Bal des lumières 2016: entretien avec Marie-Soleil Dion et Stefie Shock

12541156_553465754803680_8973287521033598230_nHier soir avait lieu la deuxième édition du bal des lumières – unis pour la santé mentale. La Fondation de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, la Fondation de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et la Fondation des maladies mentales présentaient cette soirée avec leurs partenaires BELL, la Banque Nationale, CGI et le Centre Bell. Plus de 800 personnes se sont rassemblées au Centre Bell pour un souper/spectacle, sous la direction artistique de Denis Bouchard, avec entre autres Luc Langevin. Cette soirée permet d’amasser des fonds pour soutenir la population québécoise aux prises avec des troubles de santé mentale. Avec cet argent, la mise en place de programmes d’aide est possible.

Pour en savoir davantage sur le bal et les fondations: http://www.baldeslumieres.com/fr/

20 % des Québécois souffriront d’un trouble de santé mentale à un moment donné au cours de leur vie.
Selon les statistiques les plus récentes, un Québécois sur cinq souffrira d’une forme de maladie mentale au cours de sa vie. À eux seuls, les troubles de santé mentale représentent la seconde cause d’invalidité à long terme au travail.
Pour l’occasion, je me suis rendue sur le tapis bleu afin de rencontrer les artistes et personnalités invitées pour l’occasion. J’ai eu le plaisir et l’honneur de poser quelques questions à certains d’entre eux, dont Marie-Soleil Dion et Stefie Shock. Tous deux sont porte-parole de BELL cause pour la cause, une initiative visant à amasser des fonds et mettre fin aux préjugés entourant la maladie mentale. On les remercie pour leur temps et leur générosité.
Évasion
Évasion

Marie-Soleil Dion est une actrice et une animatrice dans des émissions telles que Like-moi, Vrak la vie et Lip Sync Battle. Elle est maintenant porte-parole de Bell cause pour la cause. Pour en apprendre davantage.

Comment as-tu été approchée par Bell pour devenir porte-parole de leur campagne pour la santé mentale?
Je crois que j’ai été approchée par Bell car j’avais participé à une vidéo avec plein d’artistes dans laquelle j’ai fait un témoignage qu’ils ont aimé. Ils m’ont donc demandé si je souhaitais y participer, comme j’ai un bon lien avec les jeunes à cause de Vrak TV. Ils voulaient élargir leur gang de porte-parole et voulaient toucher davantage les jeunes. C’est donc pour mon lien particulier avec les jeunes que j’ai été approchée.

Tu as ouvertement parlé de ta dépression.
Je ne m’en suis jamais vraiment cachée.

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Ce n’a donc jamais été un tabou pour toi?
Non. Justement, l’année avant que je fasse partie des porte-parole, ils m’avaient demandé de témoigner pour la journée Bell cause pour la cause et je l’avais mentionné à ce moment-là. Ils se sont dit qu’on devrait travailler ensemble.

Si tu devais donner un conseil à quelqu’un qui fait face à la dépression, quel serait-il?
D’en parler. D’aller chercher de l’aide parce que c’est le genre de chose qui peut sembler anodine, mais qui peut rapidement empirer, devenir très grave et mener à des épisodes très noirs. Je conseille donc aux gens d’en parler et d’aller chercher de l’aide autour d’eux. Il y a moyen de s’en sortir.

Depuis que tu es porte-parole, est-ce que les gens t’approchent davantage à ce sujet?
Oui, j’ai beaucoup de témoignages, de gens qui m’écrivent leur histoire personnelle sur Internet. Ça me fait vraiment plaisir de parler avec eux et de les référer à des professionnels, car je n’ai pas les capacités pour les aider. Les gens ont vraiment plus de facilité à parler de leurs différents problèmes.

Photo Pascal Ratthé
Photo Pascal Ratthé

Stefie Shock est un auteur-compositeur-interprète, réalisateur et DJ. Il est porte-parole de l’association Revivre (organisme sans but lucratif qui vient en aide aux personnes souffrant de troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires) depuis 2007 et de Bell cause pour la cause. Pour en apprendre davantage.

Comment êtes-vous devenu porte-parole pour Bell cause?
Bell m’a approché il y a 4 ans pour que je devienne porte-parole pour la cause alors que j’étais aussi déjà porte-parole pour un organisme pour lequel je le suis toujours, et ce depuis 8 ans. Dans la foulée de tout cela, Bell a considéré que je ferais un porte-parole efficace!

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Comment s’est passé le processus durant lequel vous avez décidé de parler ouvertement de la maladie mentale (anxiété, dépression, etc.)?
Je ne me souviens pas exactement comment c’est arrivé, mais à un moment, il y a eu une fenêtre et j’ai saisi l’occasion, car je considérais que c’était l’occasion d’éclairer bien des gens qui ne savaient pas trop ce qu’ils ressentaient. J’ai vulgarisé ces sentiments et j’ai expliqué patiemment et avec précision les symptômes que j’avais. Je savais que plein de gens s’y identifiaient. Il y a donc plein de gens qui sont passés de l’ombre à la lumière. L’ombre, ça ne marche pas. C’est beaucoup plus dur s’en sortir quand personne de ton entourage est au courant de ta situation et quand il y a absence d’encadrement professionnel, psychologique ou quel qu’il soit. Quand on vit la maladie dans le repli ou dans le déni, ça n’aide pas. Le contraire a été prouvé! Je l’ai fait pour aider à contribuer et à rendre la chose un peu moins ténébreuse.

Trouvez-vous qu’il y a moins de tabous qu’avant sur la maladie mentale? Comment percevez-vous l’évolution de la cause de la santé mentale?
Ah oui! Énormément! Il y a 20-25 ans, ça n’existait pas, l’anxiété! Ça existait, mais ce n’était pas un mot dont on se servait. Les gens ne se confiaient pas comme aujourd’hui. Personne ne disait qu’ils avaient des troubles d’anxiété. Le progrès est vraiment énorme. Maintenant, ça se dit sans que notre interlocuteur tombe sans connaissance ou qu’il vous regarde avec plein de jugements! Même la dépression, avant, ça ne se disait pas. Si on révélait à quelqu’un qu’on était dépressif et qu’on prenait des antidépresseurs, on était stigmatisé. C’était terrible. On a dépassé tout cela. Je ne dis pas que c’est le cas pour tout le monde. Certaines personnes ont encore des préjugés, mais l’avancement est phénoménal!

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui est aux prises avec des troubles anxieux?
De consulter et d’aller chercher de l’aide, quelle qu’elle soit. Il y a toutes sortes de ressources. En tant que porte-parole, on ne veut pas guider les gens vers un endroit en particulier. On ne veut pas dire aux gens d’aller voir un psychiatre, un acuponcteur, etc., car ce n’est pas à nous de poser un diagnostic. Allez voir quelqu’un. Il y a des lignes d’écoutes et des lignes de renseignements. Il y a plein de ressources. Il faut poser des questions et s’informer afin de voir ce qui peut nous convenir comme approche. Il y a beaucoup d’approches… ce n’est pas une confrontation d’approches!


Obtenir de l’aide

Quand ça ne va pas… il faut en parler!

Jeunesse, J’écoute
1-800-668-6868
http://jeunessejecoute.ca

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Association canadienne pour la santé mentale
http://acsm.ca

Pour plus de ressources: http://cause.bell.ca/fr/aide-et-ressources/

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