Critique : Julian Casablancas + The Voidz ou comment avoir l’impression que l’on se moque de moi.

JCLOL
Photo : Rolling Stones Magazine Ajout du lol : moi

 

Je ne sais pas si c’est parce que je suis rendue trop vieille (ha!) ou parce que je suis généralement moins tolérante que la plupart des gens, mais je n’ai AUCUNE patience lorsque j’ai l’impression de faire rire de moi pendant un spectacle.

« Mais voyons, Ariane, de quoi tu parles? »
Je m’explique :

J’ai attendu impatiemment le retour de Julian Casablancas (le chanteur des Strokes) à Montréal. La minute où j’ai su qu’il jouerait au Théâtre Corona de Montréal en novembre avec son projet Julian Casablancas + The Voidz , j’ai sauté sur les billets ! C’était peut-être là ma première erreur… Cet été, lorsque je me suis procurée les billets, je n’avais rien entendu dudit nouveau projet, et j’ai donc pris pour acquis que ce serait bon. Après tout, j’avais presque tout aimé des Strokes et même l’album solo plus pop-électro de Julian ne m’avait pas laissée indifférente. Comme j’ai tendance à apprécier d’avantage ce qui est plus « trash » (musicalement parlant, on s’entend), j’étais persuadée de passer un bon moment et j’ai marqué d’un X rouge le 22 novembre sur mon calendrier.

Déjà, en entendant les premiers extraits de l’album Tyranny, comme « Human Sadness » et « Where no eagles fly », j’étais pour le moins… perplexe. Ça ne ressemblait vraiment pas aux projets antérieurs de Julian, c’était beaucoup plus « fuzzy » et tellement d’effets étaient ajoutés sur la voix du chanteur qu’elle en était méconnaissable. Mais bon! Je me suis quand même convaincue qu’en show, ça pouvait être bon!

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Et là, arrive le soir du spectacle. Lorsque la première partie entre sur la scène, je crois d’abord à une farce (et je ne suis pas la seule, si je me fie aux expressions faciales perplexes des gens dans la foule). Cerebral Ballzy, groupe punk avec des accents un peu hip-hop (oui, ça sonne exactement aussi bizarre que ce l’est) est mené par un chanteur qui semble en état second (ou triple) et qui régurgite carrément ses paroles. On ne comprend RIEN de ce qu’il dit, sa bouche est molle et pâteuse et il postillonne en hurlant, et la ligne vocale n’est en RIEN en accord avec l’instrumental. Si on aime un peu le punk, on pouvait au moins reconnaître que les musiciens étaient individuellement bons. Mais ensemble, ça donnait un gros fouillis de n’importe quoi, un vomi sonore à en fendre les tympans.

Ensuite, une longue entracte a eut lieu… avant une DEUXIÈME première partie. Shabazz Palaces est un duo hip-hop, et, bien que le hip-hop ne soit pas mon genre, je reconnais qu’ils ont du talent, et ils font danser la foule. L’ambiance dans la salle est déjà plus chaleureuse… mais tout est gâché par une seconde entracte qui s’étire indéfiniment.

Quand Julian Casablancas entre sur scène avec The Voidz, ça fait déjà 3 heures que nous faisons du surplace dans le Théâtre Corona surchauffé. Je suis déjà passablement irritée par le mélange pour le moins hétéroclite des deux premières parties et par le temps d’attente ridicule. Alors, quand Julian se met à chanter et que l’on entend strictement rien à cause des multiples effets ajoutés à sa voix, c’est un peu le comble. On devine plus que l’on entend, comme si tous les efforts avaient été mis à penser à la mise en scène (toutes les télés vraiment 80’s disposées savamment un peu partout) et que Julian s’était dit : « Les gens vont quand même venir à mon show et aimer ça, parce que j’étais dans les Strokes et que tout m’est permis, so fuck off. »

Je suis partie bien avant la fin, avec comme en bouche un goût amer.
Et laissez-moi vous dire que je n’étais pas seule au vestiaire…

Ariane Gagnon
[email protected]

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