Tu peux toujours courir…et écrire

Déjà bien connue dans l’univers médiatique québécois, voilà que Valérie Chevalier ajoute une corde à son arc, celui d’auteure. Elle nous présente en toute modestie Tu peux toujours courir, la chick-lit dont tout le monde parle.

Mais est-ce que Valérie saurait combler les attentes, très hautes disons-le, du public? Oui, avec brio même. Tu peux toujours courir, c’est l’histoire d’Alice et Maud, deux meilleures amies très différentes l’une de l’autre, qui courent après le bonheur entre humour et dérision.

Alice est chanteuse dans un bistro, vit seule dans un condo payé par ses parents, et trouve sa vie franchement monotone, lorsqu’elle reçoit une offre inespérée de se joindre à un groupe se produisant dans des soirées privées. Elle penche du côté rendez-vous sans attachement. Pour elle, moins de sentiments égale moins de complications.

Quant à Maud, c’est le contraire, elle vit en colocation, travaille dans un gym et crois en l’amour avec un grand A, comme celui qu’elle vit présentement. Pour elle, sa vie semble être un long fleuve tranquille, et son attachement facile lui vaudra bien des déceptions.

C’est l’amitié symbiotique, parfois irritante, parfois consolante, qui est mise de l’avant. Filles de leur génération, elles parcourent les 5 à 7 et endroits branchés de Montréal. Grâce à elles, nous découvrons Montréal comme jamais.

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Crédit: 7 jours

Au fil de ce livre divisé en chapitres alternant entre les personnages et narré au je, on ressent une belle synergie entre les personnalités disparates de Maud et Alice. L’histoire, s’échelonnant sur moins d’une année, est simple et vraie. Elle n’a rien d’Hollywood et il est facile de s’identifier à ses deux héroïnes.  Vous remarquerez au cours de votre lecture une thématique autour des souliers.

La couleur de la couverture est comme la lecture, douce comme un bonbon. Le livre attire l’œil pour les bonnes raisons. Toutefois, la fin est un peu décevante. On s’attend à quelque chose de plus, à moins qu’il n’y ait une suite? Mais j’en doute. C’est plutôt une possibilité de scénarios infinis et un message du genre : ce n’est pas parce que quelque chose se règle que tout est fini. Le titre, quant à lui, est passablement ordinaire et commun.

C’est une lecture parfaite pour l’été, qualités et défauts inclus. En espérant que Valérie nous offrira d’autres manuscrits, je vous laisse sur deux mini-extraits qui m’ont fait réfléchir.

Raynald, grand-père d’Alice, à Alice :

«- Actuellement tu es en train de mettre la table pour ton bonheur à venir. Tu as déjà une belle nappe, de beaux grands verres et une jolie coutellerie. Il te manque juste les bonnes assiettes. Après ça va se placer tout seul.

– Ouais, ou peut-être que maladroite comme je suis, je les ai cassées, les assiettes.

–  Si ça avait été les bonnes pour toi, elles n’auraient jamais pu te glisser des doigts.»

Raynald, grand-père d’Alice, à Alice.

« Gougounes, souliers de course, talons aiguilles ou bottes de marche, ça en prend bien de toutes les sortes pour faire des paires, qui feront des petits bouts de chemin ou un grand voyage ensemble. »

Maud

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