MOI ET UNE LOVE LETTER à La Chapelle

Certains noms se faufilent et se perdent dans la grande foulée des artistes émergents. Les choix sont nombreux et les créateurs intéressants peuvent parfois nous échapper, même avec une attention toute particulière. Dans cette vague, Alexa-Jeanne est une artiste qui s’y est glissée avec intégrité et adresse. Apparaissant plus d’une fois dans la programmation de cette année à La Chapelle, en tant qu’auteure, metteure en scène et comédienne, elle travaille en ce moment au peaufinage de sa création avec sa compagnie À Deux, MOI ET UNE LOVE LETTER, une expérience amoureuse pour cinq cobayes féminins, présenté du 17 au 21 septembre.

C’est à la sortie de l’une de ses toutes dernières répétitions avant la première, qu’Alexa-Jeanne m’a accueilli dans son chouette repère d’artiste, avec son assistante metteure en scène Alexandra B. Lefebvre. Le spectacle est une reprise du festival Zone Homa de l’an dernier, mais avec une résidence hors-du-commun et riche en découvertes, cette nouvelle apparition scénique pourrait en surprendre et en émouvoir plusieurs par son cran, sa qualité et son professionnalisme. L’expérience est un jeu, tant sain que malsain, pour cinq filles, cinq voix. Elles se prêtent aux plus intimes confidences sur leur incapacité d’aimer, sur leur rapport avec la solitude qui s’ensuit, sur l’incapacité de briser les barrières de soi et de l’autre pour enfin se rejoindre, mais aussi sur la relation d’attente : ce qu’il faudrait être pour l’autre pour qu’il y ait rencontre et ce que l’on est en soi, qui souvent est loin de concorder à ses attentes. Cinq variations d’un même discours intérieur, dans un franglais bien assumé, pour marquer une distance à tout attachement possible, même avec l’être aimé. « C’est au-travers de plusieurs tableaux et par différentes positions sur le sujet qu’on se rend compte au final que, malgré tout, peu importe quel personnage elle choisit de jouer pour ne pas avoir à trop s’attacher, elle demeure toujours dans l’attente et dans l’espoir de l’autre […] Elle passe par beaucoup de chemins pour avouer son amour qui lui apparait comme une faiblesse ».

Si Alexa-Jeanne a soutenu en grande partie le développement de sa création, les comédiennes y ont aussi participé très intimement. « À Zone Homa, il y avait une forme. L’esthétique et la structure ont été conservées dans cette version, mais il y a maintenant plus de profondeur et de richesse à l’ensemble, et c’est seulement par la proximité et la confiance qui se sont davantage installées au sein du groupe que nous avons pu creuser autant chez l’une et l’autre et repousser les limites de ces confidences ».

MOI ET UNE LOVE LETTER est présenté à La Chapelle pour cinq représentations, du 17 au 21 septembre, et quoique le texte soit porté par cinq comédiennes, leurs paroles s’adressent à une toute une génération, frileuse de trouver son bonheur/malheur dans les bras d’un(e) autre. Description assez commune et répandue pour fouler les sièges d’un théâtre ça, non ?

Valery Drapeau

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