Prendre la fuite avec Alice Munro

Vous avez toujours rêvé de prendre la poudre d’escampette, mais n’avez jamais eu le courage de le faire? Ne cherchez plus, Alice Munro vous offre une alternative enivrante avec Fugitives, un recueil de nouvelles où la fuite est à l’honneur.

Celle qui se fait appeler «la merveille» par certains, propose une sorte d’autobiographie déguisée en Fugitives , livre qui met en scène des femmes, aux destins attachés ou non, qui ont toutes un point commun: elles sont fugitives. Mais aucune nouvelle ne se termine de la même façon, et c’est peut-être ça la beauté de la chose. Savoir que la fuite n’a pas qu’une seule finalité, que celle-ci peut s’avérer tant positive que négative et qu’elle peut se conclure par une fuite définitive ou par un retour à la case de départ.

Quatre femmes en fuite – Picasso

Ces femmes sont fascinantes par ce qu’elles emportent avec elle, ce morceau de vie qu’elle décideront de laisser derrière elles ou non. Nous rappelant par le fait même ce que nous aimerions laisser nous-même. On se surprend à penser, pendant un court instant, à quoi ressemblerait notre vie si l’on faisait comme elles. Qu’en serait-il?

À l’inverse toutefois, les nouvelles d’Alice Munro, parfois douces, parfois lourdes, ne sont en rien un conte de fées. L’auteure peint d’une main de maître le dilemme auquel font face ces femmes, à cette décision qu’elles prennent sur un coup de tête ou après une longue réflexion. Qu’est-ce qui pousse ces femmes à fuir? L’auteure amène la réflexion très loin, parfois moins, mais jamais une nouvelle ne vous laissera de glace.

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Ce qui est magique dans l’écriture d’Alice, c’est qu’elle réussit à écrire un recueil de nouvelles à la hauteur de son talent à chaque fois. Chez Munro, un mensonge peut toujours en cacher un autre, une histoire peut toujours en receler une autre. De nouvelle en nouvelle, il s’agit d’une découverte composée parfois d’une bonne vieille pantoufle que l’on reconnaît bien.

Munro, c’est une littérature à découvrir et à savourer, où les sentiments complexes de l’humain sont étalés sans flafla ni tambours. Le seul bémol que ce recueil pourrait avoir est le suivant : certaines nouvelles comportent quelques longueurs, quelque chose dont on se passerait bien.

Et si vous vous êtes déjà demandé pourquoi l’écrivaine canadienne, récipiendaire du Prix Nobel de littérature 2013, n’a jamais dérogé du genre Nouvelles, c’est simple ; si « [elle a] commencé par écrire des nouvelles, c’est parce que [sa] vie ne [lui] laissait pas assez de temps pour édifier un roman.»

Merci manque de temps pour ces beaux ouvrages.

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