Oregon : le nouveau bar à vin chouchou de Laval

248 Partages

Qu’est-ce qu’ont en commun Laval et Montréal? De prime abord, on est tentés de dire «rien», mais ce ne serait pas tout à fait juste. Ouvert depuis 5 mois dans le superbe quartier de Sainte-Rose, un  bar à vin digne de la grande ville, Oregon,  a conquis mon cœur et mon palais.

Enfant adoptive de Laval, j’aime cette ville même si j’ai déménagé à Montréal, où je suis née. Je me bas quotidiennement contre les préjugés de banlieue plate et la première fois que j’ai entendu parler d’Oregon, j’ai été séduite par l’idée de se réapproprier les villes dites dortoirs afin de les dynamiser. Avec son ambiance de petit resto de quartier et sa clientèle locale, on oublie sans difficulté le boulevard Curé-Labelle et les commerces peu reluisants qui entourent le bar à vin. Épuré, vert et lumineux, on se croirait dans un autre monde, à une distance lumière de ce qu’on retrouve normalement à Laval en termes de restauration.

Publicité

Tout a commencé par 4 gars de Laval, qui ont su voir le manque de ressources de leur ville natale malgré la demande grandissante.  Convaincus par la nécessité de leur projet, les propriétaires ont voulu offrir une option aux foodies de la Rive-Nord afin de réduire leurs déplacements tout en redonnant ses titres de noblesse de Sainte-Rose. Bien que le quartier soit encore reconnu pour ses grands restaurants, Oregon veut participer à cette revitalisation observable ces dernières années. Avec le Boating Club qui offre maintenant une place où sortir, il fallait compléter la chose par un bar à vin, non?

Pari réussi pour Jérôme Pinard, Renaud Thérien, Étienne Gratton, Antoine Landry et Simon Boudreault.  70 places assises et une terrasse à venir, l’Oregon n’a pas tardé à se tailler une place de choix dans le cœur des résidents.

Publicité

Avec son menu d’inspiration saisonnier affichant de 10 à 12 items et sa magnifique carte des vins, il faut dire que le restaurant a tout pour séduire. Surprise du jour, inspirations du chef, il y a toujours une petite nouveauté pour les habitués. Fortement inspiré par Terre-Neuve où il a travaillé dernièrement, le chef met dans  notre assiette des produits frais de la mer au quotidien (petit clin d’œil au mardi huître à 1$, ça vaut le déplacement!). Fan de la cueillette et des produits d’ici, le chef veut d’ailleurs renforcer ses liens avec les producteurs locaux pour n’offrir que le meilleur à ses clients.

Côté alcool, en plus de plusieurs bières et spiritueux locaux, on offre une carte des vins plus qu’originale. Appellations inconnues, cépages moins répandus, pays moins représentés dans le marché et surtout dans les cartes avoisinantes,  sélection en petites quantités, produits variés pour toutes les gammes de prix. Ici on respecte les budgets et on s’assure d’effectuer une rotation des produits de façon régulière. Pour les gens qui aiment goûter, la carte au verre change à la semaine. C’est le travail de l’artisan que l’on veut mettre de l’avant, tout en valorisant des vins qui respectent l’environnement et la santé.

Lors de ma visite, j’ai eu la chance de goûter plusieurs plats, pour le grand plaisir de mon estomac.

Les huîtres

Un peu inquiète en voyant que le magnifique plateau d’huîtres préparé par le chef était pour moi (je n’avais mangé d’huîtres qu’une seule fois dans ma vie et n’avais eu qu’une appréciation moyenne de mon expérience), j’ai néanmoins pris mon courage à deux mains pour retester la chose. Verdict? COUP DE CŒUR.  C’était délicieux.  J’ai adoré l’oursin crémeux dont le goût frais était relevé grâce à l’aneth et au concombre, tout en offrant une texture très légère. Je lève d’ailleurs mon chapeau à la sauce maison fermentée vinaigrée qui fut un vrai délice, et qui heureusement vient avec toutes les commandes d’huîtres, en plus d’autres condiments faits sur place. 

   

Poire pochée

Pochée au vin rouge épicé et farcie au fromage ricotta maison, ce fut probablement le plat le plus surprenant. Alors que l’on pourrait s’attendre à retrouver le goût sucré d’un dessert, il n’en est rien. On découvre plutôt un bel équilibre de textures grâce à la poire, au fromage ricotta et aux noisettes torréfiées, et un goût parfumé, délicieux, lorsque mélangé avec la réduction balsamique. Très frais, j’ai déjà hâte aux températures chaudes pour le déguster sur la terrasse.

Pour ce plat, Simon le sommelier m’a servi le Mosse, un rosé gastronomique aux arômes très sucrés, mais au goût plutôt sec et léger. Au nez, on retrouve la cerise, le caramel, et sa robe foncée est un vrai plaisir pour les yeux.

Dumplings

Plus classiques, mais néanmoins délectables, les dumplings m’ont aisément conquise. Avec son bouillon aigre-doux et sa salade de wakamé, c’était un plat tout en délicatesse malgré son goût franc. La farce traditionnelle légèrement épicée au porc s’agençait parfaitement aux champignons shimeji et à l’acidité du bok choy.  À manger encore et encore.

À boire avec ce petit délice, j’ai essayé pour la première fois un vin orange. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un vin blanc qui macère avec la peau de ses raisins, technique normalement utilisée pour le vin rouge. On retrouve donc un vin avec une robe orangée, surtout pour le Margo ayant macéré trois jours. Très fruité avec un goût de pêche et des arômes floraux, il était tout destiné pour contraster en beauté avec les dumplings.

Finalement, je me suis laissée tenter par le parfait de Dulce de Leche en dessert. Crémeux avec son dulce et surprenant grâce au granité à la vodka, on redécouvre un dessert plutôt classique qui rafraîchit et n’alourdit pas du tout l’estomac. Parfait pour bien terminer un repas, avec un petit espresso pour conclure ce souper de roi.

Au final, l’Oregon m’a tout simplement charmée de par son service exceptionnel, son ambiance chaleureuse et animée et de par ses plats simples, mais élégants, qui vont droit au but. J’adore le style de la cuisine et la fraîcheur apportée aux assiettes. 10/10 et longue vie aux restaurants de banlieue comme celui-ci!

248 Partages

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *