophie. Évidemment, tu y joueras seule, tu devineras que je suis trop grosse pour y entrer. Dans ton regard emmoulé, je déborde de partout. De flasque, de mou, de nullité. Je plains d’ailleurs ton miroir d’avoir à te renvoyer tous les jours cette faible lumière, étroite et sans profondeur. Je présume aussi qu’il ne peut t’offrir la poésie de tes vergetures, de ta cellulite et autres traces de vie. Quoique sur un corps mince, Sophie, ça passe mieux peut-être ? Te demandes-tu encore pourquoi les magazines usent de photoshop ?

Que tu aies besoin de te popper du Gravol à la vue du corps « difforme d’une obèse morbide », ça t’appartient, même si je trouve ça triste. Tiens, v’là un verre d’eau, ça t’aidera à avaler.

Par contre, là où moi j’avale moins bien (pis on s’entends-tu qu’une outremangeuse niveau expert, ça sait avaler !), c’est quand tu inscris le corps des grosses femmes dans l’absolu de tes propres croyances, en l’affirmant comme étant indigne d’être accepté, apprécié et désiré. Pire, tu affirmes que tous ceux qui y trouvent inspiration et beauté sont des êtres d’une hypocrisie certaine.

Tu sais Sophie, je n’ai connu que des mains heureuses sur moi, hommes et femmes. Et je sais que je ne suis pas la seule grosse-obèse-morbide dans ce cas. Si tu en doutes, c’est peut-être parce que ces gens qui aiment ces grosses-obèses-morbides craignent d’affronter ce regard social que tu exposes ? Sans affirmer que ces gens sont majoritaires, nier qu’ils existent simplement parce que tu ne les vois pas ou que tu n’y crois pas est fort réducteur. La vie est plus vaste que ça tu sais.

Imagine alors avec quelle puissance une grosse-obèse-morbide doit s’affirmer pour rester debout et vivante après s’être fait nier mille fois comme tu l’as fait à ton tour ? Prends deux secondes et regarde de tous les angles, tu es incapable d’y voir un modèle d’affirmation, vraiment ? Pauvre miroir…

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Tu sais, les gens n’existent pas pour plaire à ton regard. Ils sont ce qu’ils sont, dans leur intégralité et dans tous les formats et tous ne peuvent pas plaire à tout le monde. Tu en es aussi la preuve vivante.

Oui Sophie, appelons un chat un chat, je suis obèse morbide. Et tu es grossophobe.

(Et non, ce n’est pas à la mode.)

KATIA LÉVESQUE 375 livres, comédienne, modèle vivant et citoyenne du monde

Crédit photo : Ben Philippi

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15 réflexions sur “Aux Sophie”

  1. Bien dit j ai 53 ans et je suis obèse morbide et ce depuis l âge de dix ans . Et non je n ai pas eu des parents irresponsable , a partir de cet age j ai embarque sur tous les programmes des docteur , medecin , specialiste , fait tous , jeûner au protéine liquide , injections , joue au yoyo toute mon adolescence , privation , reprise de poids sévère après , psychotherapie, hypnotherapie, j ai commencé ma vie de femme à 22 ans avec une gastroplastie (estomac broche), et travailler à m entraîner , nutritionniste. malgré tous ça je suis encore obèse morbide 43 ans plus tard . QUAND JE LIS LE JUGEMEMT PORTE PAR CETTE FEMME , je ne peux que lui souhaiter une prise de poids à sa menaupose pour qu’ elle comprenne enfin et qu’ elle nous laisse vivre notre vie sans passer de tel jugement sévère . MERCI MON DIEU , TOUT mon parcours ne m’a pas laissé aigri comme Certaines petites femmes. JE CROQUE DANS LA VIE , je nage je marche ,je suis suivi par un nathuropautne pour que mon alimentation soit équilibrée et ceci tout en ne perdant toujours pas , mais je prends soins de moi et je m aime ,j aime la personne que je suis devenu . ALLELOUIA POUR LES GENS NON BORNE . QUI SE FONT DU CAPITALE DE POPULARITE SUR LE DOS DES GENS DANS LA SOCIETE ,

  2. Voici ma petite note à Sophie……
    As-tu déjà réfléchi Sophie Durocher à la douleur physique et psychologique qu’il y a derrière le fait d’être gros? À la honte, la gène, le malaise et mal-être perpétuel que nous renvoie le regard de ceux, dont tu fais partie prenante, qui nous en gratifient petits rictus de dégoût en prime. As-tu déjà réfléchi Sophie…… As-tu déjà pris acte Sophie que de frapper sur la différence des êtres est d’une médiocrité sans pareille qui n’a pas sa place lorsqu’on a la chance mais aussi la responsabilité de tenir une tribune publique. Tu vois Sophie, Je préfère de beaucoup être grosse dans mon corps et grande dans mon coeur et ma tête que petite de corps, d’âme et d’esprit.

  3. Je n’avais pas lu l’article, mais avant de m’exprimer, j’ai fait une recherche et j’ai lu l’article en question. En effet, les propos de Sophie sont  »choquants » en quelque sorte. Mais elle n’a pas tout tort non plus. Et là, c’est une ex-obèse morbide qui parle. Il faut dire les choses comme elles sont. J’ai été obèse morbide. Je suis une bonne personne avec de bonnes valeurs. J’ai tenté combien d’années de me convaincre que j’étais bien dans ma peau et que je m’acceptais comme j’étais? Tout cela n’était que  »foutaise ». SI je suis parvenue au chemin qui m’a mené à perdre 155 lbs, c’est que j’avais peur de mourir… Oui j’avais un mari, une merveilleuse petite fille. Et c’est justement pour cette petite fille que le déclic est arrivé. Je ne voulais pas la laissé à nouveau orpheline. Oui j’ai eu peur de mourir et ça m’a pris cela pour comprendre qu’en effet, je n’étais aucunement en santé. Les problèmes se succédaient (pneumonie, bronchite, difficulté respiratoire et j’en passe). Aujourd’hui, j’ai repris du poids et à nouveau, je ne me sens pas bien dans mon corps et c’est pourquoi je sais exactement ce qu’il faut faire pour faire retourner la roue. Je suis loin d’avoir tout repris, mais parfois, je me demande comment j’ai pu tolérer cela des années. Aujourd’hui, je suis de celle qui ne porte pas de jugement envers les gens obèses parce que je sais comment on se sent envers les regards et les commentaires des gens. L’estime de soir en prends une claque et il faut se reconstruire ensuite. Je n’oublie pas d’où je pars et qui j’étais. Mais je sais pertinemment qu’avec tant de surpoids, on est pas en santé. Mais je sais très bien que ces gens sont des êtres humains, avec un cœur grand comme le monde et des personnes merveilleuses au fond d’elle même. Jamais au grand jamais, je n’aurai de mépris pour ces gens et oui il y a de ces gens obèses qui sont belles, beaux et savent se mettre en valeur avec leur coiffure, leur habillement. Comme il y a de ces gens minces parfois qui intérieurement laisse à désirer. Il ne faut pas juger par l’apparence j’en conviens…. j’ai encore trop de blessures profondes liées à mon  »ancienne moi ». Mais oui avec ce que j’ai vécu, je peux vraiment affirmer que la santé de ces gens les rattrapent à un moment ou un autre.

  4. Je t’adore toi de si bien l’avoir remit à sa place cette grossophobe (j’adore ce mot????) et en plus de tout ce que tu as mentionner ma belle Katia nous avons un coeur , un sens morale de la sensibilité d’autrui….finalement je suis vrm mais vrm d’accord avec toi mme Sophie ne doit pas voir grand chose dans son miroir ???? autant celui extérieur qu’intérieur tant qu’à moi !!

  5. Jacques thibodeau

    Je suis un gars obèse et tout ce que les femmes obèses vécurent en regards de désapprobations, en rire parfois non déguisé et en insultes subtiles, je les ai vécue. Lorsque la « mode est le corps des super héros (Sauf pour Hulk dont j’ai longtemps porté le surnom, sans compter Obélix) bâtis comme des monsieur univers, L’Obèse rappelle toujours les méchants garçons. On parle de changer la mode, moi je l’abolirait et je voudrais vivre et laisser vivre.

  6. OMG. Je suis outrée. Je suis renversée et dégoutée. Je VIENS de lire le texte de Sophie Durocher. Mais c’est du gros n’importe quoi cette femme?? j’aurais bien envie de l’envoyer faire un tour dans une fraternité anonyme moi…surtout que des femmes MINCE et MALADE de NOURRITURE il y en a plein et des femmes OBÈSES mais sportives et en santé, il en pleut. Je suis tellement sans les bons mots devant ce texte, j’en hurlerais. Un peu d’éducation ne lui ferais pas de mal, se sortir la tête de son nombril et rentrer dans la réalité. Et dire qu’on donne une tribune à ce genre d’auteur. Car journaliste n’a pas lieu d’être nommée ici. J’espère de tout mon coeur qu’il n’y a pas d’adolescenTE dans sa maison. Merci pour ton texte Katia tu es MAGNIFIQUE.

  7. Pauvre Sophie ! Il étsit un temps où je respectais vos écrits et vos opinions. Avec le temps, ces mêmes écrits et opinions me font vomir.

    Votre regard devient obtu chère Sophie. Ainsi que vos écrits et vos opinions. Le respect est parti. Ne me reste que le mépris pour vous.

    Chère Katia, votre réponse à un torchon me réjouit. Belle vie à vous !

  8. Moi la que petite moyenne ou grosse , je m’ en fout c’est ce qui est dans ta tête qui est important tu sais regardé Sylvie Payette quand elle écris un mot sur Facebook tout le monde lui répond parce-que elle est humaine et gentille avec tous ceux qui ont du respect , pour tout le monde il y a plein de monde bien bien fait et personne ne s’ en préoccupe, alors soit juste toi et que ceux qui nous accepte – pas t’elle que nous sommes n’ en vaillent pas la peine du bon monde il y en a il faut te coller à eux c’ est tout .????❤️????????????????????

  9. Très bien dit Katia!
    Et moi perso je ne te trouve pas belle Sophie, Je connait des femmes milles fois plus belles que toi,, alors apprends à te regarder et dit toi bien que ya ben du monde pour qui tu serais qu’une Bippppp..

  10. Tellement bien dit chère Katia…Je suis blessée par tant de contenu réducteurs et de fermeture d’esprit. Le fait de voir quelqu’une comme cette Sophie s’exprimer sur la place publique avec des propos aussi constipés n’aide pas la cause de ces hommes et ces femmes qui se battent pour démolir les préjugés à chaque instant de leur vie depuis leur premier pas dans cette société sans pitié…
    Ceci dit, je crois fermement à la loi du karma.
    Ce qui est craché en l’air nous retombe inévitablement dessus, un jour où l’autre…Attention, que celle-ci n’y voit aucune menace de ma part! C’est tout simplement la loi de la vie…

    Chapeau bas Katia

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