La promesse: Regard poignant

Farida, Carole, Soraya et Charlotte ont trois choses en commun : elles sont des femmes, sont toutes d’une façon ou d’une autre liées à Louise Durand – grande journaliste – et vouées à une fatalité. Regard poignant sur la condition féminine.

La Promesse est présentée comme étant l’histoire de Louise Durand, «grande reporter pour un quotidien montréalais. Elle a la sensibilité à fleur de peau d’une femme qui a été témoin de trop de tragédies et la combativité de celle qui doit, pour survivre dans son milieu où la concurrence est féroce, donner plus de coups qu’elle n’en reçoit. Au cours d’une mission à Kaboul, Louise fait la connaissance de Soraya, jeune Afghane mariée de force à un époux violent qu’elle a fui. Elle habite dans un refuge tenu par Farida, qui se bat pour toutes les victimes de crimes d’honneur. Touchée par le courage des deux femmes, par la détresse de Soraya, Louise promet d’aider celle-ci. Elle lui promet de la soutenir si elle accepte de venir à Montréal, à titre de réfugiée. »

Selon son quatrième de couverture, ce livre « propose une fine réflexion sur la fragilité des idéaux, sur la difficulté de venir en aide aux êtres dont le destin nous émeut, sur l’amitié au féminin. » Pourtant on découvre rapidement que d’autres personnages s’y grefferont, ce qui amènera une certaine confusion chez le lecteur. Si la réflexion est profonde sur l’amitié au féminin, elle reste toutefois en surface au sujet des idéaux et de l’aide.

On se questionne aussi sur la pertinence de chaque personnage. Ils ne sont pas tous féminins, et on reste incertain face à ce que peuvent ajouter les personnages masculins à la lecture. Le récit aurait gagné à n’avoir que Louise, Farida, Soraya et Carole (meilleure amie de Louise).

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Malgré tout, Michèle Ouimet trace un regard réaliste et dur sur la condition féminine. L’histoire coupée au scalpel ne déroge jamais du fil conducteur et est infiniment bien structurée. Elle est composée de chapitres ni trop longs, ni trop courts qui vont droit au but, à la limite du type nouvelle. Michèle Ouimet pousse la réflexion sur les droits acquis par les femmes en Amérique du nord, au Québec plus précisément, en les juxtaposant à la réalité de la femme afghane.

À mi-parcours, un truc dérangeant commence à se faire sentir. On palpe une frustration envers les hommes et il est difficile de dire si celle-ci est partagée par l’auteur. Ceci crée un malaise, pour quelqu’un qui, comme moi, croit que le féminisme a besoin d’alliés masculins. Enfin bref, ce débat est pour un autre jour, mais cette situation m’a laissé un goût amer tout au long de la lecture.

Peu importe le personnage que vous prendrez, il n’aura pas le droit au bonheur, à part peut-être Carole, et même encore là. Fatalité. Personne n’a le droit à une fin heureuse (votre définition du bonheur pourrait ne pas être la même que celle de Michèle Ouimet.) Et même si vous possédez tout ce que vous vouliez, une parcelle de vous sera éternellement malheureuse. Et peut-être que c’est vrai, mais La promesse est taciturne, grise, et passablement reléguée aux oubliettes. Toutefois, il faut donner le crédit qui revient à Michèle Ouimet. La promesse, quoique sombre, est divinement bien écrit.

  • Verdict : Boucle bon
  • Note : 6.5/10
  • Parution: 7 octobre 2014
  • Genre : Roman Québécois
  • Éditions : Éditions Boréal
  • Collection: N/A
  • Prix:  Papier 22,95 $ | Numérique 16,99$ 

Légende: Médiocre – 1 à 3 | Bof-Passable – 4 à 5 | Bon 6 à 7 | Excellent 8 à 9.9 | Parfait – 10

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