TRANSPORT EN COMMUN : MONTRÉAL, VILLE INCLUSIVE ?

Dans la Charte des droits et libertés de la personne (C-12), il est mentionné que l’absence d’accommodements raisonnables pour pallier les handicaps est une forme de discrimination. Montréal peut-elle se targuer d’être une ville accessible et non discriminatoire envers les individus à mobilité réduite ? Définitivement pas…

Selon le Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ), 15 % de la population est en situation de mobilité réduite. Ces individus ne sont pas tous en situation de handicap, certains doivent se déplacer avec des béquilles, une marchette ou encore une poussette. Ce groupe de citoyens représente plus de 190 000 personnes et, d’ici 2020, ce nombre augmentera considérablement. En effet, au moins 20 % de la population montréalaise vieillissante verra sa mobilité réduite, de même que son accès aux transports en commun.

En octobre 2016, le métro de Montréal fêtait son cinquantième anniversaire. Pour les personnes à mobilité réduite, toutefois, il n’y avait pas de raisons de célébrer. En effet, avant 2007, le métro était totalement inaccessible pour ces individus. Depuis, seulement 10 stations sur 68 sont accessibles aux personnes à mobilité réduite, ce qui représente 6,8 % du réseau. C’est un nombre dérisoire en comparaison de certaines villes d’Amérique du Nord, où plusieurs métros sont partiellement ou complètement accessibles, comme Washington (100 %) et Toronto (50 %). Il est évident que la ville de Montréal, étant donné sa piètre performance et sa lenteur à aménager ses infrastructures, traîne piteusement de la patte, même qu’elle n’est pas du tout dans la course.

Plusieurs pressions ont été exercées sur la Société de Transport de Montréal (STM) afin qu’elle améliore l’accessibilité du réseau. Entre autres, en 2014, l’association Accessibilize Montreal a organisé une manifestation pour dénoncer le manque d’accessibilité des transports en commun pour les individus à mobilité réduite. En 2015, les photographes du site Internet Portraits de Montréal ont complété une série de 68 portraits d’usagers de la STM qui dénoncent l’inaccessibilité des services, et ce projet fait l’objet d’une exposition interactive sur le Web. Ces initiatives semblent avoir été payantes puisque la STM promet que 14 autres stations seront rendues accessibles d’ici 2022, ce qui totalisera 24 stations, c’est-à-dire 16 % du réseau. Il s’agit donc d’une amélioration, mais c’est encore loin d’être suffisant.

De plus, le métro n’est pas le seul système de transport en commun où l’accessibilité est largement insuffisante. En effet, si une personne à mobilité réduite veut quitter l’île pour se rendre en banlieue, elle va encore se heurter à des obstacles majeurs. En effet, l’Agence métropolitaine de transport (AMT) a inauguré, en décembre 2014, une nouvelle ligne de trains de banlieue reliant la gare centrale de Montréal à la ville de Mascouche. Cette infrastructure comprend 13 arrêts, dont seulement 3 sont accessibles aux personnes à mobilité réduite.

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La clientèle à mobilité réduite, qui représentera près de 35 % de la population d’ici 2020, se fait littéralement dicter là où elle peut aller et où elle n’est visiblement pas la bienvenue. En limitant de manière draconienne leur accès à certains lieux, les sociétés de transport envoient le message qu’elles considèrent cette clientèle comme des citoyens de seconde zone, qui ne méritent pas d’accéder à l’entièreté des services offerts…

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