Cofondatrice d’une startup et éternelle anxieuse

J’ai toujours su qu’un jour j’allais partir quelque chose.

Quoi? Aucune idée. Au début c’était un magazine, une boutique, une agence et d’autres projets dont je ne me souviens plus. Un jour, peut-être, j’ai pensé devenir traiteur ou encore mieux, chef.

Les trois dernières années, j’ai beaucoup parlé avec mon entourage immédiat, d’espace. Un espace pour les gens, un espace pour blogueuses, un espace pour être entre filles, un espace pour faire des événements originaux, un espace pour se retrouver… Bref, un espace qui inspire et qui rassemble.

Alors, à ma grande surprise, quand j’ai décidé vers la fin de 2016 de finalement faire ce projet d’espace, rien ne m’a arrêté. J’ai foncé, je ne m’arrêtais plus. Vous me direz, à la lecture de tout ça, que c’est bien Yara! Enfin, tu as trouvé ton projet et ta voie! Tu vas arrêter de chialer….

Oui. Mais il y a un pépin…

Je vis avec un diagnostic de trouble d’anxiété généralisé. Je suis une anxieuse de nature. Une stressée. À un moment, au début de 2016, je ne connaissais plus rien d’autre que le stress. Toujours, en permanence. Je ne vivais que sous mon stress. Mon stress prenait le contrôle de mon corps, de mes émotions, de tout. Le stress que j’éprouvais a fini par me gâcher une année de ma vie. Une année, c’est long. Et c’est long sur un moyen temps quand tu n’arrives plus à rien faire…

Revenons à 2017 et au projet.

Officiellement, aujourd’hui, je pète la forme! Je vais mieux, je gère mon anxiété beaucoup mieux. J’en parle quand je suis stressée et les gens me remettent à ma place (merci la famille, l’amoureux et les amis), mais je dois l’avouer ; être aujourd’hui en affaires et être anxieuse, c’est explosif.

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Crédits photo: Seemi Samuel

Il se passe rarement une journée où je ne remets pas le projet en question, où la petite voix de l’anxiété qui habite en moi me répète “Tu vas pas y arriver. Ça fonctionnera jamais!”. Je deviens facilement control-freak, je viens qu’à m’excuser à tout bout de champ sachant que je suis irrationnelle. Et chaque fois, l’anxiété revient et me parle. “Tu n’y arriveras pas. Tu es trop étrangère. Les gens ne te suivront pas…” Cette voix me parle. Elle m’habite et j’essaye tant bien que mal de la dominer. Alors on fait comment quand on vit avec de l’anxiété et on part sa start up? Comment peut-on être cofondatrice d’un gros projet et toujours se remettre et remettre le projet en question?

On s’entoure ou nous laissons les gens nous entourer. On délègue et on donne ce qu’on est pas capable de faire parce qu’on est fatiguée ou trop anxieuse à d’autres. On le dit. On le dit quand ça devient trop et quand on ne fait plus que pleurer. Et tous les jours, on se relève et on prend ça, une journée à la fois.

Alors, oui. Je suis cofondatrice d’une belle start up depuis la fin de l’année 2016. Je suis aussi diagnostiquée anxieuse. Et mes deux identités fonctionnent l’une avec l’autre, main dans la main. Ce que j’ai appris, c’est que mon anxiété est un défi et tous les jours, je me pousse fort pour lui prouver qu’elle a tort.

Je suis confondatrice d’une start up et une éternelle anxieuse. Je suis fière d’être une personne qui vit avec ses deux identités. Pour le meilleur et pour le pire, qui j’espère est derrière moi.

Yara El-Soueidi

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Yara El-Soueidi est une consultante en contenu créatif qui vit à Villeray, Montréal, avec son copain depuis 9 ans et demi. Born and raised à Montréal dans un milieu multiculturel, c’est une obsédée de belles images et de beaux textes qui cherche en permanence la prochaine tendance qui prendra d’assaut le web. Dans ses temps libres, elle bingewatche des séries sur Netflix, elle discute de politique américaine, elle tombe en amour avec Drake, elle lit des livres d’auteurs québécois, elle regarde les étoiles (littéralement), elle se fait les ongles, elle boit un chaï latté et elle passe son temps au Sephora pour acheter des rouges à lèvres de toutes les couleurs.

Chronique d'un couple multiculturel 1

 

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