L’anxiété de performance: le cauchemar de la mi-session

La mi-session, le passage obligé de tout étudiant, plus ou moins douloureux. Les nuits blanches, les litres de café engloutis, le style vestimentaire qui se dégrade progressivement au rythme de l’étude qui s’empile sur le bureau; plusieurs d’entre nous sont déjà plongés dans ce gouffre de travail sans fond, d’autres se rongent les ongles dans l’attente. Par contre, pour certains, la mi-session est synonyme de cauchemar.

how-can-you-survive-finals-week-2040716333-nov-20-2012-1-600x400

À un moment-clé de la session, où il faut produire à un haut degré et être évalué par la suite, une personne atteinte d’un trouble anxieux risque d’être incapable de soutenir la pression. Une pression qui vient plus souvent qu’autrement d’elle-même.

Le trouble de l’anxiété de la performance est encore méconnu autant dans la sphère scientifique que dans la vie de tous les jours. C’est un malaise qui prend à la gorge, qui paralyse le malade devant tout défi, par peur de ne pas réussir. Par peur de ne pas être parfait. Pour ces gens, le milieu universitaire ou un milieu de travail compétitif peut s’avérer impitoyable et leur peur démesurée les empêche de réaliser leur plein potentiel académique, professionnel et personnel. Le souci d’une performance parfaite peut aller jusque dans l’intimité du couple où beaucoup d’hommes sont énormément préoccupés par leur performance sexuelle.

Êtes-vous atteint du trouble de l’anxiété de performance ?

Publicité
  • Un stress élevé ou des crises d’angoisse avant et pendant un examen ou une présentation orale.
  • Une obsession de la perfection. Être l’étudiant parfait, le travailleur parfait, l’athlète parfait, l’artiste parfait, même la blonde parfaite!
  • Troubles somatiques avant une évaluation (migraines, maux de ventre, insomnie, etc.)
  • Peur d’entreprendre des projets incertains (un BAC, changer d’emploi, partir travailler à l’étranger, etc.)
  • Peur d’être confronté à l’échec
  • Pensées irrationnelles et négatives, une fois à l’examen, sur une scène, etc. (« J’ai un blanc, je ne me souviens de rien », « J’ai tout oublié, je ne suis bonne à rien! »

Chaque étudiant ou professionnel s’est déjà retrouvé les pieds dans les plats. Tout le monde, sans exception, a plus ou moins essuyé un échec dans une activité qui lui tenait à coeur; heureusement, puisque l’apprentissage se fait sur la base des erreurs. Toutefois, apprendre est difficile en soi. Les anxieux de la performance, eux, ne se donnent pourtant pas ce droit de se tromper et de ne pas être le meilleur.

Le cercle vicieux se construit sournoisement autour de la personne anxieuse: elle travaille sans relâche pour ne jamais être satisfaite de ses efforts et continue de stresser par rapport à une performance prochaine. L’anxieux ne croit pas pouvoir être aimé pour ce qu’il est seulement. Il est convaincu qu’il doit s’approprier l’amour des autres, à coup de réalisations et de prix d’excellence.

Pourquoi ce trouble existe-il en premier lieu? Pourquoi prend-il autant d’ampleur au Québec, surtout chez les jeunes femmes?

Nous vivons dans une société où la réussite individuelle est extrêmement valorisée. Les jeunes et les adultes ont des standards de plus en plus élevés et des horaires de plus en plus chargés pour se fondre dans un carcan que nous nous sommes créés nous-mêmes en tant que communauté. Il reste que cela n’explique pas pourquoi certaines personnes sont plus affectées que d’autre par le trouble.

On attribue le développement du trouble à un modèle parental autoritaire où l’enfant se sent incapable de répondre aux exigences de sa famille. Il fera tout en son pouvoir pour mériter leur approbation et éviter de faire face à leur critique.

Publicité

De plus, les parents et les enseignants ont tendance à complimenter les jeunes non pas sur leurs efforts, mais sur leur habileté naturelle, autrement dit leur intelligence. On entend souvent « Bravo, tu es très intelligent. Tu as un don pour ça ! » au lieu de « Félicitations, tu as travaillé fort. » Heureusement, la tendance est en train de changer, mais ce simple modèle de pensée fait toute la différence, puisqu’il pousse l’étudiant à attribuer ses échecs futurs à un manque d’effort qui peut être corrigé au lieu de développer une faible estime de soi en se disant qu’il n’a juste pas le talent pour la tâche.

Sur ce, bonne survie de mi-session et n’oubliez surtout pas de respirer, puis de vous aimer, peu importe vos résultats !

Merci au réseau d’entraide La clé de champs pour la documentation!

www.lacledeschamps.org

Publicité

N.B. La clé des champs est présentement en champagnement de financement. Pour faire un don, rendez-vous sur le site au bas de la page. Sinon appelez-les.

Par Charlotte M.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour haut de page