Des pêches pour Monsieur le curé, Entrevue avec Joanne Harris.

Baignant depuis son plus jeune âge dans la littérature et née de parents enseignants,  tout prédestinait Joanne Harris à devenir une figure importante de la littérature. Après le grand succès du livre Chocolat, l’écrivaine nous revient en force Vianne et Monsieur le Curé mais cette fois-ci dans une toute nouvelle histoire avec Des pêches pour monsieur le curé. Rencontre avec une auteure d’expérience.

Il m’a été dit que Des pêches pour Monsieur le Curé, quoiqu’il soit la suite de Chocolat, peut être lu sans avoir lu au préalable la première histoire. Pourquoi?

« J’aime bien qu’ils aient le choix. Il faut comprendre que j’ai écrit une douzaine de livres entre les deux, et les lecteurs sont aussi la clé de cette histoire-là, et il ne faut pas s’attendre à ce que les lecteurs reviennent 12 ou 13 ans dans le temps pour comprendre. Ce serait un peu cruel d’ailleurs, et pour moi aussi, que les lecteurs doivent acheter deux autres livres pour comprendre celui-ci. »

Outre les personnages, existe-t-il des similitudes avec Chocolat?

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 « Oui, il y a des personnages et des situations que l’on reconnaitra ou bien si on les rencontre pour la première fois, on peut retourner lire les autres sans problème.  Chocolat se passe au début du carême et celui-ci au début du ramadan, il a sans aucun doute des parallèles à faire »

 D’où vous est venue l’idée pour Des pêches?

« Ça m’est venu quand je l’ai écrit, lors du ramadan en 2010. Le débat sur le voile, un débat qui continuera un moment encore, et c’était un sujet sur lequel je voulais écrire à ce moment-là »

Et pourquoi ne pas explorer cette histoire avec de nouveaux personnages?

« J’avais envie de revisiter ce village et ses habitudes. Les problèmes bien français à l’époque plutôt que des problèmes anglais qui sont très différents. Je voulais regarder les effets de cette situation dans une communauté un peu de droite, et très blanche dans un coin de la France qui n’était pas du tout confronté à ça. »

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Quel est votre personnage préféré ?

« Le curé est le méchant dans Chocolat, il est un peu moins méchant dans celui-ci, mais c’est parce qu’il a vraiment beaucoup de problèmes, beaucoup de complexes et j’aime bien voir son évolution. »

Y aura-t-il une suite à Des pêches?

«  Je n’ai pas plein d’idées, c’est possible qu’il y ai d’autres histoires, mais pour le moment je n’y pense pas.  Il faut laisser passer le temps et les personnages évoluer. Je ne voudrais pas faire une suite présentement, mais dans plusieurs années, peut-être.»

Est-il important pour vous que vos livres soient traduits? 

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« La plupart de mes livres sont traduits en français. Il est important qu’ils soient traduits en toutes sortes de langues. Je suis bien contente que ce ne soit pas mon travail. Je ne regarde que les traductions en français, car je ne suis pas experte et je ne peux m’intéresser aux traductions dans des langues que je ne connais pas. »

On remarque que plusieurs thèmes reviennent souvent dans vos écrits tels que la recherche de l’identité, cherchez-vous à exploiter ceux-ci à chaque occasion?

 « Non, je ne recherche pas ça, je trouve des situations qui m’intéressent sur lesquelles j’écris. »

Vous arrive-t-il de recommander un de vos livres?

« Je ne recommande jamais mes livres, parce que  ce serait sans intérêt je ne sais pas si la personne est plutôt du côté de quelque chose de romantique ou plutôt du côté historique, ou quelque chose qui soit un polar, vu que j’ai écrit toutes ces choses-là, il faut que je connaisse cette personne. »

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Avez-vous un genre littéraire préféré?

« Je n’écris qu’un style, j’écris le mien, mais j’écris des histoires. J’ai un côté ensoleillé, des histoires drôles et des histoires noires. J’aime bien les deux. Il m’est nécessaire d’écrire les deux.  Pour garder un équilibre. »

Avez-vous débuté une nouvelle histoire?

 « Quand un livre  est sorti, le prochain est entamé ou fini. Mais je ne parle pas en général de mes nouvelles histoires. Parce qui sait quand il sera fini s’il sort.  Comme j’écris dans plusieurs styles différents et pour plusieurs maisons d’édition en même temps, souvent j’en ai deux à la fois. Presque toujours.  »

Quel est votre processus de création?

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«Je voyage beaucoup. Donc quand je voyage j’écris de façon un peu différente, si je suis chez moi, j’ai mon bureau dans ma cabane.  Et enfin, je dois m’adapter un peu aux circonstances, sans ça je n’aurais aucune occasion de travailler si j’attendais que l’inspiration vienne.  Moi,  si je devais avoir les circonstances idéales, je ne travaillerais pas beaucoup. On n’a pas toujours besoin d’inspiration, il y a plein de choses à faire. Il y a tout le côté éditorial, il y a beaucoup d’autres choses qui sont possibles sans tout à fait créer quelque chose de nouveau donc. »

 Pourquoi avez-vous arrêté d’enseigner?

«Ça fait 12 ans que je n’enseigne plus. C’était impossible de faire les deux en même temps . Je passe minimum 4 mois par année à voyager. Je voyais mal comment rester enseignante même si j’avais vraiment envie. Ou bien je suis écrivaine ou enseignante à temps plein, on ne peut pas faire deux choses en même temps. On ne peut pas être raconteur d’histoire et enseignant en même temps. Il faut que ce soit naturel. »

Quel serait votre conseil pour les futurs écrivains?

« Il faut lire dans des styles différents des uns des autres. S’intéresser aux choses qui se passent dans le monde, lire les magazines, parler avec les gens, écouter les gens, écouter plus que parler en fait. Et écrire. Il y a beaucoup de gens qui veulent écrire un livre et attendre le moment idéal pour le faire. Ils attendent la retraite, et je vois qu’ils n’écriront jamais. On est pas bon la première fois, mais il faut continuer, on évolue.»

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Vous pouvez vous procurer Des pêches pour Monsieur le Curé un peu partout sans avoir lu au préalable Chocolat. Toutefois si cela vous tente, vous pouvez toujours lire ce dernier avant de commencer Des pêches. Je vous reviendrai bientôt sur celui-ci quand j’en aurai terminé la lecture.

Pour me suivre —> @AlexePhilibert

Pour me contacter —> [email protected]

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1 réflexion sur “Des pêches pour Monsieur le curé, Entrevue avec Joanne Harris.”

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